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Analyses

Un pas de plus vers les Jeux 2024 à Paris ! Quid des bénéfices pour le tourisme ?

La double attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques (2024 et 2028) actée aujourd'hui par le CIO ne laisse plus guère de doute : cent ans après, la Flamme Olympique va faire son retour dans la Ville-Lumière. Cette nouvelle devrait combler de nombreux professionnels du tourisme, mais les bénéfices seront-ils vraiment ceux qui sont attendus ?

Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont une compétition sportive d’envergure internationale amenée à drainer des visiteurs du monde entier, ainsi que des milliers d’athlètes et de journalistes. A ce titre, ils sont généralement présentés comme moteurs d’une demande considérable qui bénéficie aux professionnels du tourisme, et notamment aux professionnels de l’hébergement. Les bénéfices les plus souvent annoncés ont donc trait à la fréquentation, notamment internationale. Est-ce vraiment le cas ? L’expérience récente la plus comparable en la matière est celle de Londres, qui a accueilli en 2012 les JO d’été : à l’instar de Paris, la capitale britannique était déjà un pôle touristique d’envergure mondiale situé dans un pays occidental dont l’économie est mature (contrairement aux membres des BRICS qui ont accueilli les derniers JO d’été et d’hiver).Or, l’institut statistique national (ONS) a constaté qu’au 3e trimestre 2012, la capitale britannique avait bien reçu 3 millions de visiteurs domestiques contre 2,7 millions en 2011, mais seulement 4 millions de visiteurs internationaux contre 4,4 millions l’année précédente : les taux d’occupation des hébergements avaient donc en réalité reculé pendant l’évènement. Tom Jenkins, Directeur Général de l’Association des Voyagistes Européens (ETOA) déplorait en août 2012 : « Pour l’instant, le nombre de visiteurs est considérablement plus bas qu’il y a un an ».Cela est dû en grande partie à l’ « effet de halo » qui caractérise la fréquentation touristique enregistrée dans les villes-hôtes de grands évènements : pendant la durée de ceux-ci, la clientèle touristique habituelle (de loisirs ou d’affaires) est supplantée par celle qui vient spécifiquement pour l’évènement : les clientèles hors JO préfèrent éviter la foule, l’éventuelle saturation des transports et la hausse des prix des hébergements. Cela est particulièrement vrai pour des métropoles de renommée touristique internationale où les visiteurs sont déjà nombreux hors période de Jeux, comme à Londres et Paris. Etant donné que les clientèles habituelles préfèrent séjourner à d’autres moments, leur demande se reporte dans le temps, sur les années et mois précédents et suivants. L’accueil des JO est donc bel et bien un élément générateur de demande supplémentaire, mais qui en termes de fréquentation ne se matérialise pas forcément pendant l’évènement mais plutôt avant et après, et surtout dans la durée.Pendant l’évènement lui-même, les retombées sont en revanche financières. A Londres, les visiteurs avaient ainsi dépensé plus de 10 milliards d’euros, soit des recettes en forte croissance (+7%) qui bénéficient à toute l’économie locale. Dans les hôtels, ce sont les prix hôteliers qui sont en hausse relativement aux standards habituels : Cependant, du fait de la création d’une offre supplémentaire pour l’évènement les prix baissent après l’évènement, ce qui soutient alors fortement la fréquentation. Pourquoi cela ? Parce que l’annonce de l’évènement libère du foncier pour des projets immobiliers destinés à accueillir les touristes, sportifs, journalistes qui assistent à, couvrent ou participent à la compétition. De nouveaux produits d’hébergement sont donc développés à cette occasion : adaptés aux dernières tendances et compétitifs, ils permettent ensuite à la destination d’enregistrer une croissance de sa fréquentation. La modernisation enclenchée à cette occasion semble aussi inciter à la poursuite du développement du parc au cours des années suivantes.Ainsi, alors que de 2008 à 2010 Paris et Londres avaient une offre hôtelière comparable (79 000 chambres à Paris intra-muros et 155 000 en IDF contre 86 500 dans le Grand Londres en 2010, les deux métropoles étant sur une tendance de léger recul), l’écart se creuse ensuite : Londres a gagné près de 20 000 chambres entre 2010 et 2012, tandis que Paris et l’Ile-de-France stagnaient. Cela a soutenu la demande, alimentant ensuite la croissance de l’offre à Londres, qui s’approche aujourd’hui des 130 000 chambres dans les seuls hôtels (hors appartements notamment). De la même manière, on peut donc escompter un fort développement des hébergements touristiques dans la capitale sous l’effet des Jeux Olympiques et Paralympiques. Le dossier de candidature envisageait ainsi déjà la création de près de 8 000 chambres d’hôtels supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux 134 000 déjà disponibles dans le périmètre du « Grand Paris ». Et outre l’offre d’hébergement, se développent aussi des infrastructures de transport, équipements sportifs et autres structures touristiques qui participeront à la croissance post-JO.Alors que faut-il attendre de l’annonce du Comité Olympique et de ses répercussions sur l’économie parisienne ? Une chose est certaine : les conclusions ne seront pas à tirer immédiatement dans la foulée de l’évènement, mais bien dans la durée. Et tandis que l’on s’interroge sur le potentiel de construction et de développement des infrastructures locales, il sera important également de préparer « l’après JO » et leur reconversion.Georges Panayotis, Président de Hospitality ON, tire ses conclusions : « C’est une formidable nouvelle pour l’industrie touristique et pour l’économie française : après des années de disette, la dynamique positive créée par les Jeux va enfin nous permettre d’aller plus haut, d’être plus forts. Ce sera aussi l’occasion de mettre fin à ce cycle délétère où l’on s’étonnait de la flambée des locations entre particuliers et de la stagnation de l’offre des professionnels : avec les Jeux et leurs projets immobiliers en ligne de mire, Paris va pouvoir bénéficier d’une offre d’hébergements nouvelle ou modernisée, qui soutiendra la croissance touristique de demain ».
Paris 2024: Passion + Purpose par paris2024


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