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L’émergence des fonds souverains

Alors que la crise financière continue d’agiter les marchés financiers, les fonds souverains sont considérés par certains observateurs comme de possibles chevaliers blancs de l’économie mondiale. “Je n’exclus pas de voir ces grands fonds remettre des fonds propres dans le système bancaire international qui en a grandement besoin”, prédisait fin novembre André Martinez, directeur général Hôtellerie de Morgan Stanley Real Estate.

Juste pressentiment puisqu’il y a peu l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) a injecté 5 milliards d’euros dans Citigroup, la première banque mondiale et une des plus affectées par la crise des “subprimes”. Le plus grand fonds souverain du monde dispose à lui seul d’une certaine aisance financière avec des actifs estimés entre 450 et 600 milliards d’euros. Avec la multiplication par cinq du prix du baril, les caisses des Etats pétroliers sont pleines et leurs réserves en devises en surabondance. Les pays exportateurs – Etats du Moyen-Orient, Norvège - ont depuis longtemps cherché à faire fructifier leur or noir à travers des structures spécialisées d’investissement. Depuis 2000, plusieurs autres pays ont suivi cet exemple : l’Australie, la Corée du Sud, la Russie... et la Chine ! L’achat de bons du Trésor américain et autres réserves en dollars pour maintenir le cours du yuan offre à l’Etat chinois des moyens plus que conséquents, proche des 1 000 milliards d’euros. Dès lors, l’Empire du Milieu a créé son propre fonds d’investissement en s’inspirant du Temasek singapourien : la China Investment Corp, un géant au capital de 140 milliards de dollars. Juste avant l’été, la Chine a donné une preuve éclatante de sa force de frappe en prenant une participation de 10% au capital du groupe Blackstone pour 2 milliards d’euros.Si la Chine détient, par ricochet, une part du groupe Hilton, les grandes manoeuvres des fonds souverains se portent pour l’instant vers d’autres secteurs avec, comme récents exemples, l’investissement de Dubai Capital dans Sony ou des fonds chinois et singapouriens dans la banque Barclays. Cependant, les résultats probants des leaders de l’hôtellerie pourraient les séduire avec trois arguments forts : le prestige et la croissance de l’hôtellerie de luxe ; la stabilité et la résistance aux crises de l’hôtellerie économique ; le besoin de développement hôtelier sur tout le continent asiatique. Avec une stratégie plus long terme que la plupart des investisseurs, l’hôtellerie pourrait tirer de nombreux bénéfices de la participation de ces fonds souverains.L’essor des fonds souverains promet d’en faire rapidement des acteurs incontournables. La puissance financière globale de ces fonds est estimée aujourd’hui à 2 500 milliards de dollars, soit pas loin du double du total des hedge funds, ces fonds opportunistes qui déstabilisent les bourses mondiales. Alors que certains pays comme l’Inde ou le Japon réfléchissent à la mise en place de ce type de véhicule, le poids des “sovereign wealth funds”, SWF pourrait atteindre les 12 000 milliards dans une dizaine d’années. Si l’idée originelle de ces fonds étatiques était à vocation défensive, ils n’hésitent plus à passer à l’attaque. Ce rôle croissant peut inquiéter – “nationalisation” d’entreprises par un état étranger ; faible transparence de ces fonds, la Norvège exceptée – mais il ouvre également des perspectives. “Les fonds souverains sont à la recherche d’investissements sages, prudents et de rendement peutêtre plus faibles que ceux recherchés par les acteurs spéculatifs”, assure André Martinez.Ce portrait du secteur attirant pour les capitaux ressemble fort à celui de l’industrie hôtelière. Depuis longtemps déjà, l’hôtellerie de luxe a profité de la richesse des nations. L’implication des familles princières et royales asiatiques n’est plus à démontrer. La monarchie thaïlandaise est l’actionnaire principal du groupe Kempinski à travers le Crown Property Bureau. Le ministère des Finances du sultanat de Brunei, via le Brunei Investment Company, a racheté l’hôtel londonien Dorchester en 1991 et s’est attelé depuis à constituer un groupe autour de cet hôtel trophée à coup de rachats - le Meurice, le Plaza Athénée, le Principe di Savoia – et de rénovations. Depuis 2004, Jumeirah est une filiale de Dubai Holding, propriété de la famille dubaïote Al Makhtoum. Plus récemment, le groupe Barwa a recédé à son actionnaire majoritaire, le fonds privé de la famille princière Al Thani du Qatar, l’ancien palace parisien Majestic acheté pour près de 400 millions d’euros. Pour finir ce panorama non exhaustif, il est inutile de rappeler ici les participations du prince Al Waleed dans Four Seasons, Mövenpick ou Raffles/Fairmont.Si la Chine détient, par ricochet, une part du groupe Hilton, les grandes manoeuvres des fonds souverains se portent pour l’instant vers d’autres secteurs avec, comme récents exemples, l’investissement de Dubai Capital dans Sony ou des fonds chinois et singapouriens dans la banque Barclays. Cependant, les résultats probants des leaders de l’hôtellerie pourraient les séduire avec trois arguments forts : le prestige et la croissance de l’hôtellerie de luxe ; la stabilité et la résistance aux crises de l’hôtellerie économique ; le besoin de développement hôtelier sur tout le continent asiatique. Avec une stratégie plus long terme que la plupart des investisseurs, l’hôtellerie pourrait tirer de nombreux bénéfices de la participation de ces fonds souverains.

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