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Opérations

[Table ronde] Le tourisme durable : du discours à la réalité

MKG Consulting animait une table ronde lors d’une session Big organisée par Bpifrance afin d’échanger sur la manière de trouver l’équilibre pour rendre attractif son territoire sans le dénaturer, du besoin de développement économique et de la préservation des écosystèmes. Adrien Lanotte, analyste senior chez MKG Consulting, invite Sophie Lacour, directrice générale d’Advanced Tourism, Emilie Riess, directrice RSE du Groupe Pierre & Vacances – Center Parcs (PVCP), et Paul Bouzol, fondateur et PDG d’Affluences App, à parler de leur vision du tourisme durable.

Adrien Lanotte de MKG Consulting débute la table ronde en évoquant le sujet des transports. De nombreux clients aujourd’hui estiment que le bilan carbone de leur trajet fait partie du bilan carbone complet de leur séjour. Quelles actions peuvent mettre en place les acteurs du tourisme pour améliorer les moyens d’accès et de déplacement sur leur territoire ? Plusieurs solutions existent d’ores et déjà, telles que les navettes électriques, mais d’autres solutions moins communes sont aussi envisageables, telles que les déplacements fluviaux ou même à cheval. Repenser les installations déjà en place, ex. les canaux, pour faire d’un aménagement, qui sert uniquement d’expérience touristique, un moyen de se déplacer sur le territoire. Quant aux déplacements entre le domicile et le lieu de séjour, PVCP travaille sur une proposition qui permettrait aux clients de ne pas être « 100 % voiture » pendant leur séjour. Partenariats trains, location de voitures ou vélos électriques, l’enjeu est de montrer l’importance de réduire son bilan carbone sans limiter le client dans sa mobilité.

La gestion des flux, notamment en périodes de forte affluence, a un fort impact sur le bilan carbone d’un site, mais aussi sur l’expérience client. Paul Bouzol cite l’importance de donner aux visiteurs des informations sur l’affluence d’une manière très accessible. Au-delà de l’impact sur la qualité de l’offre d’hébergement ou de restauration, une période de fréquentation trop élevée peut avoir des impacts néfastes sur le site lui-même. Les intervenants prennent en exemple le château de Versailles, la grotte de Lascaux ou les Calanques – des sites historiques ou naturels qui peuvent souffrir d’une période de haute fréquentation entraînant des dégâts physiques. L’étalement des périodes de visite (favorisé par la montée du télétravail et des workcations/staycations), la valorisation d’autres sites ou bien les post-visites virtuelles modulables pourraient répondre à cet enjeu. Sur le plan carbone, ces actions évitent des déplacements inutiles, dans le cas où le site est complet et l’accès n’est plus possible par exemple.

« Essayer de travailler en coopération avec nos écosystèmes »

Adrien Lanotte souligne l’importance de préserver les sites fragiles, mais aussi la planète. Comme l’ont fait remarquer les intervenants, les conséquences du dérèglement climatique sont déjà présentes. Emilie Riess partage l’ambition de PVCP de réduire de 50 % la consommation de son bâti, de 27 % celle du reste de son premier scope et aussi d’engager ses fournisseurs. En outre, elle cite les coûts de maintenance encore plus élevés qu’auparavant dus aux intempéries, comme les inondations ou les chutes de grêle, et l’importance de cartographier les sites à risque. Le groupe adapte donc son offre : ex. le tourisme deux saisons en montagne vs quatre saisons.

Trouver un accord entre tous les acteurs du tourisme, que ce soit offices de tourisme, comités régionaux, fournisseurs, sites, destinations, etc., n’est jamais facile. Pour chaque projet, les mêmes questions se posent toujours : Qui paie ? Qui en profite ? Qui le met en place ? Qui initie ? Il est primordial de travailler de manière collective pour pouvoir développer le tourisme durable et faire face aux enjeux climatiques. Le panel évoque certains leviers : avoir un objectif commun ou la mise en place d’une réglementation ou un cadre légal. Sophie Lacour soulève le fait que pour les visiteurs, il n'y a pas de différentiation administrative entre les divers sites et destinations que l’on peut fréquenter à travers la France. Pour assurer la meilleure expérience client, il faut mettre tous les acteurs autour d’une table et répondre aux différents enjeux, non pas avec une pensée purement locale, mais plutôt globale. C’est l’intérêt de tout le monde que tout fonctionne de façon fluide, estime-t-elle.

Comment économiser ?

La question de l’énergie préoccupe tous les acteurs du secteur. Les trois intervenants donnent des exemples d’actions possibles pour réduire ses coûts liés à la consommation énergétique. Mener une étude sur les moments de haute fréquentation d’un aménagement, ex. une piscine, afin de viser de manière très précise les moments où l’on peut baisser sa consommation, voire la fermer, ou bien impliquer les clients dans la génération d’énergie verte de façon ludique avec des solutions innovantes comme la mise en place de l’énergie cinétique dans les logements. Quant à PVCP, le groupe est signataire de la charte gouvernementale dans le secteur du tourisme et s’engage à baisser sa consommation de 10 % sur 2 ans. Afin de s’inscrire dans une logique de sobriété énergétique, il implémente différents dispositifs comme l’installation de capteurs sur les radiateurs qui prennent contact avec les clients et les incitent à réduire sa consommation en baissant le chauffage ou en fermant les vitres de son logement. D’après Paul Bouzol, l’enjeu est d’obtenir le meilleur ratio sacrifice/bénéfice.

Finalement, Adrien Lanotte questionne les intervenants sur les moyens d’embarquer les clients business dans une démarche de tourisme durable. Ce groupe constitue plus de 50 % des nuitées, et pour lui, les actions RSE et écologiques entreprises par un acteur du tourisme impactent lourdement sur sa prise de décision, que ce soit pour le lieu d’accueil d’un séminaire ou le logement choisi pour un déplacement professionnel. Cette typologie de client est très présente sur les sites PVCP, et le groupe met en place des offres liées à la mobilité verte ex. bus électriques, à la restauration ex. réduction systématiquement de la viande ou encore aux activités en lien avec le territoire. Il inclut également un bilan carbone de l’événement dans le package qu’il propose aux clients MICE, précise Emilie Riess.

Cet article est un compte-rendu de la table ronde. Trouvez l'intégralité de l'échange entre Adrien Lanotte, Sophie Lacour, Emilie Riess et Paul Bouzol via ce lien.

La mutation sociologique du temps de vacances, même de la pensée du mot « vacances », comment on prend ses vacances fait partie aussi de cette mutation pour répondre à cette problématique du développement durable.

Sophie Lacour, directrice générale d’Advanced Tourism

Nous avons cette ambition que nos clients rayonnent sur le territoire. Nous voulons vraiment agir pour un tourisme à impact positif, donc c’est celui qui profite aux territoires.

Emilie Riess, directrice RSE du Groupe Pierre & Vacances – Center Parcs

Ce qui est intéressant, c’est le changement de posture de « on essaie de faire les mêmes choses, en essayant d’économiser » à « maintenant, il faut économiser, donc on est prêt à faire des sacrifices ».

Paul Bouzol, fondateur et PDG d’Affluences App

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