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Enquêtes

Le tourisme face à l'écologie

“Une vérité qui dérange” (An Inconvenient Truth), le brûlot écologique d’Al Gore à côté de la sacro-sainte bible ? Les Verts en rêvaient, le Gaia Napa Valley Hotel & Spa l’a fait. Les deux livres se côtoient désormais dans les tiroirs de cet hôtel californien récemment construit selon les normes de l’architecture environnementale.

Une preuve parmi tant d’autres que la lutte contre le réchauffement de la planète n’est plus un voeu pieux. Le changement climatique est LE sujet du moment. Et l’exemple commence à venir d’en haut. Que l’ex-vice- président des Etats-Unis, le prince Charles ou le nouveau président français s’impliquent dans le futur de la planète témoigne d’une marche irréversible. Même timidement, le récent sommet du G8 a reconnu dans son communiqué final la nécessité pour les pays industriels de réduire de façon substantielle leurs émissions de gaz à effet de serre. Une voie salutaire dans laquelle les Etats-Unis, la Chine et l’Inde s’engagent petit à petit.L’InterContinental de Bora Bora expérimente une nouvelle technologie permettant d’économiser 90 % de la consommation énergétique pour assurer la climatisation de l’hôtel. L’eau glacée, pompée dans la mer à 900 m de profondeur, transite par un échangeur thermique qui produit l’eau douce qui va alimenter tout le système de climatisation. Avant d’être rejetée à 60 m de profondeur, l’eau de mer est utilisée dans le spa de l’hôtel et entre dans la composition de produits Algotherm utilisés pour les soins. Simple, la technique nécessite un lourd investissement. Pour les 80 villas de l’hôtel, les locaux communs et le spa et l’hébergement du personnel, l’investissement a été de 4,8 millions d’euros, ramené en charge nette à 2 millions par le biais des subventions. Il permet d’économiser chaque année 2,5 millions de litres de fuel, ce qui rentabilise l’investissement en moins de cinq années.Parmi les activités économiques polluantes, le tourisme est dans la ligne de mire. Une de ses principales composantes, le transport aérien, est régulièrement montrée du doigt . Très récemment, en marge d’une visite au siège de l’OMT, le secrétaire général de l’ONU a fait part de sa forte préoccupation vis-à-vis du tourisme de masse, gros émetteur de gaz à effet de serre. Ban Ki-Moon a encouragé le secteur à prendre des mesures préventives et, s’adressant à cette institution partenaire, attend “avec intérêt la présentation de ses conclusions à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bali en décembre prochain”.L’émoi est général. Les professionnels du tourisme crient aujourd’hui haro sur le CO2. L’activité hôtelière, si elle n’est pas aussi polluante que le transport aérien, n’est pas anodine pour autant en matière d’environnement. Selon les calculs du groupe Accor, en 2006, un Sofitel consommait 70,9 KwH par jour et par chambre contre 15 KwH pour Formule 1 et Etap Hotel, 22,3 KwH pour Ibis. Mercure et Novotel se situent eux un cran au-dessus avec respectivement 28,4 et 44,7 KwH. A titre de comparaison, 30 KwH équivalent à près de 15 kg de dioxyde de carbone. Loin des 400 kg de CO2 pour un trajet aérien court-courrier, mais ce solde est suffisamment important pour que l’expression “neutre en carbonne” (carbon neutral) soient sur toutes les lèvres.Pour le rachat de leurs péchés anti-écologiques, Rezidor, Leading Hotels of the World ou Wedgewood Hotels appliquent le principe du pollueur/payeur. Ainsi, l’hôtel Wedgewood de Vancouver a estimé sa production de dioxyde de carbone à 500 tonnes par an. L’établissement a acheté un crédit de 5 000 tonnes de CO2 auprès de Planktos, une société canadienne leader en matière d’écorestauration. Son action : régénérer les populations de plancton marin et promouvoir la reforestation, deux éléments clés pour lutter contre le gaz à effet de serre.Leading Hotels of the World (LHW) a lancé l’initiative Leading Green. Pour chaque réservation effectuée via le site www.lhwgreen.com, la plus luxueuse des chaînes volontaires s’engage à verser 50 cents par nuitée à Sustainable Travel International, un intermédiaire à but non lucratif qui soutient des projets écologiquement responsables. Paul McManus, le président de LHW, tient par cette action à démontrer qu’il va plus loin que la plupart de ses confrères qui “offrent l’opportunité à leurs clients de faire une donation volontaire. Nous voulons montrer l’exemple et prendre une position de leader en matière de responsabilité environnementale. C’est pourquoi nous sommes heureux d’apporter notre contribution financière au nom de nos clients”. Ce premier pas d’une association entre STI et Leading Hotels devrait donner d’autres fruits, comme le lancement probable de certifications et de systèmes de management environnemental.Autre stratégie pour annuler les effets négatifs de son exploitation, celle que Rezidor Hotels Group a lancée le 1er mars dernier dans le cadre de son programme Responsible Business. A savoir offrir la possibilité à ses clients de troquer leurs points de fidélité Gold Points contre quelques kilos d’air pur. Une nuit dans un hôtel du groupe rapporte généralement 3 000 points. Il en faut simplement 2 000, reversés à la société CarbonNeutral, pour contrebalancer l’émission de 270 kg de dioxyde de carbone. Soit l’équivalent de deux séjours, trajet en voiture compris. Mais le groupe Rezidor s’engage aussi à titre personnel. Les effets de toutes les grandes réunions internes sont compensées par des plantations d’arbres et projets environnementaux.Les leaders de l’hôtellerie ont depuis longtemps compris l’importance de “verdir” leurs opérations. Le programme Responsible business de Rezidor, vainqueur des Hospitality Awards en 2004, ou celui de Fairmont, lauréat l’an dernier, en témoignent. Pionnier, le groupe canadien prend son bâton de pèlerin. L’ambassadeur de l’hôtellerie verte vient de sortir la troisième édition de son guide “Green Partnership”. Un recueil exhaustif des bonnes pratiques qui a une vocation prosélyte. Chris Cahill, son président, ne le cache pas : “depuis presque deux décennies maintenant, Fairmont a soutenu activement la généralisation de ces mesures responsables. Avec une sensibilisation accrue, le tourisme durable devient un sujet de première importance. Nous encourageons les autres à apprendre de notre expérience et à verdir leurs opérations”.Un message déjà reçu par la plupart de ses confrères. Pour le lancement de “We Care” en janvier 2006, Hilton a bénéficié de l'expérience d'un autre pionnier du tourisme responsable, son ex-enseigne nordique Scandic dont la plupart des hôtels sont labellisés Nordic Swan. Ce programme commun aux Hilton d'Europe et d'Afrique est destiné en premier lieu à sensibiliser les membres du personnel et à généraliser les bonnes pratiques mises en place en Europe du Nord. Le tout afin de pouvoir atteindre des objectifs clairs comme 5 % de consommation d'énergie en moins sur l'année 2006. Parmi les hôtels à la pointe de ce programme initié par les deux têtes pensantes du groupe en Europe, Wolfgang Neumann et Ian Carter, le Hilton Malte qui a été récemment décoré de l'écolabel européen.De son côté, Marriott a annoncé le 22 avril dernier, lors de la Journée de la terre, un partenariat avec Clean Up the World lors d’une conférence qui a vu également la création d’un conseil “vert” au plus haut niveau du groupe puisqu’il réunit le directeur général de Marriott, Ed Fuller, le président Europe, Arne Sorenson, et Kathleen Matthews, qui a la haute main sur la communication du groupe. Le groupe a annoncé des résultats probants. Marriott a réduit de 70 000 tonnes son émission de gaz à effet de serre en un an grâce à plusieurs initiatives : le programme “Re- Lamp” pour remplacer 450 000 ampoules fluorescentes l’an dernier et économiser 65% sur ce poste important ; le programme “Linen Reuse” limitant de 11 % à 17 % l’utilisation d’eau chaude ; “Ozone Activated Laundry” et “Formula One Systems” qui ont permis de gagner 25 % grâce à de nouveaux systèmes de blanchisserie.Le 22 avril a également été choisi par Accor pour son premier “Earth Guest Day” afin de mobiliser, à travers le monde, ses 170 000 salariés dans 69 pays. Ce jour dédié à la terre et aux actions caritatives s’inscrit dans le cadre du nouveau programme “Earth Guest” lancé par le groupe en 2006. Ce programme, qui réunit 3 200 hôtels, fédère les bonnes pratiques autour d'objectifs clairs pour le groupe et chacune de ses marques, Ibis, Novotel et Motel 6 en tête. Il se subdivise en 65 actions résumées dans une nouvelle charte et en deux grands chantiers : EGO pour le volet social (protection de l’enfance, développement local, alimentation, lutte contre les épidémies) et ECO pour le chapitre environnemental (réduction de la consommation d’eau et d’énergie, recyclage des déchets, préservation de la biodiversité).Avec Earth Guest, Accor confirme son implication dans la cause environnementale. Sa première directive date de 1994, sa première charte de 1998. Cette politique proactive est saluée par l’intégration du groupe à plusieurs indices financiers pour investisseurs socialement responsables : DJSI World & Stoxx, ASPI Eurozone, ESI. Accor participe également au FTSE4Good, un privilège dont seul le groupe hôtelier InterContinental peut aujourd’hui se targuer - à cause de critères plus drastiques, Starwood, Hilton et Wyndham sont même sortis de l’index en mars 2006. Pour aller plus loin, Accor a renouvelé en mai dernier son partenariat avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce troisième accord- cadre vise deux objectifs : une réduction de 15 à 30% du tonnage des déchets non valorisés et l'équipement de 100 nouveaux hôtels en installations solaires. Le groupe français dispose dans son parc d’hôtels emblématiques de sa démarche eco-friendly comme le Novotel Montparnasse “haute qualité environnementale” (HQE) ou encore les Novotel et Ibis construits pour les JO de Sidney, les premiers à avoir été certifiés ISO 14001. “L'office national des fôrets plante des arbres qui atteindront leur maturité dans 30 ans. Accor fait la même chose avec des hôtels. L'hôtellerie est un métier à cycle long et nous devons nous préparer au choc énergétique, à l'après-pétrole. Toute entreprise doit tenir compte du long terme, cela fait partie de la bonne gestion”, explique Hélène Roques, la directrice du développement durable du groupe Accor.Car le meilleur moyen pour limiter l’effet de son activité est encore de disposer d’outils de pointe en s’attaquant à la base du problème, à la construction des établissements. Logique alors que les bâtiments représentent 40% des émissions de gaz carbonique, le principal responsable de l’effet de serre. Les groupes hôteliers commencent à s’engager dans cette voie. En Amérique du Nord, l’US Green Building Council vient de certifier un premier Hilton du Leadership in Energy and Environmental Design (LEED). Marriott dispose également du sien et en a sept autres dans le pipeline.Ainsi des deux côtés de l’Atlantique, de plus en plus de municipalités et institutions encouragent l’élévation d’hôtels peu gourmands en énergie. A coup d’exonération de taxes ou en mettant la main au portefeuille pour contrebalancer un surcoût généralement évalué à 15%. Dans le cadre de son partenariat avec Accor, l’Ademe apportera deux millions d’euros sur les six millions investis.Aujourd’hui les hôtels respectueux de l’environnement ne se trouvent plus seulement au coeur d’écosystèmes fragiles, mais font florès dans la jungle urbaine. New York aura prochainement son boutique hôtel écologique. Le Greenhouse 26 devrait ouvrir ses portes au printemps 2008. Il vise d’emblée le Niveau Or LEED avec son chauffage et sa climatisation géothermique - 40% d’économies potentielles - son système d’ascenseur réutilisant l’énergie, ses détecteurs de présence dans les chambres. Sans compter l’utilisation de produits organiques : savon, serviette, matelas.C’est sur une pierre lisse et propre que certains souhaitent bâtir de futurs empires hôteliers verts. Wen I Chang n’a pas attendu que la peinture (sans solvants) de son premier établissement soit sèche pour investir dans le développement d’une chaîne éco-friendly. Le président de l’Altman Hospitality Group a investi près de 10 millions d’euros pour le Gaia Napa Valley Hotel & Spa, le premier hôtel certifié LEED aux Etats-Unis ouvert en novembre dernier. Deux autres établissements sont en cours de construction pour un total de 27 millions d’euros. Cinq autres projets sont déjà dans les cartons. Wen I Chang se plait à rêver à la franchise pour accélérer le développement durable de son groupe.D’autres comptent bien utiliser ce nouveau filon. Au milieu des années 80, lorsqu’il dirigeait le groupe Starwood Hotels, Barry Sternlicht a été un pionnier des boutique hôtels avec son enseigne W. A la tête de l’investisseur Starwood Capital, ce renifleur de tendances se lance aujourd’hui dans un nouveau pari avec son enseigne “1” Hotels & Residences. “Elle va démontrer que les principes "verts" peuvent coexister et accroître l’expérience de l’hôtellerie de luxe”, explique t-il. Ce concept d’hôtellerie se veut la combinaison du meilleur du design contemporain, du luxe et de l’architecture durable. Sous la surveillance du Natural Resources Defense Council, ces établissements seront construits et meublés selon les standards LEED. Barry Sternlicht compte ainsi ouvrir une nouvelle voie et se démarquer de la concurrence : “alors que certaines chaînes se contentent de mesures poudre aux yeux en demandant aux clients de réutiliser les serviettes et en plantant des arbres dans le lobby, “1” n’utilise pas le jargon écofriendly à des simples fins marketing. Notre intention est de construire des hôtels qui minimisent pleinement leur impact sur l’environnement”. Aux Etats-Unis, quatre établissements en nouvelle construction devraient ouvrir à partir de la fin 2008. Les travaux ont débuté à Seattle et, à l’étranger, Paris aura la primeur avec la reconversion d’un bâtiment historique. Au total, une quinzaine d’hôtels sont dans les cartons.Autre groupe hôtelier intéressé par le potentiel de développement d’enseignes 100% responsables, Coral International vient de lancer au Moyen-Orient les bien nommés Ecos Hotels, des établissements écologiques positionnés sur le segment économique. Une première pour la région qui manque cruellement des deux, selon son directeur Ralph Noblet. Une étude récente a en effet démontré qu’au pays des pétrodollars, les hôteliers de Dubaï ne regardaient pas à la dépense. Les 5 étoiles y consomment en moyenne 225% d’énergie supplémentaire par rapport à leurs homologues européens. Soit entre 650 et 1 250 litres d'eau par client et 275 à 325 KwH par mètre carré. Destination émergente du tourisme mondial, Dubaï devrait se méfier des réactions futures de la clientèle. Le voyage responsable est un thème de plus en plus à la mode, notamment chez les Anglosaxons. La notion de “voyageur eco-conscient” émerge. Les destinations comme les hôteliers qui ne se seront pas rapidement adaptés à cette nouvelle donne risquent de souffrir. D’autant que les media relaient l’information. Les retombées presse sur les initiatives écologiques du Gaia Napa Valley Hotel ou sur le Novotel Montparnasse sont nombreuses. Comme Forbes qui a publié sa liste des Ten Greenest Hotels in America, Conde Nast Traveler a sa propre Green List depuis douze ans déjà. S’ils donnent aujourd’hui des bons points, nul doute que les media n’hésiteront, à l’avenir, à pointer du doigt les mauvais élèves.Les groupes de luxe, des hôteliers engagés A l’île Maurice, au Seychelles ou à Bali, les groupes de luxe se sont depuis longtemps engagés dans une démarche environnementale afin de préserver leur fond de commerce : la beauté de ces îles paradisiaques. Réduction drastique de la consommation d’énergie, recyclage des déchets, aide aux communautés locales, sensibilisation de la clientèle : les initiatives sont nombreuses. Fruit de leurs efforts, les hôtels balinais Alila Ubud et Maggis, viennent d’être certifiés Green Globe. De son côté, Banyan Tree a créé son propre fonds environnemental en 2001. Le Green Imperative Fund est soutenu par les clients à hauteur de 2 $ par séjour et 1 $ pour les clients des hôtels Angsana. Six Senses vient, pour sa part, de lancer un partenariat entre son établissement le Soneva Fushi et Carbon Neutral pour compenser les torts causés à l’environnement par l’acheminement de sa clientèle. Cet hôtel se concentre également à limiter la nocivité de son exploitation avec son programme “Six Senses Zero Emissions”, soit la réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre en 2008 et l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles en 2010. Avec le soutien du cabinet de conseil XCO2, spécialisé dans l’ingénierie environnementale, le Soneva Fushi va mettre en place un système d’alimentation générale évitant l’émission de CO2. Une étude de faisabilité a permis de définir une stratégie en trois étapes afin de réduire la consommation du carburant diesel utilisé pour la climatisation, l’éclairage et le traitement de l’eau. Loin de ces écosystèmes sensibles, le groupe américain Kimpton aux Etats Unis depuis deux ans son programme EarthCare, systématisant les bonnes pratiques de son établissement pionnier, l’hôtel Triton.Vers des spas eco-friendly Le spa, gros consommateur d’eau et de produits comme le chlore, fait également l’objet de réflexions environnementales. Les associations ISPA (International Spa Association) et Lohas (Lifestyles of Health and Sustainability) ont établi un partenariat pour éduquer les consommateurs et les professionnels afin de les sensibiliser au recyclage et à l’usage de produits organiques ou naturels. Lynne Walker McNees, la présidente d’ISPA, souligne l’importance de ce sujet auprès de la clientèle : “les amateurs de spa sont par essence intéressés aux principes défendus par Lohas : l’économie durable, un style de vie sain et des soins alternatifs et écologiques”.La climatisation en eau profonde, une expérience originale L’InterContinental de Bora Bora expérimente une nouvelle technologie permettant d’économiser 90 % de la consommation énergétique pour assurer la climatisation de l’hôtel. L’eau glacée, pompée dans la mer à 900 m de profondeur, transite par un échangeur thermique qui produit l’eau douce qui va alimenter tout le système de climatisation. Avant d’être rejetée à 60 m de profondeur, l’eau de mer est utilisée dans le spa de l’hôtel et entre dans la composition de produits Algotherm utilisés pour les soins. Simple, la technique nécessite un lourd investissement. Pour les 80 villas de l’hôtel, les locaux communs et le spa et l’hébergement du personnel, l’investissement a été de 4,8 millions d’euros, ramené en charge nette à 2 millions par le biais des subventions. Il permet d’économiser chaque année 2,5 millions de litres de fuel, ce qui rentabilise l’investissement en moins de cinq années.

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