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Un mois de juillet contrasté pour l'hôtellerie européenne

Avec un RevPAR en hausse de 1,7% en juillet, les résultats de l’industrie hôtelière sont assez décevants. Certains pariaient sur une reprise plus franche après un RevPAR en hausse de 5,6% en juin. Mais, ce mois les TO sont très stables (+0,5 point) alors que les prix moyens sont proches de ceux de l’année dernière (+1,0%). Les grandes destinations sont de plus en plus concurrencées.

Alors que le mois de juillet 2003 s’était avéré très médiocre pour l’hôtellerie de chaînes européenne (une baisse des taux d’occupation de 0,9 point et des prix moyens de 4,1% avait conduit à un repli du RevPAR de 5,4% par rapport à 2002), les professionnels du secteur escomptaient sans doute une reprise plus franche pour le début de la saison estivale 2004. Les résultats du mois de juillet font état d’une progression des résultats par chambre disponible de 1,7% qui tranche avec la progression de 5,6% enregistrée en juin, mais indique néanmoins la poursuite du rétablissement des niveaux d’activité.Les résultats par pays indiquent une très grande hétérogénéité des situations. Les grandes destinations touristiques traditionnelles que sont la France, l’Espagne et l’Italie enregistrent un début de saison en demi-teinte. Les RevPAR y sont en recul respectivement de 1,1%, 8,5% et 1,4%. Ce sont même les seuls pays de l’Union européenne qui enregistrent des reculs de taux d’occupation en juillet. Les motifs d’explication sont multiples. L’Espagne a vu son offre progresser significativement ces dernières années. En France, le climat n’a pas été très engageant sur le littoral alors que certains vacanciers craignaient au contraire d’y subir une canicule semblable à celle qui s’était abattue sur le pays l’année dernière. Les marchés émetteurs n’ont pas pourvu les volumes de clientèles attendus. C’est le cas de la clientèle américaine, on l’a vu. C’est également la cas de la clientèle européenne. L’atonie de l’économie outre-Rhin notamment, a incité les vacanciers allemands à privilégier les destinations moins onéreuses d’Europe de l’Est ou du pourtour méditerranéen (Croatie, Maghreb). L’émergence de nouvelles destinations qui viennent concurrencer les grands pays touristiques est une évidence. Le Royaume-Uni, les pays Nordiques et également les pays d’Europe de l’Est tirent leur épingle du jeu avec des progressions très significatives des RevPAR grâce à des évolutions soutenues des taux d’occupation. M.Yanev, General Manager de l’hôtel Quality Inn Hampstead à Londres confirme : “L'été 2004 aura été très satisfaisant sur Londres, tout comme le reste de l'année d'ailleurs. Nous travaillons vraiment bien cette année. Il n’y a pas d'événement particulier sur la ville, mais juste beaucoup plus de touristes que l'année dernière. Je n'ai pas l'impression non plus que ce soient des opérations promotionnelles particulières qui aient influencé les départs vers Londres. Notre clientèle est à moitié nationale. L'autre partie est principalement européenne et américaine. Concernant l'Europe, nous recevons de plus en plus de Scandinaves, de Français et d’Allemands”. Le même enthousiasme touche l’Europe de l’Est. Andrew Farnfield , Directeur Sales & Marketing de l’hôtel Four Seasons Hotel Prague confie : “2004 dépasse nos attentes. Prague devient de plus en plus populaire comme destination loisirs. Même si l'offre s'accroit d'une année sur l'autre, la demande suit". Le chalenge est lancé pour la vieille Europe.La principale surprise de ce mois de juillet vient peut-être des niveaux des taux d’occupation qui sont très stables par rapport à l’année dernière (+0,5 point seulement). L’ensemble des catégories connaissent des difficultés de remplissage. C’est notamment le cas des segments super-économiques qui ont du mal à digérer l’extension du parc des années récentes. Bien que l’occupation moyenne de ces établissements demeure à des niveaux très satisfaisants, à 80,6% en 0* et 77,0% en 1*, les évolutions d’une année à l’autre sont négatives (respectivement -1,5 point et –1,1 point). L’hôtellerie haut de gamme connaît un mois en demi- teinte avec des taux d’occupation identiques à ceux de l’année dernière. Seule les catégories 2* et 3* voient finalement leur niveau de remplissage progresser d’une année à l’autre, de 0,4 point en 2* et de 1,4 point en 3*. Ce sont d’ailleurs les établissements du segment 2* qui assurent la plus franche évolution des RevPAR (+4,3%) grâce à une progression significative des prix moyens. Les catégories super-économiques affichent également une progression sensible des RevPAR à travers la croissance des prix moyens qui compensent le recul des taux d’occupation. L’hôtellerie haut de gamme enregistre à nouveau une amélioration des RevPAR en juillet, également grâce à l’action sur les prix moyens. Les marges de manoeuvre sont néanmoins réduites pour les établissements 4*. Les progressions des prix moyens de 1,2% et des RevPAR de 1,3% sont encore loin de compenser les reculs enregistrés en juillet 2003 qui avait vu le prix moyen de ces établissements reculer de 5,0%, entraînant un repli de 5,8% des RevPAR. De l’avis général, le retour de la clientèle extra européenne, notamment nord-américaine, n’est pas aussi important qu’escompté et nombre d’observateurs constatent que le budget de ces consommateurs est réduit par rapport aux années passées, conséquence d’une monnaie européenne qui atteint ces derniers mois de niveaux historiques par rapport au dollar. Jean-Louis Leimbacher, Directeur général de l’Hôtel du Palais à Biarritz confie : “Nous avons fait un mois de juillet identique à 2003 avec un taux d’occupation de 78% dont 65% d’étrangers. La clientèle américaine est en hausse, ainsi que la clientèle espagnole. Mais les Anglais sont en recul, en raison de la suppression d’une ligne Ryanair sur Biarritz. Cependant, les Américains, qui occupaient 25% des chambres avant le 11 septembre, pèsent seulement 11% des chambres aujourd’hui. L’activité reprend doucement, mais c’est pas facile avec un dollar faible”. Dans ce contexte les hôtels 3* affichent une progression des RevPAR tout aussi modérée. Comme l’explique Olivier Ries, Directeur de l’hôtel Comfort Inn Erasme à Bruxelles : “Nous sommes obligés de nous aligner par rapport à la concurrence. La pression sur le prix est telle que les hôteliers revoient tous leurs tarifs à la baisse quelle que soit la catégorie. Dans ce cas, les clients vont se rendre dans un hôtel 4* pour le prix d'un 3* par exemple. En juillet et en août, ce n'est pas difficile de trouver une chambre à Bruxelles et les touristes n'hésitent donc pas à négocier le prix”.Les résultats sur 12 mois tempèrent néanmoins cette impression mitigée. A fin juillet, la tendance reste toujours à l’amélioration et le RevPAR moyen de l’hôtellerie européenne progresse de 2,1%. Il suffit de remonter au début de cette année pour retrouver des évolutions négatives du RevPAR sur l’Union européenne. Cette amélioration des indicateurs résulte d’une stabilisation des taux d’occupation, en hausse de 0,8 point par rapport à l’exercice précédent, et des prix moyens, en progression de 0,8%. En terme de RevPAR, aucune catégorie n’est à proprement parlé dans le rouge puisque tous les segments voient leur revenu par chambre disponible s’accroître. On remarquera néanmoins les difficultés rencontrées par l’hôtellerie 3* à stabiliser son prix moyen, toujours en recul de 1% sur 12 mois.

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