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Destinations

L’évolution du secteur culturel avec l’essor des nouvelles technologies

La méditation culturelle est en perpétuelle évolution et suit notamment les grandes tendances sociétales. Comme le démontre le développement d’offres toujours plus immersives et interactives ces dernières années. Une modernisation des offres et visites notamment rendue possible grâce aux nouvelles technologies qui se multiplient et dont l’usage se démocratise rapidement. Coup d’œil sur les dernières offres culturelles innovantes.

Une nouvelle vision de la culture à travers la réalité augmentée et la réalité virtuelle

Depuis quelques années de nouveaux modes de visite se développent avec notamment l’essor de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle. La première est une technique qui permet de superposer à la réalité sa représentation numérique actualisée en temps réel tandis que le seconde permet de simuler un environnement en trois dimensions à l’aide d’un ordinateur. Les musées et autres espaces culturels se sont emparés de ces nouveautés technologiques afin de faire vivre de nouvelles expériences à leurs visiteurs.

C’est le cas du château de Chambord, du Palais des Papes d’Avignon ainsi que de la Conciergerie de Paris qui offrent aux visiteurs la possibilité de découvrir à quoi ressemblaient les lieux durant l’époque de leur construction. On peut ainsi explorer le château de Chambord au temps de le Renaissance. Une expérience rendue possible grâce à l’Histopad, un écran tactile doté de la technologie de réalité augmentée.

Le MuséoParc d’Alésia mise également sur ces nouvelles réalités avec une scénographie repensée pour plonger les visiteurs dans l’histoire du siège d’Alésia en 52 avant J.-C. mais aussi leur faire découvrir les découvertes archéologiques d’époques successives. Au programme, des écrans tactiles mais également des ateliers pour manipuler les objets de ces époques. Des campagnes de fouilles étant encore menées sur le site, l’expérience devrait s’enrichir au fur et à mesure.

Le Mémorial de Verdun a de même enrichi son offre culturelle depuis l’été 2021 avec un dispositif de réalité virtuelle. Les visiteurs peuvent désormais découvrir Verdun avant, pendant et après les combats grâce à un caque de casque de réalité virtuel. Ils peuvent ainsi évoluer à 360 degrés dans le paysage des combats en remontant le temps au fil de l’évolution du conflit. Il est également possible de voir la transformation du site jusqu’à la construction de l’Ossuaire de Douaumont et du Mémorial. Ce nouveau dispositif est complété par des bornes multimédia interactives qui présentent des images aériennes contemporaines où l’on devine les traces de la guerre dans le paysage.

Le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris a été par ailleurs le premier établissement culturel français à consacrer une salle permanente à la réalité virtuelle. Baptisée « Le Cabinet de Réalité Virtuelle », il offre une immersion unique au cœur de l’Evolution avec notamment des reconstituions de dinosaures et autres espèces peuplant la Terre à cette époque. Dispositif similaire au British Museum de Londres où les visiteurs sont transportés à l’âge de bronze grâce à des casques de réalité virtuelle.

A la galerie Sukiennice du musée national de Cracovie ainsi qu’au Royal Ontario Museum de Toronto, un simple smartphone permet de vivre une visite des plus immersives et originales. En effet, grâce à la réalité augmentée les œuvres prennent vie dans la première exposition et des dinosaures font leur apparition sur les écrans au gré de la visite au Canada.

Des expériences de plus en plus immersives

Des casques ou lunettes ne sont pas nécessaires pour s’immerger dans une œuvre ou un univers. Culturespaces l’a bien démontré à travers ses nombreux sites dont la Carrière des Lumières (Baux-de-Provence), l’Atelier des Lumières (Paris) ou encore le Bassin des Lumières (Bordeaux). Ces lieux se présentent comme des centres d’art numérique et d’expositions immersives où le visiteur ne regarde pas juste l’œuvre mais est entièrement plongé dedans. Les œuvres s’animent et défilent sur les murs au rythme de la musique, plongeant ainsi les spectateurs dans un monde presque onirique. Dans la même veine, l’exposition immersive « Beyond Van Gogh » débute cette année à The Graceland Exhibition Center, Memphis.

Souvent, la vue est le seul sens utilisé lors d’une visite culturelle mais l’odorat peut tout autant être mis au cœur de l’expérience comme le démontre l’exposition une « Odyssée sensorielle » au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre réalisateurs, muséographes, scénographes, ingénieurs et développeurs, neuroscientifiques, plasticiens, parfumeurs et créateurs d’effets spéciaux sensoriels.

La Chapelle numérique du Puy-en-Velay, édifiée au 18ème siècle et située sur la route de Compostelle, s’est trouvée une nouvelle vocation numérique et touristique au cours de l’été 2021. Imaginée avec l’aide des équipes du Futuroscope, cette attraction embarque les visiteurs dans un aéronef en compagnie d’Alice à la rencontre d’Alec, le géant gardien des légendes et des secrets du département. Une seconde vie pour ce bâtiment historique qui offre un cadre original à un voyage numérique.

Le Domaine de Chaumont-Sur-Loire accueille dans l’une des ailes de son château un Centre d’Arts et de Nature qui dispose depuis peu d’une galerie digitale permanente. Un nouvel espace qui s’inscrit dans la continuité des installations présentées, depuis 2012, autour de la création numérique. Pour inaugurer cette galerie, le Centre a passé commande auprès de l’artiste italien Quayola. Cette création, baptisée Effets de soir, immerge les visiteurs dans une expérience singulière.

Les jeux vidéo à l’assaut des musées

Le Musée royal de Mariemont en Belgique a créé en 2016 un jeu vidéo, nommé « Le Passeur », spécialement conçu pour faire découvrir aux jeunes publics ses collections égyptiennes. A l’aide d’une tablette, ils doivent aider le Soleil à réaliser son cycle en combattant les autres divinités qui cherchent à l’en empêcher. Tout au long de la visite du musée, les objets exposés sortent en 3D des vitrines et les reconstitutions de décors antiques se mêlent à des scènes de combats virtuelles.

Le musée de l’Armée à Paris propose également une expérience novatrice en partenariat avec le développeur de jeux vidéo Ubisoft. En effet, un parcours autour du célèbre jeu Assassin’s Creed a été lancé en 2018 afin de permettre aux visiteurs d’arpenter les Invalides sous un angle inédit. Les fans du jeu ont été conquis tout comme les personnes n’y jouant pas. Une opération couronnée de succès puisque tous els billets ont été écoulés en moins de 2 jours et 3000 visiteurs ont participé à l’expérience en moins de deux semaines.

En Espagne, le musée du Prado a poussé le curseur encore plus loin en créant une île sur le jeu vidéo Animal Crossing : New Horizons. L'île permet de visiter une version miniaturisée du musée, mais aussi de visiter la Quinta del Sordo, la maison de campagne où a vécu le peintre Francisco Goya. Le musée complète cette visite virtuelle avec un total de cinq itinéraires qui, à travers des vidéos enregistrées dans le jeu vidéo, montrent les œuvres et les remettent dans leur contexte. Les joueurs ont même la possibilité de télécharger et de sauvegarder les œuvres exposées dans le musée virtuel à l'aide de QR codes.

Le Louvre a de son côté collaboré avec Nitendo pour développer l'application Guide Nintendo 3DS : Louvre. Cette application comprend 600 photographies des œuvres d'art exposées dans le musée, 30 heures de commentaires audio et 400 photographies des salles du musée, dont certaines en trois dimensions. Plusieurs itinéraires sont proposés mais les utilisateurs ont la possibilité de créer des itinéraires personnalisés.

Visite guidée avec un chatbot

Présents dans presque tous les domaines de la relation client, il n’est donc pas étonnant que les assistants virtuels intègrent le secteur culturel. Ils n’ont évidemment pas vocation à se substituer à un vrai guide, toutefois les chatbots peuvent répondre aux quelques questions basiques les plus courantes.

Le Musée d’Anne Frank à Amsterdam a par exemple développé un agent conversationnel, conçu à l’image d’Anne Frank, en collaboration avec Facebook Pays-Bas, qui fonctionne sur l'application Messenger. Le logiciel est utile pour préparer sa visite en amont en renseignant notamment les horaires et en permettant la réservation d’un billet d’entrée. Il permet aussi de poser des questions relatives au thème de l’exposition.

Une cinquantaine d’espaces culturels à travers le monde tels que la Fondation Louis Vuitton, le Grand Palais, le Théâtre du Châtelet ou encore le Centre Pompidou de Metz ont adopté le chatbot Ask Mona. Un chatbot gratuit, qui s’utilise via Facebook Messenger, conseille des sorties culturelles comme des idées d'expositions, de musées ou des monuments à visiter. Les utilisateurs peuvent également l’utiliser au cours de leurs visites en lançant une conversation sur Messenger, Mona les renseigne et répond à leurs questions.

Le Musée d’Art Moderne de Buenos Aires pousse le concept encore plus loin en proposant en 2016 à ses visiteurs de dialoguer avec des œuvres d’art via un chatbot. Le premier partenaire de conversation du musée dans cette démarche était la sculpture "Bio Cosmos" d'Emilio Renart.

Renaissance d’œuvres et sites disparus

Les nouvelles technologies permettent des prouesses qui étaient encore inenvisageable jusqu’ici. Il est désormais possible de reconstituer des sites qui n’existent plus, en raison du temps ou de guerre, ainsi que des œuvres disparues ou abimées avec le temps.

L’Institut du Monde arabe a ainsi conçu une exposition entièrement numérique visant à ressusciter les sites millénaires de Palmyre, Alep ou encore Mossoul, détruits pendant la guerre. Les visiteurs expérimentaient un voyage virtuel à travers le temps et l’espace qui leur permettait de découvrir l’histoire du Monde Arabe depuis l’antiquité jusqu’à aujourd’hui.

Le musée de l’Acropole à Athènes a quant à lui pu terminer la reconstitution complète de la frise du Parthénon. Elle est désormais visible grâce à une nouvelle application du musée qui permet également de rassembler des photographies et des descriptions de tous les blocs de frise conservés aujourd'hui au musée de l'Acropole et à l'étranger. Il est ainsi possible d’explorer la à travers quatre sections thématiques : Le Parthénon, À propos de la frise, Explorer la frise et Visites thématiques. Un projet fruit d’une collaboration entre le musée de l'Acropole, le Service de restauration de l'Acropole et le Centre national de documentation et de contenu électronique.

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