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Analyses

Février 2021 : une longue marche pour l'hôtellerie européenne

S'il l'on constate une hausse minime des performances hôtelières en Europe par rapport au mois de janvier, l'activité reste à moins d'1/4 de son niveau habituel. Les situations et dynamiques sont toujours hétérogènes entre pays.

Après la poursuite de la  dégradation des performances en janvier 2021 (-80,5% de RevPAR par rapport à l'année dernière), le mois de février s'inscrit en très légère progression malgré un RevPAR toujours très bas de 12,8€ HT (-77,9% de RevPAR par rapport à 2020). La légère reprise par rapport au niveau de l'année dernière s'explique par un léger tassement de la chute du prix moyen (-27,4% en février contre -28,9% en janvier) malgré une perte de taux d'occupation qui augmente légèrement (-43,9 points en février par rapport aux -43,0 points de janvier).

Parmi les gammes, les résultats sont sensiblement similaires à ceux observés depuis le début de la crise : les segments haut de gamme et luxe, suivis par les moyen de gamme, souffrent toujours plus que les autres. Leurs taux d'occupation respectifs étaient de seulement 10,8% (-52,4 pts) et 17,4% (-45,8 pts), avec un prix moyen en recul de 23,6% (108,7€ HT) et 17,8% (73,1€ HT). Cela entraine donc une perte de 86,9% de RevPAR (11,8€ HT) pour les établissements haut de gamme et luxe, et une perte de 77,4% de RevPAR (12,8€ HT) pour les établissement milieu de gamme.

Les segments économiques et budget, d'ordinaire plus résilients, ne sont cependant pas en reste. Leur taux d'occupation se replie à des niveaux de seulement 22,8% (-41,1 pts) et 31,8% (-29,3 pts), avec un prix moyen reculant de respectivement 15,6% (59,0€HT) et 12,4% (43,6€ HT). Le RevPAR du segment économique recule ainsi de 69,9% (13,5€ HT) et celui du segment budget de 54,4% (13,9€ HT). 

 

 

Parmi les pays européens, la France sort toujours du lot comme étant un des pays où l'hôtellerie résiste un peu mieux, du fait de son parc hôtelier plus tourné vers les gammes économiques, et parce que l'activité de certains territoires de moyenne montagne, ruraux ou de littoral a tout de même bénéficié d'un modeste effet vacances. Cependant, même si la chute y est moins importante que les autres pays du continent, ses résultats sont toujours très faibles avec un taux d'occupation de 27,5% (-32,0 pts), un prix moyen reculant de 25,5% (65,6€ HT) et un RevPAR qui chute de 65,6% (contre 70% en janvier).

La Pologne et l'Italie se démarquent également, car ces deux pays ont beaucoup progressé en février par rapport au mois de janvier et de décembre : leur chute de RevPAR s'est respectivement élevée à -77,0% et -75,3% en février, contre de -90,5% et -84,6% en janvier. D'un point de vue hôtelier, la situation s'améliore donc dans ces deux pays.

A l'inverse, l'Autriche fait partie des pays signant la plus forte baisse en février 2021 : la saison de ski, habituellement très génératrice d'activité mais très dépendante des clientèles internationales et des mobilités, y a, comme dans toutes les Alpes, été quasiment une "saison blanche" pour l'hôtellerie, tandis que l'évènementiel, notamment d'affaires, est toujours à l'arrêt à Vienne comme dans les autres grandes métropoles européennes.

Comme l'Autriche, le Portugal a aussi vu son activité baisser fortement en février : ces deux pays rejoignent donc la queue de peloton formée par la Tchéquie et la Hongrie, qui depuis le début de la pandémie sont les marchés hôteliers les plus touchés par la crise, ce qui peut s'expliquer notamment par la taille plus petite de leur marché intérieur.

Dans la plupart des autres pays européens, et notamment en Allemagne (-86,9%), au Benelux (-84,6% en Belgique, -77,1% au Luxembourg, -89,8% aux Pays-Bas), ou en Espagne (-83,7%), l'activité hôtelière reste à un niveau très bas, soit moins d'1/5e de la norme des années précédentes, alors même que février est pourtant traditionnellement un mois de plutôt faible activité.

C'est la même chose au Royaume-Uni (-82,5%), qui ne bénéficie donc pas particulièrement de son avance en matière de vaccination, car les restrictions y sont toujours fortes, et le marché hôtelier significativement exposé aux clientèles internationales et long-courrier.

Pour l'heure, la reprise tarde donc à poindre à l'horizon, mais les politiques sanitaires européennes se tournent vers une accélération de la vaccination, ce qui peut permettre d'espérer une véritable reprise dans les quelques mois à venir.

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