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Analyses

La reprise compliquée du secteur du MICE

Le MICE figure parmi les secteurs d'activité les plus impactés par la pandémie, l'année 2020 a vu la grande majorité des salons, congrès, forums et autres évènements annulés ou alors reportés. Nombreuses sont les destinations à avoir eu recours à des solutions digitales pour maintenir certains évènements et actuellement toutes travaillent sur la reprise de l'activité en physique.

Tous les secteurs d’activités ont souffert des impacts engendrés par la crise sanitaire, mais parmi eux le secteur touristique a été l’un des plus touché en raison des restrictions de déplacements et les différents confinements empêchant ainsi le moindre voyage. Les voyages d’affaires et le secteur du MICE ont de même connu une année 2020 inédite avec une avalanche d’annulations et de reports des salons et autres évènements. A l’échelle mondiale, 49% des évènements relevant du MICE ont été reportés tandis que 29% ont été entièrement annulés. Afin de maintenir un semblant d’activité, bon nombre d’évènements se sont tenus en ligne.

Néanmoins certaines destinations mettent tout en œuvre pour rependre au plus vite l’organisation de salons en présentiel tel que Singapour qui se trouve être dans le top 5 des meilleures destinations de voyages d’affaire en 2019 selon le classement élaboré par CEOworld. En 2018, le nombre de visiteurs relevant du MICE dans la cité-Etat s’élevait à 2 millions soit une augmentation de 14% en un an et le secteur représentait près d’un pour cent du PIB national. La limite actuelle du nombre de participants à un salon est de 250 mais ce nombre va évoluer d’ici la fin de ce mois d’avril pour atteindre la jauge des 750 personnes. L’Office du tourisme national, Singapore Tourism Board, a mis en place en juillet dernier le protocole sanitaire Safe Business Events qui a permis d’accueillir une soixantaine d’évènements MICE sans la moindre contamination. Ces évènements pilotes ont débuté avec une jauge de 50 participants avant d’augmenter au fur et à mesure du temps. Grâce à toutes ces mesures, Singapour espère retrouver sa place de destination MICE de premier plan le plus rapidement possible.

Au cours de l’année écoulée, nous avons été encouragés par le fait que les événements MICE continuent de choisir Singapour comme destination hôte. Cela montre que nos efforts pour reprendre progressivement les événements MICE de manière sûre, fiable et innovante portent leurs fruits. Notre industrie a montré la voie en pilotant de nouvelles solutions qui donnent la priorité à la sécurité sans compromettre l’expérience de l’événement, et je suis sûr qu’elle continuera à le faire alors que nous nous préparons à sortir plus forts de la crise COVID-19.

Keith Tan, Directeur Général du Singapor Tourism Broad

Berlin aussi se prépare à la reprise du secteur du MICE dans les mois à venir avec l’organisation le 25 mars dernier d’une conférence en présentiel à l’hôtel Estrel, organisé par le bureau de congrès de Berlin qui est une filiale de l’agence de tourisme nationale VisitBerlin. Cet évènement sert d’expérimentation pour savoir si la mise en place de leur protocole sanitaire suffit à garantir la sécurité des participants. Le protocole inclut notamment la réalisation de tests antigéniques rapides à l’entrée de la salle accueillant l’évènement.

La France n’est pas en reste, malgré les restrictions sanitaires gouvernementales en vigueur plus strictes et donc plus contraignantes pour le secteur. Il n’est pas question pour le moment d’accueillir des évènements tests avec autant de participants qu’à Singapour mais les principales destinations MICE de l’hexagone mettent tout en place pour reprendre l’activité dès que la situation sanitaire le permettra. Le CRT Côte d’Azur France travaille actuellement sur son plan de relance ainsi que sur sa stratégie de promotion territoriale qui porte notamment sur le secteur de l’évènementiel. Pour ce faire, une étude sur le thème des nouvelles tendances en matière de salons et de congrès a été réalisée et a ensuite été restituée via visioconférences par le président du CRT, David Lisnard, à plus de 200 professionnels du secteurs MICE local. Il a par la suite déclaré :

Notre défi est de faire face à une véritable mutation du secteur. La numérisation des événements n'est plus uniquement la réponse à un besoin induit par la crise sanitaire que nous traversons mais bien une révolution de l'ensemble de l'écosystème MICE (Meetings - Incentives - Congresses & Events) qui s'oriente durablement vers une hybridation physique-virtuelle des formats.

La destination Cannes a également travaillé aux côtés des professionnels de son territoire à réfléchir au MICE de demain dans le cadre de son projet Cannes Résilience.

Ainsi pour le moment le secteur du MICE en France se conjugue au numérique, les destinations investissent dans ce domaine comme par exemple la ville de Strasbourg où les professionnels du secteur adoptent des solutions virtuelles et hybrides. C’est actuellement la 3ème ville de Congrès nationale, donc les acteurs du secteur évènementiel cherchent des solutions alternatives pour maintenir leur activité. Aussi, dans l’objectif d’insuffler un nouvel élan au secteur MICE, la ville entame la rénovation de son Parc d’Exposition qui disposera alors de 26 000m² de surfaces d’exposition couvertes.

Paris Ile-de-France mise également sur le numérique pour faire subsister le marché du MICE, ainsi l’édition 2021 de Wine Paris & Vinexpo Paris se tiendra en distanciel à la mi-juin avant de revenir en physique l’année prochaine. Rappelons que Paris Ile-de-France c’est la destination MICE de référence en France avec 700 000m² de surface d’exposition et des retombées économiques, directes comme indirectes, s’élevant à 5,5 milliards d’euros. En 2020, ce ne sont pas moins de 202 salons et 432 congrès qui ont été annulés, digitalisés ou reportés dans la région ce qui représente une perte financière de 3,2 milliards d’euros. Malgré le maintien d’un certain nombre d’évènements en ligne, la reprise d’une activité dite normale est nécessaire à l’économie de la destination comme le souligne Didier Kling, le Président de la CCI Paris Ile-de-France :

Si depuis le 1er septembre 2020 les salons et congrès peuvent de nouveau se tenir, le gouvernement a prolongé (décret n°2020-1035 du 13 août 2020) l’interdiction des événements réunissant plus de 5000 personnes jusqu’au 30 octobre 2020. Il devient cependant urgent que les pouvoirs publics proposent aux professionnels de la filière des solutions pour permettre à ces derniers d’organiser les grandes manifestations, indispensables à l’activité économique et à l’attractivité du territoire.

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