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Analyses

Présidentielles, stop ou encore ?

La question pour de nombreux professionnels du tourisme dont nous relayons ici les prises de position est bien celle-ci. Continuer un partenariat avec le président de la République actuel qui a pu montrer son soutien et son engagement pour le secteur, ou plonger dans l’inconnu avec un programme qui, de fait, remettra en cause le marché unique européen et fera rétrograder la France vers un avenir international incertain ?

Loin de donner un blanc-seing au candidat sortant, les professionnels qui se sont exprimés plaident pour une continuité dans la sphère européenne et le maintient de l’influence internationale de la France.

Jean-Virgile Crance, récemment réélu président du GNC, prend la parole dans une tribune relayée dans Ouest France en tant que Référent Manufacture Xavier Bertrand et élu de Saint Malo.

« Le tourisme, c’est aussi une industrie majeure pour la France : 8% du PIB et 2 millions de salariés et d’entrepreneurs qui contribuent massivement à l’aménagement de nos territoires, au développement économique et à l’emploi.

Ce secteur crucial, parfois insuffisamment considéré, a été l’un des plus durement touchés par la crise sanitaire. Nos entreprises ont été menacées, les hommes et les femmes qui s’y engagent profondément affectés. Dans cette période de tourmente inédite, le Gouvernement a pris ses responsabilités en se tenant à nos côtés pour préserver nos emplois, nos compétences et éviter les faillites.

Mais de grands défis nous attendent encore. Pour la France bien sûr, dans un environnement international plus que jamais incertain. Pour notre secteur aussi, qui doit accélérer ses transitions écologiques et digitales, améliorer son attractivité et investir dans sa montée en qualité face à une concurrence des destinations étrangères renforcée. Les Jeux Olympiques 2024 tout comme notre Route du Rhum en novembre 2022 enverront un signal universel.

Dans ce contexte, l’engagement de l’État en matière touristique doit se poursuivre pour permettre à notre filière qui doit être considérée comme une véritable industrie, de se transformer et d’atteindre son plein potentiel de développement. Main dans la main avec les acteurs, l’État doit porter une vision claire, ambitieuse et mettre en oeuvre une véritable politique du tourisme avec un ministère fort afin de permettre à notre secteur de contribuer à poursuivre le développement économique de notre pays. »

Il introduit son propos en partageant son analyse des enjeux du moment :

« Mon bulletin de vote est pour Emmanuel Macron car aujourd’hui, il nous revient de choisir sans équivoque entre deux projets pour la France :

1. Un programme socio-économique qui nous placerait à la marge de l’Union européenne sans équipe expérimentée et fracturant encore plus notre pays…

2. Celui de notre Président de la République dont nous connaissons l’engagement, les compétences et la capacité à bien s’entourer ! L'enjeu de cette élection présidentielle est majeur pour notre pays et l'avenir de nos enfants ! »

Et appelle à une plus grande implication des élus locaux :

« Un projet pour lequel il faut associer tous nos territoires reposant sur l’autorité, la justice sociale et notre souveraineté. L’Etat ne continuera pas à se réformer sans son peuple et l’implication essentielle de ses élus locaux !

Nous devons redonner à nos échelons locaux et régionaux toute l’autonomie et les budgets nécessaires pour s’adapter et coller au mieux à chaque territoire. »

Les Entreprises du Voyage et le CETO par le biais de leurs présidents et de leurs vice-présidents ont également pris position pour maintenir le partenariat avec Emmanuel Macron soulignant

« Pendant deux ans de crise sanitaire nos entreprises ont été secouées, nos collaborateurs profondément affectés. Dans cette période de tourmente inédite, le gouvernement a répondu présent et s’est tenu à nos côtés pour préserver nos emplois, nos compétences et éviter les faillites.

Nous lui en sommes reconnaissants. Cependant la reconnaissance n’implique pas l’allégeance.

De grands défis attendent la France dans un environnement international incertain. Notre secteur doit répondre à des enjeux de transition écologique de migration s et d’attractivité.

Nous attendons un renforcement des engagements de l’Etat en matière touristique afin de permettre à notre industrie d’atteindre son plein potentiel de développement. L’Etat doit donc porter une vision ambitieuse et mettre en œuvre une véritable politique du tourisme.

Le voyage est indispensable à l’insatiable curiosité humaine, au désir de connaître, d’apprendre et de partager. Il exige l’acceptation des différences. Il diffuse notre identité et nos valeurs. Il est vecteur de paix.

Dimanche prochain, les Français vont choisir non seulement entre deux programmes, mais aussi entre deux conceptions de la vie en société.

Non seulement, nous refusons, sur le plan économique, le risque de promesses démagogiques mal financées.

Non seulement nous souhaitons une France forte dans une Europe forte et non une France projetée dans l’aventure de l’isolement. 

Mais essentiellement, et au-delà de nos divergences politiques, nous ne pouvons pas accepter l’idée d’une France repliée sur elle-même, intolérante et xénophobe, l’idée d’une France de l’exclusion et du rejet. »

Plusieurs voix s’élèvent pour marquer leur surprise face au manque d’engagement de certains acteurs. Dominique Gobert souligne ainsi :

« En clair, comment peut-on choisir la neutralité face à un danger imminent ?

Pourtant, cette « tribune » était initiée d’une manière commune. Avec Roland Héguy, mon Basque tonitruant, président de l’UMIH (à ne pas confondre avec mon Basque bondissant) avec l’ensemble des acteurs. Même l’IFT, présidée par Georges Rudas, avait été sollicitée… et accepté.

Mon pauvre Héguy, que j’ai interrogé, était bien penaud hier, m’avouant que dès le lendemain, ceux qui avaient largement accepté de prendre parti, s’étaient dégonflés comme de vieilles baudruches. Les représentants des campings, des gites et autres membres de la CAT, craignant pour leurs positions, se sont purement et simplement retirés du problème. Courage, fuyons !

Pour certains de ces « présidents », on peut le comprendre : nombreux sont les adhérents qui ont des tendances « étrangement droitistes à l’extrême ». Ils ont craint de se faire virer…

En revanche, je suis particulièrement étonné par la prise de position, émanant de l’IFT. Une missive, curieusement envoyée par son secrétaire général, Jean-Luc Michaud… mais signée par le président Rudas. Un peu comme si Valérie Boned, secrétaire générale des EdV, avait envoyé une prise de position de la part de Jean-Pierre Mas ! »

Brice Duthion rebondit sur cette prise de parole et enfonce le clou :

« Petit témoignage personnel : j'ai été membre fondateur de l'IFT, ai accompagné son développement pendant plusieurs années en l'accueillant au Cnam et en animant, entre autre, son comité scientifique et professionnel, les projets de pôle d'excellence dans les grandes régions touristiques (Paris, Fontainebleau, Grenoble, Côte d'Azur), les projets d'ingénierie pédagogique ou la collection d'ouvrages dédiée "aux compétences et aux métiers du tourisme". En ai démissionné en 2012 suite à un désaccord stratégique de fond.  
Depuis, l'IFT est devenu une coquille vide. Et une chambre d'activité pour deux retraités aux pratiques singulières, en mal de légitimité et de représentation.
Il est troublant de constater l'IFT puisse intervenir depuis une décennie dans l'ensemble des corps constitués (CAT, comité de filière, etc.) et fasse encore illusion.
Il est temps que le monde du tourisme institutionnel fasse sa révolution ! »

Si Marine le Pen ne bénéficie pas de soutiens officiels parmi les professionnels du tourisme, elle a développé un programme qui fait la part belle au tourisme s’appuyant sur des travaux réalisés par le cabinet Protourisme pour les députés européens Rassemblement National Julie Lechanteux et Philippe Olivier et qui s’est concrétisé par un Plan stratégique pour le tourisme présenté en novembre dernier.

Capture d’écran du compte Twitter Protourisme réalisée le 21/04/22
Capture d’écran du compte Twitter Protourisme réalisée le 21/04/22

Une profession de foi qui ne suffit pas à convaincre les professionnels comme ils l’ont indiqué dans leurs prises de position publiques. Rendez-vous le 24 avril au soir pour le dénouement de cette bataille présidentielle qui sera suivie par celle des législatives.

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