Accéder au contenu principal

Destinations

Quelles grandes tendances se dessinent pour la saison estivale 2022 ?

Avec une reprise notable de l’activité touristique au cours des derniers mois, la saison estivale 2022 s’annonce prometteuse avec le retour en nombre de touristes issus des quatre coins du monde. Des prévisions positives étayés par les chiffres du cabinet MKG Consulting, attestant d’une bonne dynamique pour le secteur de l’hospitality. Le tourisme semble réellement retrouver ses couleurs à l’heure où le soleil fait son apparition.

Le tourisme bourgeonne au Printemps

Les touristes étaient bel et bien de retour aux vacances de Printemps ainsi que durant les week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte. Domestiques comme internationaux, tous ont renoué avec le plaisir de voyager à l’heure où les restrictions sanitaires sont progressivement levées dans le monde. Une reprise confirmée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui souligne que les voyageurs étaient en janvier déjà 2,3 fois plus nombreux qu'au même mois un an plus tôt. Il est estimé que les fréquentations atteindront des records cette année. Paris a ainsi enregistré 52 000 arrivées en avion sur le week-end de Pâques, soit sept fois plus d’arrivées qu'en 2021 pour la période de mai à juillet.

L’Hexagone dans son entièreté a réalisé de bons scores durant les vacances de Printemps selon les données partagées par ADN Tourisme. Près de la moitié des professionnels ont déclaré que la saison s’est déroulée « mieux que prévu » et 30% soulignent une fréquentation en hausse. La fréquentation française des vacances de printemps 2022 apparait supérieure à celle de 2019 tandis que la fréquentation européenne semble être au même niveau qu’il y a deux ans. Certaines destinations constatent le retour des clientèles européennes de proximité et d’autres assistent même au retour de la clientèle long courrier. Les destinations urbaines, rurales, littorales et de montagne semblent toutes satisfaites dans l’ensemble de leurs taux de fréquentation.

A l’image de la Bretagne qui renoue avec des chiffres de fréquentation similaires à ceux enregistrés avant la crise sanitaire. Selon l’analyse des données Flux Vision Tourisme issues du réseau de téléphonie mobile Orange, la fréquentation semble même avoir progressé de 10 % par rapport à son niveau de 2019 entre le 1er avril et le 1er juin 2022. Une tendance à la hausse qui s’explique notamment par la forte affluence lors du week-end de Pâques ainsi qu’au cours des différents week-ends de mai. Une fréquentation majoritairement portée par la clientèle de proximité, avec 30% de Franciliens. Toutefois les touristes étrangers sont également de retour puisque 20% de la fréquentation est issue de cette clientèle.

Les régions littorales ont été les destinations les plus plébiscitées grâce notamment à une météo ensoleillée au cours du mois de mai. La région PACA a été l’une des destinations les plus performantes, notamment grâce à la tenue du Festival de Cannes du 17 mai au 28 mai. Les destinations urbaines renouent également avec leurs performances pré-covid comme en attestent l’évolution de RevPAR ainsi que les taux de réservation en Ile-de-France. Des résultats positifs portés par la capitale qui fait à nouveau le plein de touristes étrangers mais qui a également accueilli de nombreux afficionados de sport à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions et le tournoi de Roland Garros. Sur le week-end de la Pentecôte, les données fournies par MKG Consulting soulignent que toutes les régions ont enregistré des taux de réservation dépassant les 50% à l'exception de la Bourgogne-Franche-Comté qui affiche un taux de 37% à date du 1er juin 2022. 

Les touristes français en quête d’évasion

Selon la dernière étude de Liligo, 60% des Français prévoient de partir au cours de l’été contre seulement 54% l’année dernière. La crise sanitaire semble bel et bien avoir ralenti et cette bonne nouvelle encourage les Français à prendre à nouveau le chemin des vacances. Cette accalmie rime également avec moins de restrictions pour partir à l’étranger, incitant ainsi les Français à séjourner en dehors de l’Hexagone durant la saison estivale. Ils sont ainsi 42% a déclaré vouloir partir à l’étranger, soit 19% de plus que l’été dernier. Une tendance encore plus marquée chez les jeunes générations avec 65% des 18-24 ans désirant voyager à l’international. L’été 2022 se déroulera en France pour 65% des voyageurs Français contre 74% l’an dernier.

Le tourisme domestique demeure bel et bien une tendance encore d’actualité en 2022 grâce aux Français qui ont l’habitude de passer leurs congés estivaux sur leur propre territoire ainsi qu’à ceux qui y ont pris goût depuis le début de la crise sanitaire. Selon les dernières données de MKG Consulting, l’ensemble des régions affichent des taux de réservation en hausse sur la saison estivale au regard des ceux observés l’année dernière. Une hausse particulièrement visible sur le mois de juin avec pour certains territoires des écarts de plus de 30%, attestant ainsi d’une bonne dynamique en début de saison. Le mois de septembre affiche également des taux de réservation en hausse par rapport à 2021, démontrant l’intérêt grandissant des visiteurs pour les ailes de saison pour le plus grand bonheur des professionnels du tourisme. Les destinations littorales demeurent bien en tête des intentions de voyage néanmoins les destinations plus rurales semblent gagner du terrain, conséquence de la crise sanitaire et de son impact sur les comportements des touristes.

En dépit de la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation, les voyageurs Français prévoient malgré tout un budget de 1 028 euros par personne en moyenne, soit 149 euros de plus que l’été dernier. Un constat nuancé par l’étude réalisée par l’IFOP pour Interhome France. En effet, selon celle-ci seulement 18% des Français prévoient un budget supérieur à celui de l’année dernière tandis que 56% prévoient un budget identique. Toutefois elle confirme le fait que les Français sont bel et bien plus nombreux cet été à vouloir partir en vacances, en rappelant tout de même que la pandémie continue d’avoir une incidence sur le choix de la destination (46%) mais également sur la durée des congés (23%) et le choix de l’hébergement (31%). Des pourcentages malgré tout en baisse au regard de l’été 2021. La crise aura également permis l’émergence de plus fortes préoccupations en matière d’environnement chez les voyageurs, ils sont ainsi 58% à davantage considérer ce volet lors du choix de leur séjour.

Si les Français prévoient de dépenser davantage au cours des vacances estivales 2022, ils prévoient également de partir sur des périodes plus longues qu’à l’ordinaire selon le dernier rapport publié par Marriott Bonvoy. En effet, parmi ceux prévoyant de voyager vers l’étranger en 2022, 57 % indiquent qu’ils prévoient de partir plus longtemps, dont 79 % des 18-24 ans et 68 % des 25-34 ans. Cette année, 51 % d’entre eux souhaitent partir minimum deux semaines consécutives, voire plus. Ainsi, la proportion de vacanciers réservant des séjours de plus de 8 jours a doublé par rapport à 2019. En outre, ils sont nombreux à planifier plusieurs séjours au cours de l’été 2022. En effet, 47% indiquent qu’ils partiront plus souvent que d’habitude sur la période juin-septembre cette année, ce chiffre atteignant même 66 % pour les jeunes générations. 

Avec ce grand retour des deux semaines consécutives de vacances, nous observons que les voyageurs français sont décidés à faire une vraie pause cet été. Beaucoup d’entre eux prévoient de dépenser beaucoup plus, et de partir plus longtemps qu’avant la Covid, afin de compenser deux années d’immobilisme. Enfin une bonne nouvelle pour le secteur du tourisme, qui a beaucoup souffert depuis le début de la pandémie. Cette année, nos clients donnent la priorité aux vacances sans stress, où ils seront pris en charge et pourront se détendre. 

Neal Jones, Directeur commercial et marketing de Marriott International pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique

Voyages Pirates s’intéresse également aux tendances concernant cet été et confirme l’envie des Français de voyager après deux années marquées par la pandémie. Ils sont ainsi 65% à vouloir partir en vacances à l’étranger tandis que 35% se tourneront vers des destinations françaises et le staycation. Sans surprises, les destinations littorales sont les plus plébiscitées avec la Corse qui domine les intentions, suivie de la Côte d’Azur, la Côte Basque et la Bretagne. Toutefois selon le baromètre publié par l’Agence Savoie Mont Blanc, 4 vacanciers français sur 10 ont fait le choix de partir à la montagne cet été. Une augmentation de 7 points par rapport à la même période l’an passé, confirmait l’attrait grandissant pour la destination montagne en dehors de la période hivernale.

Du côté international, le sud de l’Europe demeure très prisé par les voyageurs Français selon Voyages Pirates avec la Grèce en tête, suivie de l’Italie, de la Croatie et du Portugal. Les Etats-Unis est le seul pays hors du continent européen qui vient se glisser dans ce top cinq. En effet, le cœur des Français semble balancer entre l’Europe et l’Amérique du Nord au regard du top 10 des destinations les plus recherchées en 2022 sur Google Flights pour les dates du 1er juin au 31 août 2022. A titre de comparaison, en 2021 leurs horizons se limitaient à l’Europe du Sud ainsi qu’à l’Afrique du Nord. Comme à l’accoutumé, les pays ensoleillés sont mis à l’honneur :

  1. Lisbonne
  2.  New-York
  3. Montréal
  4.  Barcelone
  5.  Porto 
  6. Marrakech
  7. Athènes
  8. Pala de Mallorca
  9.  Denpasar – Bali
  10. Rome

Les voyageurs internationaux sur la route des vacances 

Si cette année les touristes ukrainiens et russes ne seront pas au rendez-vous en raison du conflit entre les deux pays, les touristes européens ainsi que les voyageurs américains seront de la partie et entendent bien voyager à nouveau après deux ans de restrictions. Selon le dernier Baromètre des voyages long-courriers réalisé par la Commission européenne des voyages (ETC), l'appétit pour les voyages vers l'Europe émanant de plusieurs marchés sources reste inférieur aux niveaux prépandémiques. Néanmoins, il s'est légèrement amélioré par rapport à l'année dernière.

Bien que le conflit russo-ukrainien ait créé de nouveaux défis pour le secteur touristique européen, il semble avoir eu un impact limité sur la plupart des marchés sources long-courriers, à l'exception de la Chine et de la Russie, 76% des répondants déclarant que le conflit n'a pas eu d'impact sur leurs intentions de voyage. Les résultats montrent que les inquiétudes liées au COVID-19, les coûts liés au voyage et le manque de correspondances pratiques sont les principaux facteurs dissuasifs pour les voyages long-courriers cet été.

À court terme, 60% des Russes interrogés ne prévoient pas de voyager en dehors de la Communauté des États indépendants (CEI). Parmi les 20% qui ont l'intention de voyager, mais pas en Europe, 9 % ont déclaré que la situation actuelle a eu un impact négatif sur leur intérêt à visiter l'Europe dans les mois à venir, tandis que 7 % considèrent toujours la région comme une destination attrayante et aimeraient la visiter à l'avenir. Simultanément, le conflit en cours a dissuadé 19% des voyageurs chinois à visiter l’Europe. Néanmoins, l’envie de visiter l'Europe a légèrement augmenté rapport à l'été dernier. L'attrait des villes européennes s'est notamment renforcé.

L'indice du sentiment de voyage aux États-Unis est resté stable par rapport à l'été dernier mais l’envie de visiter l'Europe s'est légèrement détériorée en raison de l’inflation et l'augmentation du coût des voyages. Les mois de juin et d'août sont susceptibles d'être les plus populaires pour les Américains qui prévoient des vacances en Europe. Cependant plus de la moitié des Américains désirant se rendre en Europe cet été n’ont pas encore réservé leurs billets d’avion, laissant présager une tendance à la hausse des réservations de dernière minute. Les Canadiens sont également hésitants quant à la date de leurs prochaines vacances en Europe, puisque seuls 30% d'entre eux ont réservé leurs billets d'avion pour l'été 2022. Si les touristes Canadiens veulent visiter la France, ils expriment également un fort intérêt pour l’Italie et le Royaume-Uni.

Les touristes brésiliens, quant à eux, se montrent bien plus enclins à voyager en Europe puisque 1 Brésilien sur 2 se prépare à visiter l'Europe au cours des quatre prochains mois. Parmi ces personnes, 45 % ont déjà réservé leurs billets d'avion. Ils privilégient des destinations côtières ainsi que des voyages à la montagne. A l’inverse, les Japonais semblent bien moins enthousiastes à l’idée de réaliser des voyages long-courriers dans les mois à venir. L’envie de visiter l'Europe est un peu plus élevée que l’année dernière, mais seulement 14% des personnes interrogées ont l'intention de faire un voyage dans la région au cours de l’été 2022. 41% des personnes interrogées ont mentionné les mauvaises correspondances entre le Japon et l’Europe comme étant la principale raison dissuasive pour visiter l'Europe. Pour ceux qui sont prêts à faire des voyages plus longs pour atteindre l'Europe, l'Italie, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni restent les destinations les plus attrayantes.

Tout comme les touristes français, les voyageurs internationaux sont prêts à débourser davantage cet été afin de s’offrir des séjours uniques et hors des sentiers battus selon les observations d’Evaneos. Un souhait qui vient avec un certain coût, le panier moyen passant ainsi de 4 987 euros en 2021 à 7 144 euros pour l’été 2022. La hausse de ce budget s’explique notamment par un changement significatif de clientèle. En effet, en 2021 la majorité des réservations étaient effectuées par des couples de plus de 50 ans alors que cette année ce sont les groupes d’amis et familles avec de jeunes enfants qui sont majoritaires. Côté destination, la Grèce, l’Italie et les Etats-Unis sont en tête des demandes de réservation.

Selon les derniers chiffres partagés par Weekendesk, le nombre de réservations sur la période estivale à venir aurait dépassé celui enregistré en 2019. En effet, son niveau de ventes dépasse déjà de 25% les chiffres de 2019. Le mois de juillet est celui qui enregistre la plus forte augmentation des réservations, avec 59%, suivi du mois d'août avec 41%, et cette tendance devrait se poursuivre à l'approche de l'été avec l’essor des réservations de dernière minute. Le prix moyen a augmenté en concordance avec l’augmentation de la durée de séjour, cette dernière ayant augmenté de 25%. Par ailleurs les voyageurs ne se contentent plus de réserver des formules de demi-pension, mais recherchent des forfaits plus complets qui incluent des activités de de loisir et de bien-être.

 

Des perspectives plus qu’encourageantes qui attestent bien de la reprise effective du tourisme dans le monde entier. Peter Kern, le PDG d’Expedia Group déclare par ailleurs que l’été 2022 sera « la saison de voyage la plus animée de tous les temps » et que 2023 sera l'année où nous cesserons de prédire une reprise des voyages et commencerons réellement à en profiter. Des propos notamment étayés par les chiffres partagés par l’OMT qui annonce la reprise progressive de l’activité tout au long de cette année, et ce malgré un contexte géopolitique et économique compliqué. Le World Travel & Tourism Council partage ce constat et annonce d’ores et déjà que l’économie découlant de l’activité touristique en France pourrait même dépasser les niveaux prépandémiques l'année prochaine. En outre, d'ici la fin de l'année, la contribution du secteur au PIB devrait augmenter de 24,3 % pour atteindre plus de 200 milliards d'euros, soit 7,8 % du PIB économique total.

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés.

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?