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Analyses

Eté 2021 : quel "monde d'après" pour l'hôtellerie dans les villes françaises ?

Si les mois de juillet et d'août ont permis au secteur hôtelier français de revenir sur la bonne voie après de longs mois de confinement, tout le monde n’a pas été logé à la même enseigne cet été et localement les situations sont extrêmement contrastées. Comment la pandémie a-t-elle touché les agglomérations en matière de performance sur cet été 2021, mais peut-être aussi à plus long terme bouleversé la hiérarchie des villes françaises en matière d'attractivité pour le développement hôtelier ?

LA PROVINCE TIRE SON EPINGLE DU JEU FACE A L'HOTELLERIE PARISIENNE

 

Alors que les hôtels de Province sont quasiment revenus à leur niveau d'activité de 2019, avec un RevPAR de 65€ en moyenne cet été, les hôtels parisiens sont quant à eux encore au point mort avec -56% de leur activité pré-COVID.

En effet, Paris, dépendante de la clientèle internationale et d’affaires, pâtit le plus de son absence avec un taux d’occupation atteignant difficilement les 40%. Le prix moyen reste 14,4% inférieur à celui d’avant-crise alors que la majorité des agglomérations françaises a su se remettre de pied. Il atteint désormais les 93,6 € à Paris quand ceux de Saint-Nazaire, Saint-Malo, La Rochelle et même Lorient atteignent presque ou dépassent les 100€.

En conséquence, le RevPAR de l’hôtellerie parisienne a chuté de plus de moitié par rapport à l’avant-crise. Cet été, les performances de la capitale (37,4 € de RevPAR) sont donc descendues en-deçà d'agglomérations comme Limoges  (42,3€).

Plus largement, l’hôtellerie parisienne s'est avérée, en contexte de crise, bien moins résiliente que son homologue de Province, qui est pourtant bien moins valorisée sur le marché de l'immobilier hôtelier, que ce soit en termes de multiple d'EBITDA ou par chambre, et traditionnellement bien moins prisée des investisseurs hôteliers que des développeurs de grandes chaînes internationales. Verra-t-on alors l'écart d'attractivité entre Paris et la Province se réduire plus durablement ?

Performances hôtelières Agglomérations Eté 2021
Infogram

DES DESTINATIONS NOUVELLES POUR UNE CLIENTELE NOUVELLE 

La clientèle long-courrier qui manque à l’appel est remplacée par une clientèle domestique ou européenne de proximité, et ce changement de profil chamboule les schémas d’attractivité habituels.

En effet, les villes où l’hôtellerie pouvait habituellement s’appuyer sur une importante clientèle internationale sont encore en net retrait cet été : Bordeaux (69,2% de taux d’occupation), Caen (51,9%) ou Reims (54,2%) souffrent en effet de l’absence de cette clientèle internationale. Nice cependant s’en sort mieux avec 81% de fréquentation mais relativement à l’avant-Covid la ville revient simplement à la normale alors qu'elle a pu bénéficier de la conjonction de l'arrivée de vacanciers et d'un décalage du calendrier évènementiel (le Festival du Film de Cannes a exceptionnellement eu lieu en juillet cette année) ayant permis de compenser ponctuellement la moindre présence de sa traditionnelle clientèle long-courrier, mais les pertes correspondantes étaient déjà prises au mois de juin.

A l’inverse, d’autres villes moyennes ont séduit les Français et notamment sur le littoral Atlantique qui a atteint les 88% de taux de fréquentation. En effet, La Rochelle (89,6%), Bayonne (83,7%), Saint-Nazaire (85,4%) ou encore Saint-Malo (86%) ont figuré parmi les villes ayant les plus hauts taux de fréquentation.

Et de l’autre côté de l’Hexagone, Annecy a atteint un niveau de fréquentation sans précédent : avec 90,2% de taux d’occupation, il a parfois même été difficile d’y trouver une chambre libre cet été.

Il faut dire que l’été 2021 en France a été ponctué par le retour de certains types d’évènements : festivals, événements sportifs (à l’instar des 24h du Mans décalées de juin à août), mariages et autres évènements festifs privés qui partout en France ont soutenu l’activité de nombreux hôtels cet été, amenant les Français à découvrir de nouvelles destinations.

L'enseignement de cette période COVID est donc qu'en France, ce sont les destinations littorales, de montagne et resort qui ont été les plus performantes à travers la crise, et ont su tirer parti de leur attractivité auprès des clientèles françaises. Même si la clientèle internationale reviendra bien un jour, l'attractivité domestique de ces villes et la résilience que cela procure devraient rester dans les mémoires, surtout que les dynamiques de mondialisation semblent appelées à ralentir plus durablement.

Il n'est donc plus inconcevable que Marseille, Annecy, La Rochelle ou encore Biarritz deviennent demain des moteurs du développement hôtelier en France, comme Paris ou Bordeaux l'étaient hier.

 

VACANCES A TOUT PRIX

Sur l’ensemble des agglomérations, les prix moyens ont progressé à l'été 2021 par rapport à l’avant-crise, traduisant la nécessité pour les hôteliers de rattraper leur retard financier mais aussi le fait que les touristes avaient besoin de vacances et étaient prêts à les prendre coûte que coûte.

Sans surprise, Nice remporte le titre de Numéro 1 avec un prix moyen de 220,5€ qui a tout de même aussi été soutenu par l’attractivité du Festival du Film de Cannes en juillet. Saint-Nazaire (La Baule), Bayonne et Saint-Malo figurent parmi les performers de l’été en termes de prix moyen tandis que Paris n’est même pas présent dans le top 10.

Ainsi, au sortir du COVID, tandis que les entreprises limitent encore beaucoup les déplacements professionnels et que les destinations qui cherchent à les attirer se voient contraintes de réduire ou limiter les hausses de prix, dans les destinations loisirs, la hausse de l'épargne et du pouvoir d'achat cumulé au désir de voyage des clients semblent avoir enclenché une dynamique d'inflation tarifaire. Celle-ci pourrait à terme s'élargir dès lors que l'incertitude retombera, car les indicateurs économiques semblent favorables et à même de redonner confiance aux entreprises et aux clients d'affaires. Cela tombe bien, car face aux difficultés de recrutement l'industrie hôtelière semble appelée à devoir réévaluer les salaires de ses employés...

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