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Analyses

Comment le ciel mondial sortira-t-il de la crise du Covid 19 ?

Déjà fragiles avant crise, les compagnies aériennes sont au bord du pécipice pour certaines. Les avionneurs sont également impactés face à des carnets de commandes qui se vident progressivement. Les aéroports, fermés en majorité souffrent également ainsi que les commerces qui y exploitent le flux quotidien de voyageurs.

Un impact brutal

35 milliards de dollars, c'est le montant des billets d'avion annulés estimé par IATA (International Air Transport Association) dû à une baisse de trafic aérien de 70% au niveau mondial et 90% en Europe. Les liaisons entre continents étant complètement coupées. L'impact est estimé à $61 milliards de manque à gagner sur le deuxième trimestre 2020. IATA prévoit désormais une baisse cumulée des ventes des compagnies aériennes de 314 milliards de dollars en 2020.

L'ICAO (International Civil Aviation Organization) estime que les destinations les plus touchées par la baisse de trafic seront l'Europe et l'Asie/Pacifique suivies par l'Amérique du Nord avec une diminution qui pourrait atteindre 2/3 des passagers sur les trois premiers trimestres de l'année.

Comme leurs collègues voyagistes et hébergeurs, les transporteurs offrent des vouchers à leurs clients mais certains attendent un remboursement. Toutefois l'émission automatique d'avoirs n'est pas conforme à la réglementation européenne. Un risque important pour les compagnies aériennes qui pourraient se voir contraintes de rembourser leurs clients impactant fortement leur trésorerie en période où les revenus sont proches de zéro. Le sujet reste en suspend car ce jeudi 30 avril, les ministres des transports européens ne sont pas tombés d'accord sur cette question.

Guillaume Faury, Président exécutif d'Airbus annonçait dans un courrier adressé à ses employés le 24 avril dernier : "La survie d'Airbus est en jeu si nous n'agissons pas maintenant" les préparant à des mesures plus drastiques sur la masse salariale de l'avionneur qui a déjà mis en chômage partiel 3000 de ses employés en France.

Des conséquences à court et moyen termes importantes

Air France, gardera son personnel au chômage partiel jusqu'à fin 2020 malgré un prêt de 7 milliards d'euros annoncé le 25 avril par l'Etat français (3 milliards d'€) et des banques (4 milliards d'€)."Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète" indiquait Bruno Le Maire suite à l'annonce de ce prêt. Sous réserve d'approbation de la Commission Européenne, l'aide pourrait se monter à 11 milliards d'euros pour l'alliance Air France KLM.

Air Tahiti, Ewa, Air Calédonie, Air Tahiti Nui, ASL Airlines, Air Saint Pierre, Air Corsica et Air Austral réclament de puis le 28 avril elles aussi une aide de l'Etat pour obtenir des liquidités au même titre que la compagnie Air France.

British Airways annonçait le 28 avril le licenciement de 12 000 salariés sur les 42 000 embauchés par la compagnie. C'est sont propriétaire IAG qui a communiqué cette annonce arguant de l'impact durable que la crise aura sur le trafic aérien. La journée du 28 avril a été ponctuée d'annonces similaires par les compagnies Icelandair qui se sépare de 2000 employés et SAS qui licencie 5000 personnes.

La compagnie Lufthansa annonçait le 7 avril la fermeture définitive de sa filiale Germanwings ainsi que le retrait de certains appareils de sa flotte. Le choix des avions supprimés à l'exploitation s'est porté sur les appareils les moins performants d'un point de vue environnemental, une esquisse des changements à venir pour la compagnie ? 1/5ème de la flotte Austrian Airline a également été mis à l'arrête depuis le 22 avril.
Carsten Spohr, PDG de la compagnie annonçait le 10 avril a ses salariés perdre 1 million d'euros par heure. "Aujourd’hui, nous transportons chaque jour moins de 3.000 passagers, contre 350.000 normalement" indiquait-il.

La compagnie nationale Air Mauritius s'est placée sous administration de l'état le 22 avril dernier. Elle était déjà en difficultés avant la crise et avait mis en place en janvier un Comité directeur de la transformation pour tenter de surmonter les difficultés traversées par la compagnie.

Les compagnies low costs ont, encore plus, besoin de volume

La compagnie Easy Jet a décalé sa commande de 24 Airbus, obtenu un prêt garanti par le gouvernement britannique de 600 millions de livres sterling tout en optimisant sa trésorerie en utilisant ses possibilités de trésorerie aux USA et en contractant deux prêts à hauteur de £400. Tout cela ne suffit pas au fondateur de la compagnie qui souhaite destitué ses actuels présidents et PDG.

Michael O’Leary, propriétaire et dirigeant de la compagnie RyanAir a pris position annonçant que la distanciation sociale était impossible pour les compagnies low cost.

L'aéroport de Honk-Kong fait face à une baisse de trafic de 91%, l'aéroport a accueilli en mars 12 000 passagers encore moins que durant la pandémie de SRAS qui avait frappé le monde précédemment. L'aéroport de Francfort, hub pour le rapatriement de passagers, accueillait la semaine du 13 au 19 avril un peu plus de 37 000 passagers.

Quelles solutions proposées par les professionnels du secteur ?

Voyagez en avion restera-t-il un luxe dans les prochaines années ? Les appareils devront-ils être plus performants énergétiquement? Les technologies existent pour utiliser moins d'énergies fossiles mais à des coûts jugés encore prohibitifs avant la crise du Covid 19, la nouvelle donne va-t-elle changer et pousser les avionneurs et compagnies aériennes à investir plus ? Qui sera en capacité d'investir de telles sommes?

Alors qu'Air France annonçait le 21 avril mettre désormais à disposition des passagers des masques en plus de la désinfection des cabines, la compagnie Emirates propose depuis le 16 avril un test rapide de détection du virus pour tous ses passagers. Un vrai geste de réassurance et une démarche proactive pour favoriser la reprise du trafic.

Lufthansa a quant à elle annoncé le port du masque obligatoire sur tous ses vols à compter du 4 mai 2020.

La société Aéroports De Paris travaille en lien avec ses homologues européens pour mettre en place des protocoles communs qui permettront de respecter les règles de non propagation du virus mais également de rassurer les futurs passagers.

L'une des solutions envisagées au sein des instances internationales de l'aviation serait de laisser les sièges centraux libres en pratiquant la politique tarifaire du siège intermédiaire gratuit. Une proposition impensable pour les compagnies low cost dont le modèle économique est basé sur le volume de passagers. Comment répondre au besoin de distanciation physique quand la rentabilité n'est possible qu'avec la densité? Pour les compagnies "traditionnelles" la rentabilité de l'exploitation d'un vol est atteinte à 75% d'occupation des appareils. Encore une réalité économique à l'antithèse des règles sanitaires mises en place pour enrayer la propagation du virus.

Les aménagements intérieurs des appareils sont progressivement repensés pour permettre une proximité en toute sécurité sanitaire. Certains fournisseurs proposent des parois transparente voire la réorientation des sièges actuellement tous orienter vers l'avant de l'avion.

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