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Tendances

Septembre 2019 : les hôteliers européens peinent à faire leur rentrée

La plupart des pays patinent ce mois-ci, à quelques exceptions près. Les destinations sont au ralenti en ce mois de septembre obscurci par plusieurs faillites dans le monde du tourisme (Thomas Cook, Aigle Azur, XL Airways, Adria Airways…).

L’évolution du parc est en effet stagnante (+0,0 pt), pour un taux d’occupation de 81,2% ; le prix moyen (110,20 €HT) compense très légèrement (+1,9%) pour un RevPAR qui évolue à la même vitesse, à savoir +1,9%.

Le cœur de l’Europe a brillé de mille feux en ce mois de rentrée scolaire. La Belgique et le Luxembourg ont eu plus en commun que les institutions européennes, puisque les deux pays ont tous deux rencontré un succès incontestable.

La royauté à la fois flamande et francophone a battu un triple record, à savoir la meilleure évolution de taux d’occupation, à hauteur de +1,5 point (TO de 81,5%), la meilleure progression de prix moyen, soit +13,2% (PM de 118,70 €HT), conduisant naturellement à un revenu par chambre disponible à deux chiffres, soit +15,4% (96,70 €HT) – la plus rapide hausse de RevPAR. Bruxelles, qui concentre une grande partie du parc hôtelier belge, connait usuellement ses plus belles performances au cours du mois de septembre chaque année. En effet, touristes d’agrément et activité MICE se conjuguent pour faire monter la température des hôteliers bruxellois avec +21,4% de RevPAR (111,40 €HT), grâce à une hausse du PM (+17,7%) et du TO (+2,5 pts) qui atteint 82,1% en cette période d’inter-saison.

Le Luxembourg, troisième meilleure évolution de RevPAR, a enregistré de belles performances également, pour les mêmes raisons que sa consœur européenne : l’activité d’affaires y est très présente et se reporte traditionnellement sur le hors-saison succédant à la période estivale, en raison des températures encore clémentes que celle-ci offre. Le petit Etat a ainsi fait grimper son RevPAR de +6,5%, qui se fixe à 120,00 €HT – premier RevPAR de l’Europe en chiffres absolus. Son occupation n’a que sensiblement bougé, soit de 80,3% à 80,8% (+0,5 pt), si bien que sa progression est principalement due à une hausse du prix moyen (+5,8%) qui atteint 148,50 €HT, également meilleur résultat en absolu de tout le panel.

Malgré la crise du secteur hôtelier espagnol engendrée par la faillite de Thomas Cook le 23 septembre, le pays parvient à fermer le podium en gravissant la troisième place. Avec une occupation en légère augmentation (+1,1 pt) et une légère hausse des prix (+7,6%), le royaume ibérique remonte son RevPAR de +9,0%, la deuxième meilleure progression du continent, pour atteindre 92,20 €HT. Cette bonne santé s’explique par le fait que le marché est surtout porté par le tourisme urbain. Les métropoles ont particulièrement bien réussi, notamment Madrid et Barcelone qui évoluent respectivement de +2,1 pts (85,0%) et +3,5 pts (89,7%), et même de +17,8% (107,40 €HT) et +27,0% (138,30 €HT) en termes de RevPAR.

L’Italie emboîte le pas à l’Espagne avec la quatrième meilleure évolution de RevPAR, à savoir +4,5% (111,70 €HT). La république européenne associe progression de PM (+2,5%) et de TO (+1,6 pt) pour soutenir cette croissance. Celle-ci n’est cependant pas le fruit de destinations très touristiques comme Venise, puisque cette dernière, qui a mis en application une taxe d’entrée pour limiter et compenser les désagréments de sa fréquentation touristique, a perdu -0,8 pt d’occupation, pour une moyenne à 87,7% - ce qui demeure le deuxième meilleur résultat en absolu derrière Florence (90,4%), elle-même cité très populaire auprès des touristes, qui n’a cependant pas progressé ce mois-ci (+0,0%).

Quatre pays ont rencontré une situation à peu près similaire, à savoir une stagnation voire un léger recul de leur taux d’occupation pour une croissance du RevPAR autour des 3-4% portée par une hausse des tarifs. Par ordre de progression du revenu par chambre, il s’agit du Portugal (+4,4%), de la Pologne (+4,4%), du Royaume-Uni (+3,3%) et de la France (+3,1%).

Le royaume britannique a remonté ses prix (+3,8% de PM) pour compenser la fluctuation de la livre sterling, baisse qui s’accompagne d’une perte de touristes (-0,4 pt de TO) devant l’incapacité du nouveau premier ministre à rassurer au sujet de la sortie de l’UE, initialement prévue le 31 octobre 2019, rendant le scénario d’un Brexit « no deal » de plus en plus probable.

Le Portugal réussit à remonter la pente après un mois d’août en recul (-1,3 pt) pour venir se stabiliser à une très bonne moyenne d’occupation – la meilleure de tout le panel – à savoir 90,0% (+0,7). Cette progression s’accompagne d’une montée des prix (+3,6% - 103,60 €HT de PM), preuve que la destination regagne en confiance et en popularité, augurant une bonne saison d’hiver.

La Pologne quant à elle ne fait que compenser ses pertes (-0,1 pt) en remontant bien ses tarifs (+4,5%) pour afficher un bilan de RevPAR positif à la fin du mois, qui passe ainsi de 56,00 à 58,50 €HT. Cracovie (-0,1 pt), Wroclaw (-3,1 pts) tout comme sa ville au cadre idyllique de Poznan (-3,6 pts) perdent en popularité. Seules sa capitale (+0,7 pt) et sa ville portuaire de Gdansk (+4,3 pts) parviennent à se maintenir.

Ensuite la Hongrie figure d’exception ce mois-ci : elle est la destination qui perd le plus de part de marché (-2,7 pts) et pourtant réussit à obtenir un bilan positif de son RevPAR (+1,6%), soutenu par le PM qui progresse de +4,8% (pour arriver à 94,10 €HT).

Enfin six états se retrouvent dans le négatif ce mois-ci en termes de RevPAR, principalement situés en Europe centrale et du Nord (à l’exception d’un pays méditerranéen) : les Pays-Bas (-0,2%), la Grèce (-0,3%), la République Tchèque (-0,6%), la Lettonie (-2,2%), l’Autriche (-3,9%) et enfin, et surtout, l’Allemagne (-5,8%).

La république fédérale a connu la rentrée la plus difficile. Quasiment toutes les grandes villes allemandes ont perdu des parts de marché. Seules trois d’entre elles maintiennent leur RevPAR à la hausse : Dresde (+0,4%), Leipzig (+3,0%), et Düsseldorf (+5,2%). A l’échelle nationale, la fréquentation (-1,0 pt) et les prix reculent (-4,6%) dont la moyenne se fixe à 107,30 €HT, huitième prix moyen en chiffres absolus.

Pour ce qui est de l’Autriche, sa capitale (-1,1 pt) tout comme le berceau de Mozart (-0,6 pt) n’ont réussi à séduire les touristes en septembre. A voir si la saison MICE qui commence en septembre réussira à améliorer les performances de la destination pour celle qui est classée deuxième ville européenne en nombre de réunions d’associations internationales (estimées à 404 en 2018), à savoir Vienne, derrière Bruxelles (763 réunions).

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