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Analyses

L’industrie de la croisière en eaux troubles

Quasiment tous les paquebots de croisières sont actuellement à l’arrêt, amarrés à quai, subissant de plein fouet la tempête du Covid-19 qui fait rage partout dans le monde. Les compagnies, prises au dépourvu, s’adaptent et s’organisent dans l’espoir d’une reprise d’activité pour la saison estivale.

Le monde a suivi la tragique destinée du Diamond Princess de Princess Cruise en février. Le navire de croisière a été l’objet de toutes les attentions lorsque des premiers cas de Coronavirus ont été diagnostiqués à bord, avant que celui-ci ne se répande et infecte environ 700 personnes.

Outre la rapide propagation du virus, le bateau avec ses 3700 passagers a dû également endurer la mise en quarantaine par les services de la santé publique japonaises, avant de pouvoir finalement débarquer au port de Yokohama et terminer cette difficile traversée.

Cet épisode frappant a lourdement impacté l’image de la croisière. La compagnie Princess Cruise suspend finalement la totalité de ses croisières à bord de ses 18 paquebots pour une durée de deux mois à partir de la mi-mars. D’autres suivront le pas, cessant temporairement leur activité, attendant le retour au calme après la tempête du Covid-19.

C’est toute une industrie qui, à l’instar du secteur aérien, doit faire face à de nombreuses annulations, remboursements ou avoirs à faire valoir ultérieurement. Le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) et les Entreprises du Voyage (EDV) recommandent dès le 16 mars le report de tout voyage « pour les clients ayant réservé un voyage à forfait, et pour tous les départs jusqu’au 31 mars inclus », avec la possibilité d’émettre un « à-valoir » valable jusqu’au 31 décembre 2020 inclus, voire au-delà.

Mais la plupart des compagnies de croisières iront même au-delà de ces recommandations, allant jusqu’à reporter les croisières prévues en mai. La compagnie MSC Croisières a annoncé reporter toutes les traversées programmées jusqu’au 29 mai 2020, se basant sur l’ordonnance du 25 mars 2020, qui permet aux compagnies de « donner […] le plus de temps possible pour reporter leur réservation sur un futur voyage ». De même, la compagnie Ponant a annoncé annuler toutes ses croisières à partir de la mi-mars et jusqu’au 19 avril, entamant, à l’instar de ses confrères, des opérations de rapatriement sans précédent, aidé des compagnies aériennes agréées par les ambassades. La compagnie annonce ainsi le débarquement de 1500 clients en l’espace de seulement dix jours.

Du côté des Etats-Unis, qui enregistre les plus grands ports de croisières au monde (Miami, les Everglades et Canaveral) et le plus large marché (11,9 millions de passagers en 2017, loin devant la Chine, qui est le second marché avec 2,4 millions), c’est le privé qui prend des mesures. Le secteur, qui fournit 421 000 emplois et 53 milliards de dollars au pays outre-Atlantique, a annoncé suspendre temporairement et volontairement toute activité dans les ports du pays à partir du 14 mars et pour une durée de 30 jours. A l’origine de cette déclaration, l’Association Internationale des Compagnies de Croisière (CLIA) explique que cette décision a été prise de « plein gré » alors que tous les acteurs s’efforcent « de faire face à cette crise de santé publique » (Kelly Craighead, PDG de la CLIA).

Mais l’Association se projette déjà dans l’après-crise, comme l’explique Adam Goldstein, président de CLIA Global :

Pendant ce temps, nous continuerons à travailler avec le CDC et d’autres pour préparer la reprise des croisières au moment adéquat. Nous savons que l’industrie du voyage est un moteur économique important aux États-Unis et en Europe et que, lorsque nos navires navigueront à nouveau, notre secteur contribuera grandement à relancer l’économie.

Du côté de l’Europe, qui accueille 7 millions de passagers chaque année, l’industrie est également à l’arrêt. L’évolution de l’industrie est néanmoins incertaine pour les prochaines semaines voire mois, avec notamment des restrictions de voyage et dans la plupart des ports de l’union européenne. Le secteur risque également de pâtir d’un manque à gagner si l’interdiction des voyages dans les pays de l’espace Schengen (et de l’entré de voyageurs en provenance de la région) n’est pas levé par le président américain Donald Trump cet été, puisque le pays est parmi les premiers marchés sources de l’Europe.

Le manque de coordination, de communication et de mesures collectives à l’échelle du continent empêche de donner toutefois une vision à moyen-terme quant à l’avenir du secteur en Europe actuellement. Tout l’enjeu de la filière sera donc de s’organiser rapidement de sorte à pérenniser et assurer le maintien de l’activité pour la saison estivale, qui devait normalement démarrer en mai prochain.

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