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Analyses

Pâques 2022 : L’heure de la reprise a sonné pour les hôteliers français

A la fois couvert par les vacances scolaires des zones A & B, le week-end de Pâques a signé des résultats plus qu’encourageants pour les hôteliers français annonçant ainsi le début d’une belle saison estivale. Avec un RevPAR supérieur de 18% par rapport à la même période avant la crise au niveau national, les hôteliers peuvent se réjouir du début de la saison touristique.

Malgré une certaine souplesse accordée aux français l’an passé lors du week-end pascal, rappelons que le pays était encore contraint à de fortes restrictions au printemps 2021 pesant ainsi sur les performances hôtelières. Ce temps-là semble toutefois être révolu. En effet, le taux d’occupation global a quasiment retrouvé un niveau équivalent (76,5%) à l'avant-crise, à seulement -2,3 points de son niveau de 2019. Paris connaît une situation encore meilleure avec un taux d'occupation de 91,7% soit un niveau même supérieur de +3,7 points à l’année 2019. Cette forte fréquentation vient confirmer l’avance que la capitale avait prise en termes de réservations pour les vacances de Pâques.

Mais c’est avant tout le prix moyen qui a explosé avec une hausse de +21,5% au niveau national. La tendance est particulièrement marquée à Paris, où le RevPar signe une hausse de +34,8% grâce à un prix moyen ayant augmenté de 29,4%. Si la province connaît une évolution de RevPar nettement plus faible (+9,6%), celle-ci s’explique par une hausse des prix plus modérée (+15,6%). Si la hausse des prix est très importante, notons que 3 années d’inflation sont passées et que la hausse sur le week-end pascal reste à relativiser, car si de manière générale les prix sont en hausse depuis plusieurs semaines pendant les week-ends, ils restent en revanche assez inférieurs à l'avant-COVID en jours de semaine (lundi-jeudi).

 

Par ailleurs, si la croissance nationale s’explique par une hausse des prix, elle s'explique également par le retour de la clientèle étrangère et luxe. L’effet de compensation qu’enregistre la ville de Paris, après des mois sombres, s’explique notamment par le retour des clientèles long-courrier, clientèles traditionnelles du luxe. Cet élément se traduit par des résultats plus que satisfaisants pour les hôtels 5 étoiles avec un taux d'occupation enfin supérieur aux résultats d’avant-crise (+3,6 pts) et des prix moyens en augmentation considérable (30,2%), entrainant ainsi une progression remarquable du RevPAR (+35,8%).

Si la hausse est moins marquée sur les segments milieu de gamme, celle-ci s’élève tout de même à 25% pour les établissements 4 étoiles et +17,6% pour les hôtels 3 étoiles entrainant des hausses de RevPAR comprises entre 12 et 25%. A l’inverse, les établissements d’entrée de gamme signent des évolutions de RevPAR négatives (-1,1%) en raison d’une hausse plus modeste de leur prix moyen.

Si les régions sont inégalement impactées, ce sont l’Ile-de-France et la région PACA, les deux poids lourds nationaux qui tirent la moyenne vers le haut.

Le retour des clientèles internationales entraine un rebond des performances des traditionnelles destinations Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d-Azur qui aont longtemps été boudées des touristes étrangers en raison notamment de la fermeture des frontières et autres restrictions liées à la crise sanitaire. Ainsi, l’Ile-de-France enregistre en ce weekend pascal une croissance de +27,5% de son RevPAR et la région Sud +20,9%. Si la fréquentation dépasse (+0,8% en Ile-de-France) ou atteint pratiquement (-0,7% en région Sud) les résultats d’avant-crise, le rebond d’activité s’explique avant tout par une explosion des prix relativement à 2019 avec respectivement +26,2% et +22,1%, là encore tirée par la dynamique des hôtels haut de gamme & luxe.

La plupart des régions signent de solides hausses, mais quelques exceptions existent : le RevPAR des régions Corse, Bretagne et Bourgogne Franche Comté, et dans une moindre mesure Normandie, diminue. Cette baisse s’explique sur l’ensemble de ces régions par un taux d’occupation qui ne parvient toujours pas à retrouver ses résultats de 2019 malgré des prix moyens qui ont augmenté au cours de ce week-end - dans des proportions toutefois globalement moins importantes que sur d’autres régions. A noter que ces régions avaient déjà bénéficié des premières vagues de départs « Loisirs » de franciliens dès mai/juin et au second semestre 2021.

 

Et du côté du littoral, qui a le vent en poupe auprès de la clientèle loisirs, certaines zones côtières signent de meilleurs résultats que d’autres : les RevPAR de la côte Atlantique et du littoral méditerranéen, en augmentation de respectivement +13,6% et +22,5% ont retrouvé des niveaux de fréquentation quasiment équivalents à ceux de 2019 qui s’expliquent par le départ massif de français en weekend conjointement à une hausse notable de leur PM (+16,2% à +21,5%).

Sur le littoral Breton à l’inverse, la hausse du PM de 8,1% n’a pas absorbé la baisse de fréquentation qui s’établit toujours à 14,5% et qui s’est ainsi traduite par une baisse de 9,1% du RevPAR. La Manche en revanche a maintenu son RevPAR en compensant sa baisse de TO par une hausse équivalente du PM (entre 8 et 9%).

La clientèle de ce week-end de Pâques a donc été portée par une clientèle Loisirs aux envies d’évasion, tirant ainsi vers le haut les performances du premier semestre 2022. Le reste des vacances suivra-t-il la même tendance ?

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