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Analyses

[Update] Vacances de fin d’année : vers un miracle de Noël ?

Les destinations se parent de leurs plus belles illuminations et accueillent les traditionnels marchés de Noël, signifiant l’arrivée à grand pas des vacances de fin d’année. Une période de l’année fortement attendue, par les touristes comme par les professionnels du tourisme. Mais à l’heure où l’inflation ne cesse d’augmenter et que les tensions géopolitiques sont exacerbées, la magie de Noël sera-t ’elle au rendez-vous pour les acteurs du tourisme ? Des premiers éléments de réponses étayés par les données de MKG Consulting.

Des prévisions plus ou moins optimistes

Fin novembre, Atout France publiait son bilan des Vacances de la Toussaint accompagné de ses premières prévisions pour les vacances de Noël à venir. Des prévisions prometteuses selon l’organisme qui note une progression notable entre les deux vagues d’interrogation, soit du 7 au 10 octobre et du 3 au 4 novembre, avec des taux passant de 33% à 55%. Ainsi, 55% des Français ont l’intention de réaliser un voyage au cours de cette période hivernale.

Un optimisme partagé par la ministre déléguée au Tourisme Olivia Grégoire qui reprend les données publiées par Atout France lors de ses diverses interventions. Il faut toutefois garder en tête le fait que parmi ces 55%, un grand nombre concerne des déplacements familiaux en vue de célébrer le réveillon. En outre, ce pourcentage concerne également à hauteur de 26% les Français se rendant à la montagne durant la fin d’année.

Une autre étude menée par Opinion Way annonce un taux de départ bien moindre. En effet, ils ne sont que 22% des répondants à déclarer partir en vacances pendant les prochains congés scolaires de Noël, soit 2% de moins qu’en 2019. Sans grande surprise, le principal frein pour partir en vacances durant cette période étant le coût. Dans un contexte inflationniste où le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de diminuer, beaucoup renoncent à partir pour investir cet argent dans dépenses qu’ils jugent nécessaires.

Un frein économique qui touche également à la pratique du ski car selon la dernière enquête de TripandCo, 63% des Français estiment ne pas avoir les moyens de s’offrir ce type de vacances et 5% ne peuvent pas le faire prochainement. Ils sont pourtant près de 80% à rêver de passer des vacances à la montagne durant cette période de l’année. Un tarif jugé trop élevé quant à la pratique du ski en elle-même pour 81% mais également pour tous les autres coûts liés au voyage comme l’hébergement, l’habillement et la vie sur place pour 56% d’entre eux.

Un contexte économique qui entraînera des conséquences également selon la dernière étude de VVF. En effet, la hausse du prix des carburants pèse ainsi sur le budget vacances de près d’un Français sur 2. Deux tiers des vacanciers devront faire des économies plus drastiques pour pouvoir partir. Les skieurs, de leur côté, craignent des augmentations de forfaits et privilégient davantage les stations plus abordables.

La baisse du pouvoir d’achat pourrait ainsi amener 42% des répondants à renoncer à leurs vacances cet hiver, indique l’étude. 21% de ceux qui prévoient de partir déclarent néanmoins que rien ne les ferait renoncer à leurs vacances. Pour 1 Français sur 2, le budget sera identique à l’an dernier. En revanche, 39% le revoient à la baisse contre seulement 11% qui vont l’augmenter pour conserver des prestations identiques ou supérieures à l’hiver 2021. 71% de ceux qui partiront pour ces vacances de fin d’année déclarent qu’ils devront faire des économies.

L’inflation se fait également ressentir chez nos voisins espagnols et cette hausse de prix, couplée à une baisse du pouvoir d’achat, poussent les Espagnols à écourter leurs vacances de Noël d’après une enquête menée par Appinio. En raison de la situation économique, 42% des Espagnols ont dû annuler leurs voyages de Noël tandis que 38% ont dû reporter leurs projets de vacances de Noël. En outre, 60% d'entre eux ont dû reconsidérer l'opportunité de voyager plus près de chez eux pour économiser de l'argent.

Certains acteurs de l’industrie s’estiment également moins confiant quant aux vacances de Noël à venir, à l’instar de Lidl Voyages qui accuse un retard considérable dans la vente de séjours en montagne pour cette période. En effet, le groupe enregistre une baisse de l’ordre 63% des ventes de séjours à la montagne pour les départs du 17 décembre 2022 au 2 janvier 2023.

Des taux de réservation encore timides

 

Alors que les vacances de Noël approchent à grand pas, les taux de réservation des hôtels français par régions peinent à dépasser la barre des 30% dans l’ensemble. Les quelques régions affichant un taux supérieur à 40% sur l’ensemble des deux semaines sont majoritairement celles étant pourvues de domaines skiables, à savoir l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est. Seule exception à la règle, la région Ile-de-France qui domine le classement avec un taux s’élevant à 50,6%.

Hormis ces trois régions, le reste de l’Hexagone affiche des taux de réservation compris entre 20,5% et 29,1%. Cette nouvelle saison hivernale va-t-elle encore bénéficier des réservations de dernière minute comme ce fut le cas pour les autres périodes congés de ces dernières années ou le contexte actuel aura-t ’il finalement des conséquences plus importantes que prévues sur l’industrie touristique française ?

Si l’on se concentre toutefois sur le taux de réservation journalier toutes régions confondues, ce dernier semble augmenter une fois le réveillon et le jour de Noël passés. L’explication du taux de réservation journalier oscillant « seulement » entre 32,3% et 41,0% avant ces dates pourrait résider dans le fait que les personnes entament leurs séjours une fois les réunions de familles passées. Car passé le 25 décembre, le taux de réservation journalier global monté jusqu’à 45,1% et demeurent au-delà de la barre des 40% durant plusieurs jours d’affilé.

Au regard de l’ensemble des données, l’Ouest de la France semble accuser un retard des réservations plus important. Une tendance qui peut être imputé au fait que la quasi-totalité des domaines skiables français se situent dans l’Est, notamment dans les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, expliquant de ce fait les données plus élevées pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Quant au Grand Est, la région bénéficie de l’attrait de ces nombreux marchés de Noël qui attirent chaque année des milliers de visiteurs domestiques comme internationaux, notamment celui de Strasbourg.

Néanmoins ce phénomène ne semblerait toucher que le secteur de l’hôtellerie puisque les premières données partagées par le réseau Gîtes de France semble plus optimistes. En effet, le taux de réservation entre el 15 et 31 décembre atteint 53%, soit une évolution de 21 points par rapport à 2021 et de 26 points par rapport à 2020. L’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est sont à nouveau les destinations les plus plébiscitées avec des taux d'occupation pouvant dépasser les 90%.

En outre, maeva.com annonce la fin du "diktat du samedi au samedi" pour ces vacances puisque 50% des réservations sont en arrivée décalée pour la semaine du nouvel an à la montagne. Ils sont même 35% à privilégier une arrivée le dimanche 25 décembre ou lundi 26 décembre. Une tendance rendue possible notamment grâce à la rentrée des classés décalée au mardi 3 janvier. 

Enfin, la tendance des réservations de dernière minute se confirme à nouveau puisque maeva.com a enregistré la semaine passée une hausse de 198% des demandes à la montagne, comparé à la même période l'année dernière. Plus d'un tiers de la demande concerne les arrivées du lundi 26 décembre. 

Vers un essoufflement du tourisme domestique ?

A présent que la pandémie semble ralentir dans la grande majorité des destinations à travers le monde, le tourisme international reprend de plus belle. Un phénomène observé tout au long de cette année qui semble se poursuivre pour les vacances à venir, marquant ainsi un ralentissement dans la tendance du tourisme de proximité. Si de nombreux Français demeurent dans leurs pays de résidence pour Noël, un certain pourcentage envisage de traverser les frontières pour passer des fêtes de fin d’année dans un tout autre décor.

Selon les chiffres fournis par Atout France, parmi les Français désireux de voyager dans les prochains semaines, 22% pensent prendre leurs vacances à l’étranger dont 10% dans un pays hors Europe. Une envie d’évasion confirmée par lastminute.com qui observe une baisse significative des réservations en France à hauteur de 49% par rapport à 2019.

Le soleil semble ainsi faire de l’œil à de nombreux touristes français, en effet, les destinations « plage et soleil » ont cette année vue leurs réservations augmentées de 9% par rapport à 2019. Le Maroc, les Canaries, la Tunisie et autres destinations « moyens courriers » ont ainsi augmenté de 33%.lastminute.com observe également un retour en force des destinations « longs courriers » telles que la République Dominicaine, l’île Maurice, ou encore les Maldives.

Airbnb confirme bel et bien le besoin de voyager en dehors de la France après plus de deux ans marqués par de nombreuses restrictions de déplacement. En tête du top 10 des destinations tendances internationales pour cet hiver se placent Rome, Bangkok, Valence, Londres et Dublin. La tendance des city-break semble ainsi perdurer tout comme les voyages intra-européens.

Les Français ne désertent pas pour autant leur pays comme en atteste les réservations dans les territoires montagnards de l’Hexagone sur la plateforme. Un classement relativement hétérogène en termes de destinations avec autant de régions de l’Est que du Sud de la France. Toutefois l’Auvergne-Rhône-Alpes prédomine encore et toujours en raison du nombre de domaines skiables qu’elle abrite.

Le classement des destinations françaises populaires de Booking met quant à lui plutôt en avant des grandes villes telles que Paris, Strasbourg, Lyon, Nice ou encore Colmar. Des destinations pour la plupart réputées pour leurs ambiance festive à l’approche des fêtes de fin d’année plongeant ainsi les visiteurs dans l’esprit de Noël qu’ils recherchent tant durant ces quelques semaines.

Quant à la tendance des destinations lointaines pour passer les fêtes de fin d’année, elle semble porter par un phénomène émergeant qui consiste à voyager seul plutôt que de passer Noël en famille. En effet, le comparateur de vols et d'hôtels Kayak annonce une hausse de près de 20% de la demande pour des voyages en solitaire par rapport à 2021 et notamment une augmentation de recherches de vols par de possibles voyageurs seuls de 275% sur la période de Noël et du Nouvel An 2022-2023 par rapport à 2019. Tokyo s'impose comme la destination la plus prisée des voyageurs solos, suivie par Sydney, Bangkok, Madagascar et Séoul.

Vers des difficultés pour se déplacer durant la période de Noël et du Nouvel An ?

Qui dit voyages dit transports pour se rendre sur son lieu de séjour et le train semble être l’option la plus plébiscitée par les Français pour les vacances de Noël. Au début du mois d’octobre, la SNCF annonçait avoir déjà vendu 1,3 million de billets sur les 9 millions de billets mis en vente pour cette période, soit une hausse de 30% par rapport à l’année dernière.

Parmi les premières tendances visibles : Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Marseille et Strasbourg se placent en tête des villes les plus prisées pour le moment pour célébrer ces vacances.

L’opérateur ferroviaire français a par ailleurs enrichi l’offre TGV INOUI de 40 000 places, du vendredi 25 novembre au vendredi 23 décembre, soit 15% de plus qu’en 2021, afin d’accompagner l’augmentation de la demande de billets pour la période des marchés de Noël de Strasbourg.

Toutefois un vaste mouvement de grève au sein de la SNCF pourrait venir perturber les plans des vacanciers français durant les fêtes. En effet, les contrôleurs ont déposé des préavis de grève pour les week-ends de Noël et du Jour de l’an tandis que la CGT, SUD-Rail et CFDT appellent à une « grève unitaire ». Des négociations seraient en cours mais il est fort à parier que le trafic des trains sera fortement perturbée au cours de cette période pourtant charnière sur le plan économique pour la société.

Le secteur aérien risque également d’être touché par des mouvements de grève à l’approche des fêtes de fin d’année. Ainsi, chez Air France syndicats de personnels navigants de cabine ont prévu de se mobiliser du 22 décembre au 2 janvier sur fond de conflit social autour de leur accord collectif. Les hôtesses et stewards de la filiale française d’easyJet ont également menacé de déclencher un mouvement social au moment des fêtes.

En outre-mer également des grèves pointent le bout de leur nez avec les pilotes d’Air Guyane et Air Antilles qui ont récemment annoncé avoir déposé un préavis de grève du 17 au 22 décembre, pour réclamer « des conditions de travail justes et loyales ». Même son de cloche chez Qantas en Australie.

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