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Tourisme spatial : développement astronomique ou étoile filante?

Si à ce jour, la Station Spatiale Internationale est la seule destination touristique spatiale, des projets de voyages intersidéraux sont envisagés afin de remettre la Lune au goût du jour et pour faire découvrir l’intrigante planète Mars.

Peut-on vraiment parler de tourisme spatial ? Selon l'OMT, le tourisme implique la présence d'une destination connue et la jouissance d'activités à l'intérieur de cette destination. Dans ses travaux sur le sujet à l'Université de Perpignan, Guillaume Delhumeau rappelle que "la méconnaissance de l'espace par l'être humain ne permet pas à ce dernier de définir des destinations à l'intérieur de l'espace si ce n'est l'espace en lui-même. Dès lors, l'espace est à lui seul une destination à part entière". A ce titre, le tourisme spatial se présente sous différentes formes : des vols donnant la possibilité aux touristes de ressentir la gravité zéro (apesanteur), des vols suborbitaux consistant à effectuer un voyage hors de l'atmosphère terrestre pour obtenir une vision de l'espace ou encore des séjours orbitaux dans une base spatiale.

Le tourisme spatial, bonne idée ou caprice de milliardaire ?

Voilà plusieurs années que l'on nous donne l'impression d'une conquête spatiale de plus en plus vraisemblable et imminente. De nouveaux voyages sont annoncés vers la Lune, et des nouveaux vers Mars, planète au centre de toutes les attentions et qui nourrit bien des fantasmes. Bien souvent, les projets touristiques sont annoncés par des milliardaires ayant fait fortune sur le web. Les agences spatiales classiques type Nasa semblent plus prudentes, connaissant les coûts d'opération et les risques encourus, notamment par les astronautes, qui sont préparés physiquement et mentalement à ce type de trajets. Malgré tout, l'agence américaine a fait confiance à deux entreprises du secteur privé pour développer le tourisme entre la Terre et la SSI. On connaissait Boeing, il faudra se familiariser avec la très ambitieuse Space X. Cette dernière, fondée par Elon Musk, créateur du Paypal, espère développer un concept de fusée réutilisable. Tout aussi excentrique, Richard Branson, patron du groupe Virgin, a déboursé des milliards de dollars pour lancer son programme Virgin Galatic. 700 personnes se seraient déjà acquittées de la somme de 200 000 dollars pour monter à bord. Son premier vol test fut un échec et provoqua la mort de deux personnes en octobre dernier. Un an auparavant, 26 enseignes Virgin Megastore fermaient leurs portes en France provoquant des centaines de licenciements économiques. Le sens des priorités a bien changé de nos jours et les prémices du tourisme spatial laissent entrevoir les premières guerres d'égo. En effet, d'autres milliardaires s'intéressent à ce futur secteur d'activité. Citons Jeff Bezos d'Amazon, qui a réussi le mois dernier à faire partir et revenir sa capsule Shepard. A ce jour, sept touristes se sont déjà rendus pour une semaine dans la Station Spatiale Internationale. Un séjour qui coûte entre 30 et 40 millions de dollars par tête.

Les projets sont-ils plausibles ?

A l'inverse de la Nasa ou de l'ASE, les multimilliardaires du net n'hésitent pas à sortir du cadre purement scientifique pour communiquer sur leur délirant projet. Elon Musk, fondateur de SpaceX, recrute actuellement 24 volontaires pour son projet Mars One (et son nom très science-fiction), qui vise à implanter une colonie d'humains sur la planète rouge, le tout devant des caméras de télévision à la façon Big Brother. Un aller simple, très critiqué par le MIT, qui estime le décès des participants par asphyxie à environ 68 jours. La société Space Adventures (et son nom parc d'attractions) espère proposer des voyages touristiques vers la Lune via les navettes Soyouz. L'équipage sera composé d'un astronaute russe confirmé et de deux touristes qui auront chacun déboursé 150 millions de dollars. Date de lancement prévu à horizon 2018. Les entreprises nippones s'ouvrent également au tourisme spatial avec une vision à plus long terme. Obayashi espère la création d'un ascenseur orbital d'ici 2050 tandis que Shimizu Cirporation pense à créer un hôtel orbital qui fonctionnerait à l'énergie solaire. Autre projet tout aussi ambitieux, la construction d'une extension de la station spatiale à partir de modules gonflables. C'est l'entreprise Bigelow Aerospace qui prend en charge ce projet. Les premiers tests sont attendus pour septembre. S'ils sont concluants, Bigelow Aerospace pourrait ainsi créer le premier hôtel de l'espace. Reste à savoir quel sera le premier groupe hôtelier à signer un partenariat avec la Nasa !

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