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Analyses

Parcs de loisirs : une destination familiale par excellence

Les parcs de loisirs sont des lieux fortement prisés en France, notamment par la clientèle famille qui profite de ces endroits pour se retrouver et passer des moments inoubliables ensemble. C'est en partie pour cette raison que les nombreux parcs français ne cessent de s'agrandir et de créer environ tous les 2 ans de nouvelles attractions, dans un marché aussi concurrentiel le renouvellement est le mot d'ordre.

Les séjours représentent pour les familles l’opportunité de se retrouver et de partager des moments précieux qui deviendront par la suite des souvenirs inoubliables. Les parcs de loisirs et d’attractions sont parmi les destinations préférés des familles et le choix en France est considérable, on comptabilise pas moins de 600 sites sur le territoire. L’offre est ainsi fortement diversifiée et répond à tous les besoins et attentes émanant de la clientèle famille qui fait partie des cibles les plus exigeantes. En effet, pour attirer cette clientèle il faut proposer un ensemble d’activités convenant à tous les membres de la famille, enfants comme parents, tout en garantissant leur sécurité et en ne négligeant pas le volet économique car le coût du séjour fait partie du top 3 des facteurs déterminants dans le choix d’une destination. En 2019, on observe une hausse de 227% des activités en famille ce qui démontre bien l’importance de cibler ce segment clientèle dans les stratégies actuelles.

Le poids du marché des parcs de loisirs et d’attractions en France

La France est actuellement la 1ère destination européenne en matière de parcs de loisirs malgré une concurrence accrue de ses voisins allemands et espagnols qui possèdent respectivement les parcs à forte notoriété Europa-Park et PortAventura. L’hexagone occupe cette première place grâce à plus de 600 sites de loisirs qui accueillent chaque année 70 millions de visiteurs, nationaux comme internationaux. Selon une étude menée par le bureau d’études Businesscoot, la forte fréquentation de ces endroits a engendré durant l’année 2017 un chiffre d’affaires d’une valeur de 2,8 milliards d’euros, à savoir que la moitié de ce montant relève de l’activité du parc DisneyLand Paris. Cette même année les parcs ont enregistré une hausse de leur taux de fréquentation avec un niveau de satisfaction de la part des visiteurs de 88%.

L’augmentation des dépenses par ménages, + 4,7% entre 2011 et 2018 selon l’Insee, explique en partie la hausse de fréquentation des parcs de loisirs et démontre également l’appétence des Français pour ce secteur. D’après la même étude de Businesscoot, la principale dépense des visiteurs est le billet d’entrée (57%) suivi de la restauration (21%) et enfin des boutiques souvenirs (9%). Le poids économique de l’hébergement dans les dépenses journalières des visiteurs de parcs est encore relativement faible mais il tend à augmenter.

Le marché des parcs de loisirs est vaste et très diversifié, allant des simples parcs d’attractions en passant par les parcs développés autour de thème précis afin de contenter toutes les typologies de visiteurs, amateurs de sensations fortes comme passionnées d’histoire ou de sciences. La catégorie parcs de loisirs regroupe également les parcs animaliers et les parcs aquatiques qui se retrouvent parfois au centre de polémiques, des associations de défense des animaux les accusant de maltraitance et d'actes de cruauté.

  infographie parcs de loisirs majeurs en France

 

Un marché concurrentiel en constante évolution

L’offre de parcs de loisirs et d’attractions est actuellement très développée en France ce qui induit un marché extrêmement concurrentiel, ainsi on assiste à une surenchère constante de constructions de nouvelles attractions toujours plus hautes et toujours plus extrêmes et d’agrandissements de parcs. Les objectifs de tous ces travaux et investissements s’élevant généralement à des millions d’euros voir même des milliards parfois sont multiples : se démarquer de ses concurrents, augmenter sa fréquentation, fidéliser sa clientèle, allonger la durée des séjours et décupler les dépenses des visiteurs dans l’enceinte du parc. Rien que pour l’année 2017, 7 nouvelles attractions ont vu le jour dans l’hexagone, démontrant le dynamisme et le développement continuel de ce secteur. On considère que les parcs inaugurent une nouveauté majeure tous les 2 ans.

La crise sanitaire actuelle a contraint les parcs à fermer leurs portes depuis près d’un an, avec une courte période d’ouverture durant la saison estivale, ce qui a donc fortement impacté leurs chiffres d’affaires avec une baisse de fréquentation s’élevant à 48%. Mais tout cela n’empêche pas les parcs de continuer leurs investissements colossaux dans la création de nouvelles attractions ou l’agrandissement de leur superficie. On observe, au contraire, une multiplication de ces projets, on peut supposer que c’est en partie pour relancer leur activité après une année 2020 et le premier trimestre de 2021 en berne. Ces derniers mois, les parcs ne cessent de repousser leur date de réouverture ce qui leur laisse ainsi le temps de rénover les installations et infrastructures qui le nécessitent pour par la suite accueillir à nouveau des visiteurs dans les meilleures conditions possibles.

Néanmoins même si les investissements se poursuivent, avec une perte de chiffre d’affaires en 2020 estimée à 50%, l’échéance de tous ces travaux est pour la majorité reculée à quelques mois voire quelques années. Comme c’est le cas pour Disneyland Paris qui avait annoncé en 2019 la construction d’un nouvel espace dédié à l’univers Marvel, une marque récemment rachetée par Disney. Les travaux ont débuté à la fin de l’année 2019 et se poursuivent encore actuellement avec un léger retard dû notamment à la crise sanitaire. Cet espace qui doit accueillir 2 nouvelles attractions devait voir le jour cette année mais finalement son ouverture est décalée à 2022. Le parc Astérix fait face à la même problématique, une nouvelle attraction nommée Toutatis aurait dû être la grande nouveauté 2021 du parc mais elle ne sera opérationnelle finalement qu’en 2023. Ce manège prendra d’ailleurs place au sein d’un nouveau quartier sur le thème des vikings. Le projet global a pour objectif d’attirer 100 000 visiteurs supplémentaires, pour ce faire le parc investi 28 millions d’euros. Le parc Astérix investit chaque année 10% de son chiffre d’affaires dans le développement de nouveauté.

Au contraire, d’autres parcs ont pris la décision de ne pas retarder le lancement de leurs nouvelles attractions tel que Nigloland avec sa grande nouveauté pour le printemps 2021, un grand huit aquatique baptiser Krampus Expedition. Le budget consacré à la construction de ce manège de 12 millions d’euros, soit près de 50% du chiffre d’affaires réalisé par le parc en 2019, représente le plus gros investissement effectué par les propriétaires du parc. Avec cette nouveauté, le parc espère accroitre sa fréquentation de 2,5%, actuellement il accueille environ 600 000 visiteurs à l’année. L’ouverture de cette attraction s’inscrit dans la nouvelle stratégie voulue par le parc qui souhaite thématiser davantage ses manèges et animations afin de créer un univers dans lequel les visiteurs pourront se plonger le temps de leur séjour. Walibi Rhône-Alpes continue de même les aménagements débutés l’année dernière qui prévoient la création d’une nouvelle zone thématisée, Festival City, en transformant les noms et les designs des attractions déjà présentent au sein de cette zone. 2021 est également une année importante pour le parc Vulcania qui va accueillir son premier grand huit nommé Namazu, inspiré du poisson-chat géant, qui permettra de partir à la découverte des phénomènes souterrains. Car malgré une volonté d’offrir des sensations fortes à ses visiteurs, le parc n’oublie pas son rôle premier qui est d’ordre éducatif. La construction de ce manège, dont le coût s’élève à 16 millions d’euros, s’inscrit dans un vaste plan de développement du parc qui désire à l’horizon 2030 augmenter sa fréquentation. L’objectif est d’atteindre la barre des 500 000 visiteurs annuels, un objectif ambitieux qui nécessite ainsi un investissement de plus de 30 millions d’euros s’étalant sur une période de 3 ans. Ce plan d’investissement est financé à hauteur de 75% par la SEM Volcans, un gestionnaire privé de Vulcania qui est sous contrat avec la région Auvergne Rhône-Alpes.

Augmenter le taux de fréquentation ainsi qu’accroitre le temps de visite est au cœur des préoccupations de tous les propriétaires de parcs de loisirs tout comme se démarquer de ses concurrents voire leur ravir une part de leur clientèle si possible. Une volonté clairement affichée par le Futuroscope qui se dotera d’ici 2025 d’un second parc qui sera 100% aquatique ainsi que de 3 nouvelles attractions. Pour réaliser ce chantier titanesque, le parc se voit offrir un investissement de 300 millions d’euros de la part du Gouvernement dans le cadre de la relance économique. Le parc compte ainsi concurrencer Disneyland Paris qui a également pour projet de s’agrandir d’ici 2025 avec la construction de 3 nouveaux quartiers thématiques. Le premier mentionné plus haut verra le jour en 2022 et sera dédié à l’univers Marvel, viendra ensuite un quartier plongeant les visiteurs dans l’univers de la saga Star Wars et enfin le dernier quartier aura pour thème le dessin animé la Reine des Neiges. Disney voit les choses en grand et investit pas moins de 2 milliards d’euros pour cet agrandissement tant attendu soit un budget supérieur à son chiffre d’affaires de 2019 qui était de l’ordre de 1,7 milliard d’euros. 

Le développement de l’offre d’hébergement au sein des parcs de loisirs

Les parcs n’investissent pas seulement dans la création de manèges, une partie importante de leur budget est consacrée au développement de leurs parcs hôteliers. On assiste en France à une réelle course à la construction et l’extension de parcs hôteliers. Tous construisent sans cesse de nouveaux hôtels ou autres types d’hébergements avec un seul objectif en tête, faire des parcs de loisirs une destination de séjour et devenir des resorts. Accueillir des milliers de visiteurs à la journée ne suffit plus, les parcs ne veulent plus être seulement une escale d’une journée mais devenir la raison pour laquelle des touristes parcourent des centaines de kilomètres pour se rendre sur le lieu et y séjourner plusieurs jours sans presque jamais en sortir.

L’offre hôtelière de Disneyland est actuellement la plus développée en France avec pas moins de 7 hôtels, un Village Nature en partenariat avec Center Parcs et 8 hôtels partenaires. Par ailleurs l’un de ses établissements, le Disney’s Newport Bay Club, est le deuxième plus grand hôtel d’Europe et le pôle hôtelier du parc est actuellement le 5ème plus important de France. Disney se positionne aisément en première place en termes d’offre d’hébergements parmi les nombreux parcs de loisirs français, cela s’explique en partie par la volonté de Walt Disney dés le début de la construction du premier parc de la marque de miser sur la construction d’hôtels. La particularité des hôtels Disney est que chacun est thématisé et plonge les visiteurs dans un univers particulier, par exemple le Cheyenne hôtel transporte les visiteurs au Far West ou encore le Santa Fe qui fait voyager jusqu’au Nouveau Mexique. Le groupe dédie une part importante de son budget à ses CAPEX, depuis une dizaine d’années un vaste programme de rénovation de l’entièreté du parc hôtelier a été lancé. Ce programme devrait s’achever l’année prochaine avec le Disney’s Hotel New York qui est le dernier hôtel concerné par des travaux de rénovation. Le thème de l’établissement va ainsi changer, passant de la thématique sur la ville de New York, comme son nom l’indique, au thème des super héros de Marvel. Le nom de l’hôtel va également changer pour coller au nouveau thème, il est ainsi rebaptisé The Art of Marvel.

Les autres parcs mettent ainsi tout en œuvre pour concurrencer au mieux le parc hôtelier de Disneyland, le Puy du Fou se trouve en deuxième position en termes de capacité hôtelière après le géant Disney. Le parc vendéen dispose de 454 chambres répartis dans 6 hôtels différents ayant chacun un thème historique tel que l’époque gallo-romaine ou la période médiévale. En 2020, le parc a inauguré un nouvel hôtel nommé Le Grand Siècle qui plonge les visiteurs dans l’univers du Roi Soleil avec 96 chambres familiales. Ce vaste projet a coûté au parc 20 millions d’euros sur le budget d’investissements annuel de 52 millions d’euros. Le parc Astérix a également décidé d’augmenter sa capacité hôtelière avec la construction d’un nouvel hôtel de catégorie 4 étoiles qui est constitué de 150 chambres. Ce nouvel établissement, nommé Quais de Lutèce, permet ainsi au parc d’augmenter sa capacité de 50% avec à présent une offre constituée de 3 hôtels. L’objectif de cet établissement est de plonger en immersion les clients dans l’époque des gaulois, il a par ailleurs été élu meilleur hôtel à thème 2020 au monde par l’organisme international Themed Entertainment Association (TEA).

Pour sa part, le Futuroscope ne compte pour le moment qu’un seul hôtel lui appartenant qui se nomme sobrement l’Hôtel du Futuroscope mais la construction d’un resort d’une superficie de 224 000 m² est prévue dans son programme vision 2025. Ce resort comptera 2 nouveaux hôtels venant enrichir l’offre d’hébergement du parc et incitera donc les visiteurs à rester plus longtemps sur place en prenant par exemple un billet d’entrée pour le parc de 2 jours. Le premier hôtel prévu pour le printemps 2022 se nommera Station Cosmos, ce sera un 4 étoiles familial, et il sera même équipé d’un restaurant avec service des plats par un mini système de looping pour rester dans l’univers futuriste emblématique du parc. Le décor de cet hôtel sera inspiré des univers de science-fiction et de la high-tech et sera équipé de 76 chambres pouvant accueillir jusqu’à 5 personnes. Le budget consacré à cet établissement s’élève à 19 millions d’euros. Le 2ème hôtel, Eco Lodgee, sera sur le thème de l’écologie puisqu’il s’agit de la construction de 120 éco lodges destinés à une cible famille en priorité. Ces 2 nouveaux établissements vont non seulement transformer le parc en réel resort, devenant alors une destination de séjour à part entière mais aussi augmenter la qualité de son offre d’hébergement, son unique hôtel actuel étant classé 1 étoile. Avec les lodges, le parc souhaite également offrir une expérience insolite et unique d’immersion au plus proche de la nature, une demande de la part des touristes en expansion ces dernières années.

Le Pal est le pionnier sur ce type d’hébergement en proposant une trentaine de lodges qui se situent au sein de la partie animalière du parc. Le parc permet à ses visiteurs de dormir dans ses safari lodges d’où l’on peut observer des animaux sauvages typiques de l’Afrique comme des zèbres ou des antilopes. Une offre de restauration vient compléter l’expérience en offrant une vue imprenable sur les animaux de la savane depuis la terrasse panoramique du restaurant Le Tanganika. La construction des différents lodges a coûté 2,5 millions d’euros mais le parc a vu plus grand pour son dernier établissement achevé il y a seulement quelques mois. Les 31 lodges du parc affichent un taux de remplissage de 100% durant chaque période estivale, poussant ainsi les propriétaires à réfléchir à une solution pour augmenter la capacité d’accueil, de là est né le projet de l’hôtel Savana Reserve. Cet établissement se compose de 60 suites familiales répartis dans 8 bâtiments reliés par des passerelles, chaque suite est constituée de 2 chambres dont l’une est réservé aux enfants. L’établissement comportera également une salle de restauration, une terrasse, un bar et une salle de séminaires pouvant accueillir 150 personnes. Le montant de ce projet s’élève à 15 millions d’euros soit un investissement bien plus important que celui de ces lodges. L’hôtel offre également une vue sur la savane africaine et aurait dû accueillir ses premiers clients ce mois-ci mais en raison des restrictions sanitaires gouvernementales, son ouverture est reportée à octobre 2021. Le Pal mise ainsi sur la tendance de l’expérientiel qui s’empare du monde du tourisme dernièrement en proposant une offre d’hébergement insolite qui laissera à coup sûr des souvenirs inoubliables à ses visiteurs.

Le territoire français attire également des investisseurs étrangers, comme c’est le cas du parc de loisirs allemand Europa Park qui souhaiterait construire un complexe hôtelier dans la région Grand Est. Cet ambitieux projet, baptisé Europa Vallée, s’étendrait sur une superficie totale de 150 hectares et comprendrait un village de loisirs, divers hôtels et logements, un « parc nature » ainsi qu’une liaison de transport. Le projet n’en est pour l’instant qu’au stade d’idée mais les politiciens de la zone concernée semblent enthousiastes quant à la construction d’un tel complexe qui drainerait ainsi un important flux de visiteurs dans le territoire et permettrait aussi un partenariat transfrontalier prometteur. Néanmoins, le projet inquiète les agriculteurs locaux qui regrettent de n’être pas ou peu informés quant à la localisation précise et l’évolution de ce vaste complexe. Une problématique qui sera de plus en plus présente à l’avenir lorsque les parcs continueront leurs incessantes expansions, la majorité se situant dans des zones relativement rurales et donc souvent proches de terres agricoles. On peut donc se demander où se situe la limite dans le développement des parcs de loisirs mais aussi jusqu’où iront-ils dans l’innovation pour se démarquer et attirer sans cesse plus de visiteurs.

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