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Enquêtes

Quel enjeu du recrutement dans le secteur hôtelier en Europe ? Partie 2

« Il faut changer de paradigme, repartir de l'humain » disait Olivier Chopin, Directeur Général chez Les Hôtels de Bordeaux et Président de l’Association des investisseurs Franchisés Louvre Hotels Group, à propos de l’enjeu du personnel dans le secteur hôtelier au Paris Asset Forum >hospitality 2019. Mais comment se définie cette masse salariale en Europe ? Quelles sont ses caractéristiques ? Quelles différences entre pays ? Partie 2 : Un profil plutôt jeune et peu diplômé en hôtellerie et entre emploi et économie, de grandes disparités des coûts et des salaires.

Dans ces circonstances exceptionnelles, Hospitality ON et son partenaire OK-Destinations mettent gratuitement à votre disposition les statistiques de performance des hôtels afin que vous puissiez suivre l'actualité et être informé au mieux.

Un profil plutôt jeune et peu diplômé en hôtellerie

Un quart des personnes sont peu diplômées dans l’hôtellerie

Pour ce qui est du niveau d’études, la répartition est globalement plutôt équilibrée dans le secteur du tourisme, offrant davantage d’opportunités aux bacheliers qu’autres : la moitié (50,1%) des personnes ont un niveau de diplôme moyen (niveau baccalauréat), un tier (29,4%) ont un niveau élevé (licence, master, doctorat), et seulement 20,5% ont un faible niveau (BEP, CAP, sans diplôme…).

L’hôtellerie est le secteur offrant le plus d’opportunités ou personne sous-diplômées : en effet, elles représentent un quart (25,8%) des emplois du secteur. De l’autre côté, c’est aussi le secteur offrant le moins d’emplois accessibles aux personnes avec un haut niveau d’études, à hauteur de 22,8% des emplois.

Les secteurs de l’aérien et des agences de voyages et TO sont ceux offrant le plus d’emplois accessibles avec un haut niveau d’études, à hauteur de 43,2% pour l’aérien et de 47,6% pour la distribution de voyages. Les emplois nécessitant un niveau baccalauréat restent majoritaires dans le secteur aérien (49,7% des emplois), mais deviennent secondaires dans le secteur des agences de voyages et TO (45,7% des emplois). Enfin, les chances de trouver un emploi pour des personnes avec un faible niveau d’études deviennent difficiles dans ces deux secteurs, puisqu’ils n’ont accès qu’à 7,4% des postes dans l’aérien et 7,0% dans les organismes de voyage. Graph6

L’hôtellerie possède une main d’œuvre assez jeune

Les personnes qui travaillent dans l’industrie du tourisme se rapportent à plusieurs classes d’âge, avec une majorité de personnes entre 25 et 34 ans (24% des personnes), suivie de la classe des 35-44 ans (23%), des 45-54 (23%) et une minorité de plus de 55 ans (16%) et de 15-24 ans (13%).

L’hôtellerie est le secteur accueillant le plus de personnes « jeunes » des trois secteurs du tourisme. En effet, les deux tranches d’âges cumulées des 15-24 et des 25-34 représentent 39% de la main-d’œuvre totale. Les très jeunes (15-24 ans) ont tout particulièrement plus d’opportunités dans ces secteurs, à raison de 15% des emplois, contre 9% dans les agences de voyage et TO et seulement 6% pour l’aérien. Cette réalité est à mettre en lien avec le facteur de pénibilité de certains emplois de l’hôtellerie, telle que les métiers de femme de chambre ou le personnel de réception. Ces métiers nécessitant de fortes contraintes physiques (efforts physiques, postures, travail de nuit…) sont davantage occupés par un personnel plutôt jeune. Aussi, l’âge est également corrélé au niveau d’études : ainsi plus la tranche des 15-24 ans est représentée, plus la proportion de personnes avec un faible niveau d’études est importante.

A contrario, les secteurs de l’aérien et des agences de voyages et TO embauchent un personnel plus âgé, avec une majorité de la tranche de personnes âgées entre 35 et 44 ans, à hauteur de 28% des emplois du secteur aérien et de 26% des emplois des organismes de voyage. Les 45-54 ans sont également bien représentés : 28% des emplois pour le premier secteur, 24% pour le second. Cette situation est également directement liée au niveau d’études. En effet, les personnes ayant un haut niveau d’études rentreront plus tardivement sur le marché du travail, réduisant ainsi la proportion des 15-24 ans et augmentant la proportion des tranches d’âge suivantes.

Au niveau de la répartition des âges par pays, la main d’œuvre est globalement âgée entre 25 et 54 ans, avec une sur-représentation de la tranche des 25-34 ans, à l’instar des chiffres de l’industrie. Certains états font cependant exception. Ainsi la Grèce, l’Espagne, la Roumanie ou encore la Suède ont une main d’œuvre majoritairement âgée entre 35 et 44 ans. Quant à l’Allemagne, la France et Malte, ces trois pays ont davantage de personnes actives entre 45 et 54 ans dans le tourisme. Ces derniers ont également en commun d’avoir des populations vieillissantes, avec un âge médian autour des 40 ans dans les trois cas.

Emploi et économie : de grandes disparités des coûts et des salaires

Un coût de la main d’œuvre très important dans le nord de l’Europe, la France étant au même niveau que le Luxembourg ou les Pays-Bas

En ce qui concerne le coût de la main d’œuvre, les résultats sont très inégaux au sein même de l’industrie du tourisme, avec de grands écarts entre l’hôtellerie, le secteur aérien et celui des agences de voyage et TO. Ainsi la main-d’œuvre la moins onéreuse est celle du secteur de l’hébergement, avec un coût moyen de 15,90€ de l’heure. Viennent ensuite les organismes de voyage, chez qui le personnel coûte en moyenne 23,20€ de l’heure. Pour finir le secteur aérien est de loin le plus coûteux : 43,50€, soit plus du double du coût horaire de l’hôtellerie. Ceci est notamment dû aux salaires du personnel navigant et des pilotes qui sont élevés et font ainsi monter le coût de la main d’œuvre du secteur.

Dans le secteur hôtelier européen, la moitié de la main d’œuvre est payée en dessous de la moyenne du continent (15,90€ de l’heure pour rappel). Le record est battu par la Bulgarie à 3,00€, mais on retrouve également des champions du tourisme européen dans cette première moitié, à savoir la Chypre (8,1€), Malte (9,90€), le Portugal (9,80€) ou encore la Grèce (11,10€).

L’autre moitié se situe au-dessus de la moyenne européenne. Nous retrouvons dans ce groupe les pays comme l’Espagne (15,80€), l’Irlande (16,60€), l’Allemagne (17,60€), le Royaume-Uni (17,00€), l’Italie (19,10€), ou encore l’Autriche (18,60€). Trois pays ont à peu près le même coût de main d’œuvre moyen : les Pays-Bas (21,00€), la France (21,10€) et le Luxembourg (21,90€). Six marchés sont largement au-dessus de ces résultats. Il s’agit des états situés principalement dans le nord de l’Europe, ainsi que la Suisse (34,60€ - record de tout le panel). Les pays au nord de l’Europe concernés sont, par ordre croissant de coût : la Finlande (26,3€), la Suède (27,80€), la Belgique (28,50€), le Danemark (30,20€) et la Norvège (34,00€).

L’enjeu des charges sociales : une réelle différence sur le salaire d’un pays à l’autre

Aussi la différence entre le coût de la main-d’œuvre et le salaire horaire brut n’est proportionnellement pas la même d’un pays à l’autre. Certains pays auront des charges sociales plus importantes que d’autres, engendrant un surcoût sur le coût du salaire. Ainsi, la différence entre le prix de la main d’œuvre et le salaire brut horaire est de 47% en Belgique, puisqu’on passe de 28,50€ de l’heure à quasiment la moitié, soit 15,00€. Au Danemark la différence ne représente que 26,2% du coût de la main d’œuvre, ce dernier étant de 30,20€ et le salaire brut de 22,30€. Enfin pour la France, le salaire brut de 13,20€ de l’heure est obtenu après déduction de 37,4% du coût de la main d’œuvre, qui est de 21,10€.

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