Accéder au contenu principal

Analyses

Quelles conséquences de l'indépendance de l'Ecosse sur le tourisme ?

Aujourd’hui, l’Ecosse se prononce au sujet de son indépendance par rapport au Royaume-Uni. Si les conséquences politiques et économiques de la victoire d’un « oui » sont non négligeables, qu’en serait-il vraiment pour l’industrie touristique du pays et son marché hôtelier ?

Dans une étude récemment menée par le cabinet écossais LJ Research sur un échantillon de 700 personnes ayant effectué récemment un séjour touristique au Royaume-Uni, 84% des interrogées déclarent que le résultat du référendum n'impactera pas leur décision de partir en vacances en Ecosse. Seuls 8% indiquent qu'ils seraient moins enclins à visiter l'Ecosse, tandis que ce pourcentage s'élève à 17% parmi les Britanniques, qui représentent la première clientèle touristique du pays. En 2013 en effet, selon les données de VisitScotland, le Royaume-Uni hors Ecosse (soit Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) a généré plus de 6 millions de séjours et 25,3 millions de nuitées dans le pays, dont 93% pour la seule Angleterre. Le Royaume-Uni représente donc le premier marché émetteur pour l'Ecosse en nombre de nuitées, devant l'ensemble des visiteurs internationaux (19,4 millions de nuitées) et les Ecossais (18,3 millions de nuitées). Selon le programme publié par le gouvernement écossais " Votre guide pour une Ecosse indépendante ", le pays ne changerait pas de monnaie suite à son indépendance et conserverait la livre sterling, n'entraînant donc pas de problèmes de taux de change pour le tourisme en provenance du Royaume-Uni. En revanche, le rétablissement des contrôles aux frontières et la nécessité de visa pour entrer en Ecosse pourraient constituer des freins importants, selon le cabinet LJ Research. Le parlement écossais se déclare à l'inverse optimiste quant à l'avenir du pays en tant que destination touristique. Notamment, l'une des principales mesures susceptibles d'impacter positivement le tourisme écossais concernerait la taxe sur les passagers des transports aériens (Air Duty Passenger), qui serait réduite de 50%. Ceci permettrait, selon le livre blanc, d'augmenter considérablement la compétitivité des aéroports écossais, notamment en facilitant l'ouverture de nouvelles lignes aériennes sans avoir à passer par les aéroports de Londres, et de développer les flux de voyageurs en proposant des coûts moins élevés. Toujours d'après le livre blanc, cette taxe ferait actuellement perdre au tourisme 200 millions de livres par an d'ici 2016.L'Ecosse deviendrait le 15e parc hôtelier européen En cas d'indépendance, l'Ecosse deviendrait le 29e pays de l'Union Européenne. En termes hôteliers, cette nouvelle donne modifierait légèrement le classement hôtelier des pays du continent. Selon les données publiées par MKG Hospitality et les statistiques de VisitScotland, l'offre hôtelière écossaise comptait environ 64 600 chambres à travers 1 870 établissements au 1er janvier 2014, soit 8,9% de l'offre du Royaume-Uni. Elle représenterait ainsi le 15e parc hôtelier européen, derrière les Pays-Bas (92 100 chambres) et devant la Hongrie, la Belgique et la Finlande. De plus, avec 25 396 chambres de chaînes, l'Ecosse représenterait 1,6% du marché hôtelier européen de chaînes et se situerait à la treizième place du classement, entre la Belgique et la Finlande. L'indépendance de l'Ecosse impacterait également le classement du Royaume-Uni. Si en terme d'offre globale, celui-ci resterait le 3e parc hôtelier européen derrière l'Italie et l'Allemagne, il perdrait en revanche une place dans le classement des parcs hôteliers de chaînes, cédant sa deuxième place à l'Espagne et devenant le 3e marché européen de chaînes. Avec 262 600 chambres opérées par des groupes contre 288 000 précédemment, il ne représenterait plus que 16,6% du marché européen contre 18,2% avant que l'Ecosse ne se sépare. En termes de performances, l'indépendance de l'Ecosse pourrait également avoir des conséquences sur le marché britannique, alors qu'elle a enregistré la plus forte croissance des prix moyens et du Revenu par chambre disponible (RevPAR) du Royaume-Uni en 2013 (respectivement +7,90% et +12,5%). Les indicateurs du pays se placent ainsi en seconde position derrière ceux de la capitale britannique. L'Ecosse semble alors avoir les atouts nécessaires pour s'affirmer en tant que destination touristique à part entière. Tout en restant l'un des premiers marchés européens, le Royaume-Uni pourrait tout de même regretter l'absence des sites écossais dans son catalogue de voyages.

Vous aimerez aussi :

Accédez gratuitement à la suite de l'article

Créez votre compte et accédez à de nombreux contenus exclusifs

J'en profite

Déjà inscrit ?

Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?