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Analyses

#GLF18 | Croisières : « Nous avons une obligation absolue de remplir le bateau à 100% toute l’année » G. Azouze

Georges Azouze, CEO France Costa Croisières et Patrick Pourbaix, General Manager France, Belgique et Luxembourg MSC Croisières, nous éclairent sur le marché en croissance des croisières sur les sujets d’investissements, RSE, digital etc.

  • Présentez votre société

Georges Azouze, CEO France Costa Croisières : « Costa Croisières fait avant tout partie d’un groupe Costa Group qui est Costa Crociere tel qu’on le connaît en Europe mais également AIDA leader de la croisière en Allemagne sur une formule assez révolutionnaire dans le domaine de la croisière et également Costa Asie un ensemble d’une trentaine de paquebots de croisières. Le Costa Group est adossé au groupe Carnival qui est le leader de la croisière mondial. Costa Crociere a aujourd’hui 70 ans. »

Patrick Pourbaix, General Manager France, Belgique et Luxembourg MSC Croisières : « MSC Croisières est une entreprise beaucoup plus jeune, une compagnie du XXIe siècle. On fête cette année nos 15 ans. Nous sommes une compagnie privée européenne, qui s’est développée de façon fulgurante sur 10 ans entre 2003 et 2013. C’est une compagnie déjà leader sur le marché européen. »

  • Le marché en Europe est en hausse de 2,5% sur les deux dernières années. Est-ce naturel ou faut-il aller chercher et stimuler en permanence ce marché ?

P. Pourbaix : « Le nombre de croisiéristes par an c’est près de 27 millions de croisiéristes par an (dont 13 millions d’Américains). L’autre moitié c’est le reste du monde. En Europe (7 millions), l’Allemagne et le Royaume-Uni pèsent le plus avec près de 2 millions de croisiéristes chacun. Le marché français ne représente encore que 500 000 croisiéristes, on devine le potentiel de croissance pour ce marché français d’abord, puis les marchés européen et mondial. »

G. Azouze : « Sur ce marché de la croisière, il faut convaincre, séduire, et donc investir énormément. A travers des campagnes de publicités et l’offre qui a considérablement évolué depuis ces dernières années, on connaît un regard des français et des européens qui changent vis-à-vis de la croisière et qui séduit un spectre beaucoup plus large de consommateurs. »

  • Comment se passe l’investissement sur ce marché ?

P. Pourbaix : « Nous sommes quelque part le fer de lance des investisseurs puisque nous investissons sur un très gros plan d’investissement, plus de 10 milliards d’euros d’investissements depuis 2017 et la construction de 12 nouveaux bateaux de croisières jusqu’à l’horizon 2026. Pour construire un bateau de croisière, les plans prennent un peu de temps mais une fois que le process de construction est lancé, il faut 2 ans. »

G. Azouze : « Pour le groupe Costa, il y a 7 paquebots actuellement en construction, il y en a deux annoncés pour 2021 pour la marque Costa Crociere, il y en a trois pour la marque AIDA et deux pour la marque Costa Asie. Un paquebot de croisières actuellement coûte entre 500 000 millions et 1 milliard d’euros. En termes de logistique et de maintenance, tous les 24 mois nous considérons qu’il faut arrêter le bateau pendant 15 jours pour le réviser dans les chantiers de réparation navale.

Sur ce marché, le taux de remplissage doit être au moins égal à 100% pour être rentable. Nous avons une obligation absolue de remplir le bateau à 100% toute l’année. »

P. Pourbaix : « Chez MSC, les 12 premiers navires et les 8 des 12 navires en construction sont construits à Saint-Nazaire ».

  • Votre nouveau bateau Smeralda a coûté 1 milliard d’euros d’investissement. Qu’a-t-il de spécial ?

G. Azouze : « Il y aura 6 600 clients à bord et à peu près 1 600 membres d’équipage alors que la capacité moyenne des autres bateaux s’élève à près de 3 000 à 4 000 passagers. Ce sera un navire novateur également dans la propulsion puisque ce sera le premier grand paquebot à être à propulsion à gaz naturel liquéfié. Il va être le nouvel ambassadeur de l’Italie des mers : il renfermera notamment un musée du design et de l’art moderne à l’italienne ».

P. Pourbaix : « On parle beaucoup de grands bateaux, il y a la peur du gigantisme et il faut reconnaître qu’il y a toute une évolution qui s’est faite et qu’aujourd’hui les grands bateaux sont plus plébiscités par nos passagers. Le grand bateau a fait évoluer le concept même de la croisière. Avant, on partait en voyage en communauté, en partageant des expériences communes à bord du navire. Aujourd’hui, le passager qui est sur un bateau de croisière est beaucoup plus individualiste et va pouvoir avoir la liberté d’avoir un choix énorme dans toutes les activités qui sont proposées à bord. La croisière ne se vit plus comme auparavant. »

  • Comment les clientèles cohabitent-elles entre elles ? Qu’en est-il du MICE ?

G. Azouze : « Le MICE a son importance. La croisière sur ses paquebots-là séduit une clientèle qui est très large. Nous pouvons segmenter par rapport au budget mais on a la plupart du temps accès aux mêmes prestations. On va plutôt segmenter sur les durées et les destinations : des séjours de 3-4 jours jusqu’au tours du monde. Nous avons une offre très riche de près de 600 croisières. Nous attirons une clientèle plus jeune sur les courts séjours et plutôt une clientèle séniore sur les tours du monde. On va se différencier sur des aspects de découvreur de grandes destinations avec l’installation de croisières au départ de Mumbai, Bombay sur l’Inde et les Maldives, au départ de Singapour sur la Thaïlande, Malaisie et Cambodge, au départ de Tokyo sur le Japon, sans parler des Emirats et de l’Océan Indien au départ de la Réunion. Nous sommes dans une logique, certes au départ de Marseille sur des croisières de 7 jours, et puis également sur une différentiation pour une clientèle de croisiéristes plus convaincus et plus experts sur des plus grandes destinations avec des croisières plus longues. Le MICE représente 20 à 25% de notre activité. Ces paquebots disposent d’une unité de lieu qui est très importante parce qu’on passe facilement de la cabine à la salle de congrès, au restaurant etc. Les salles de congrès sont extrêmement bien équipées. Nous attirons une clientèle qui va choisir des croisières courtes (3-4 jours) en Méditerranée accessibles au départ de Marseille pour des budgets qui seront effectivement spectaculaires. Le rapport qualité/prix/expérience est spectaculaire. »

P. Pourbaix : « Nous sommes sur ce même genre de velléités d’offrir de plus en plus de destinations, des tours du monde, de voyages en tribus. En ce qui nous concerne, on a développé un concept de croisières premium, bien connu aux Etats-Unis. Notre ambition a été de devenir, de construire la première compagnie européenne réellement premium. Nous avons également inventé un concept qui est un très grand succès qui s’appelle le « Yacht Club » : c’est un concept très haut de gamme avec conciergerie, majordome 24h/24. C’est un bateau dans le bateau à l’avant du navire pour 200 passagers maximum. On peut y vivre en autarcie mais le vrai atout est la qualité du service et la possibilité d’y sortir en vivant l’expérience qui est multiple.

  • Où commence et finit votre parcours client ?

P. Pourbaix : « Tout d’abord on compte sur nos partenaires distributeurs pour nous accompagner, pour accompagner nos clients et ça dès la réservation. Aujourd’hui, chez MSC Croisières la digitalisation nous préoccupe énormément. »

G. Azouze : « Nous attirons 63% de first-timers sur les croisières de 7 jours au départ de Marseille. Nous avons la nécessité d’avoir une très grosse préparation y compris dans le digital pour des clients qui n’ont jamais mis les pieds à bord. Nous avons la nécessité d’éduquer le client. L’aspect du digital à donc son importance tout comme le rôle du conseil.

  • Quel est le comportement du client ?

G. Azouze : « Le client européen et en particulier français va d’abord choisir sa croisière en fonction de la destination, puis du choix du bateau, de la cabine, de la compagnie. »

P. Pourbaix : « Pour les Américains, le bateau devient lui-même la destination, à environ 80% pour le bateau et 20% pour l’itinéraire. Avec la clientèle européenne, on tend de plus en plus à un mix des deux, 50-50. »

  • Comment abordez-vous la problématique éco-responsable ?

P. Pourbaix : « C’est un sujet qui est une préoccupation depuis des décennies. Tout est traité, les paquebots sont équipés d’incinérateurs, les cannettes sont compactées et ont déjà un trajet tout tracé vers le concasseur une fois arrivé à terre. Tous ces sujets ont été abordés les uns après les autres et ont trouvé des réponses. Les 4 derniers paquebots que nous avons construits sont tous équipés de moteur au GNL (gaz naturel liquéfié). »

G. Azouze : « En ce qui nous concerne, on parle de sustainability et de responsabilité environnementale depuis 1997 et on est les seuls à publier ce bilan de responsabilité environnemental. On a parlé du gaz naturel liquéfié sur les prochains bateaux mais d’ores et déjà on est très soucieux du milieu environnemental avec le tri des déchets, avec un certain nombre de dispositions qui sont mises au quotidien. Pour le cas de Venise, depuis deux ans on a décidé de diminuer les capacités, il y a moins de paquebots qui partent de Venise. Ce comportement citoyen nous permet également de répondre aux attentes de la part de groupes de pression. La responsabilité environnementale s’accompagne également de la responsabilité sociale et notamment de l’équipage. Nous avons à cœur d’être très rigoureux sur le respect de la personne, de la fonction, de l’emploi et la non-discrimination par rapport aux nationalités. Les équipages sont payés, traités, soignés et rapatriés vers leur lieu de résidence. Nous signons des chartes de responsabilité qui nous permettent d’avoir des accords avec les pays qu’on traverse et de favoriser les ravitaillements de navires et les emplois locaux. »

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