Accéder au contenu principal

Analyses

Paris, la destination à la loupe

Suite à notre top des métropoles 2018 pour les marchés hôteliers, la rédaction d'Hospitality On vous propose de revenir plus en détail sur chaque ville composant le top. Chaque focus sera l'occasion de dressé le portrait de la destination : analyse des chiffres, grands projets en cours... Des textes qui seront aussi des invitations à la réflexion autour des enjeux de chaque destinations. Début aujourd'hui avec la première place du top : Paris.

Retrouvez nos différents focus et le Top en cliquant sur les liens suivant :

# Le Top des métropoles pour les marchés hôteliers 
#1 Paris
#1.5 le Grand Paris
#2 Nice
#3 Lyon

#4 Marseille
#5 Bordeaux
#6 Strasbourg
#7 Rennes
#8 Nantes
#9 Rouen

Et maintenant... #1 Paris !

Les chiffres clefs de l’hôtellerie : (Source :  observatoire MKG Consulting / OK_destination)

les chiffres clefs
Les chiffres clés du tourisme : (sources : INSEE/ OTCP / Inside Airbnb / ADP)

les chiffres clefs

Les chiffres clés macroéconomique : (Source : INSEE)

les chiffres clefs de l'hôtellerie

L’analyse des chiffres

Très belle année pour la capitale. Les tendances du marché sont bonnes, que cela soit du côté de l’offre avec des ouvertures d’hôtels, ou du côté de la demande, avec une hausse du nombre d’arrivées internationales et une hausse du nombre de nuitées. Les indicateurs de revenus et de prix sont clairement les chiffres les plus parlant pour 2018, avec de très belles croissances. En fait, c’est le retour à la normale, à la croissance, après les années post attentat. Prix cassés, stagnation du TO, puis retour des touristes, hausses du TO, puis cette année hausse des prix.

Le taux d’occupation est particulièrement impressionnant : 81% ; alors même que Paris est la deuxième ville avec le plus d’Airbnb au monde. En fait les logements meublés pour les courts séjours touristiques sont venus apporter un relais d’offre sur des hôtels déjà complet. Il y a donc encore de la place pour de nouveaux acteurs, d’autant plus que le nombre d’arrivées internationales continue d’augmenter.

L’hôtellerie parisienne est une vraie valeur sûre, presque refuge. L’immobilier monte quasiment depuis 10 ans, avec quelques exceptions ou micro baisses ponctuelles, le nombre de touristes augmentent : après tout Paris sera toujours Paris. Ou le redevient deux ans après les attentats.

la France, éternellement triomphante

Quelques éléments de contextes : les problématiques, les risques

Evidemment la crise des Gilets jaunes est une inconnue majeure, qui n’a pas totalement pénaliser les chiffres de 2018 à part en décembre. Cela dit début 2019 les chiffres sont impactés. D’autant plus que la crise continue, même si elle s’est fortement atténuée, et que le contexte reste explosif : européenne, résultat du grand débat national, hausse des prix sur des produits de consommation courante, rapport de la cour des comptes critiquant la hausse du déficit par suite des annonces pour le pouvoir d’achat… La lecture de la situation reste compliquée et l’irruption de la crise, somme toute très soudaine, laisse planer un risque pour l’avenir autour de l’aléas social. Il suffit de remettre de la perspective : grèves pour la loi travail, mouvement à la SNCF, Gilets jaunes…. La tendance est problématique, du moins pour l’image glamour de la capitale. Et cela même si les outils juridiques permettant un maintien de l’ordre, très débattus, se sont multipliés.

Un mouvement social qui fait suite au contexte compliqué des attentats. L’enchainement n’est pas des plus simples, d’autant que le risque terroriste reste présent sur l’ensemble du territoire de la capitale. Il suffit de voir les travaux autour de la tour Eiffel : un mur pare-balle l’entoure désormais. Et l’attentat de Strasbourg en fin d’année ne laisse que peu de places à l’optimisme. D’autant que la situation, tant sur le local, que l’international, se tend.

Vient ensuite la problématique environnementale. Là-dessus Paris semble avoir été grandement épargnée, notamment en termes d’image : le smog recouvre Pékin, Bangkok, mais dans l’imaginaire, Paris reste sur un ciel tout ce qu’il y a de plus bleu. D’ailleurs l’accord sur le climat, communément appelé Accord de Paris, est un excellent de signe de soft power environnemental pour la ville. Pourtant : 13 jours d’alertes pollution en 2018. Si ce n’est pas une variable alarmante, c’est une variable sur lequel il reste nécessaire de rester vigilant. Les pouvoirs publics se sont d’ailleurs emparés du problème : circulation alternée, vignette Crit’Air. La crue de la Seine en 2018 est un autre exemple du risque environnemental.

Crise sociale et politique – il faut penser à la grève au Hyatt rue de la paix, à la tour Eiffel -, terrorisme, problématique environnemental : ce sont les trois macro phénomènes à prendre en compte pour parler des situations de risques à Paris. Il y a un « effet capital » : un étant central Paris doit se poser des questions à toutes les échelles, d’où ces problématiques très larges.

Mais évidemment, d’autres évènements sont aussi, à une échelle plus micro, à prendre en compte. D’abord les élections à venir, en 2020 qui risquent d’être très disputées, dès 2019 … Et si le tourisme devenait un sujet de la campagne ? Cela a été central à Barcelone, notamment sur l’over tourisme et la question du logement. Pareil à Amsterdam. Et il faut souligner que l’un des adjoints de la Maire de Paris, est à la pointe du sujet Airbnb. D’autant plus vu les événements qui se profilent, très touristique : JO, coupe du monde de Rugby. Attention aux élections donc.

Quelques couacs aussi, dommageables, mais sans doute trop confidentiel pour avoir eu un impact sur l’activité touristique : arrêt d’Autolib’, bug généralisé du service Vélib’, fermeture de petites salles de concerts (la vie nocturne et le côté jeune de la capitale restant des points d’enjeux légers face à des destinations comme Berlin et Barcelone).

philharmonie, le symbole d'un renouveau de Paris ?

Quelques éléments de contextes : le positif, les projets

Après des années de décentralisation, puis de crises, d’abord la crise financière de 2007, puis les crises des dettes, la capitale redevient forte de projets voire force de projets. Plusieurs raisons à ce retour : l’arrêts du développement à marche forcée des métropoles d’équilibres et villes nouvelles, prises de consciences d’une concurrence européenne, dynamisme des pouvoirs publics avec des alternances, de nouvelles structures, de nouvelles compétences…

Il est en fait possible d’identifier deux phases/tendances. D’abord une partie « soft » de développement - sur le Intramuros - notamment accès sur la Culture : Paris Plage, Nuit Blanche… C’est un aspect plus événementiel. Un aspect où Paris avait une situation contradictoire : de grands salons – Bourget par exemple – une place centrale de la Fashion Week, une ville de congrès, mais pas de grands événements pour les locaux (et dans une certaine mesure pour l’international, comme les soldes à Londres, la Mostra à Venise etc.). C’est en partie résolu, au moins pour l’aspect « locaux » domestique, avec des événements comme la Nuit Blanche, Paris Plage. Sans oublier pour l’international les récents Euro et Gay Games. Puis une seconde tendance, plus « hard », avec des constructions d’infrastructures, souvent d’ailleurs accompagnées d’une vision pour la Ville de Paris. Les réalisations et les constructions sont pléthores : la construction de la Philharmonie, le projet d’un méga musée sur l’Île de la Cité avec le déplacement du tribunal de grande instance de Paris, la Seine Musicale, Paris Rive Gauche et sa faculté, la Défense Arena, la rénovation de la Salle Pleyel, la Fondation Vuitton, bientôt la fondation Pinault, la Canopée… En bref : c’est le retour des grands équipements, des investissements que Paris n’avait pas connu depuis la fin des années 80. L’ensemble est tourné vers la Culture, le Tourisme, avec parfois des partis pris forts : fermeture des quais aux voitures, création des Grands Voisins, création d’un équilibre à l’Est de Paris avec de nouveaux quartier (Bercy Charenton, Paris Rive Gauche), mais aussi au Nord avec le Quartier de la gare Rosa Parks, la création du Campus Luxembourg… L’économie verte, le collaboratif, le tout vélo-bobo a le vent en poupe, tout simplement.

Il suffit d’observer le retour des grands investissements étrangers : le Qatar avec le PSG, HSBC qui ramène des activités à Paris à la suite du Brexit, l’autorité Bancaire européenne qui se transfert de Londres à Paris pour la même raison… Et pour rester sur une industrie de la Culture : AEG et Live Nation, les deux géants du spectacles américains, accélèrent en France ; AEG rachète Rock en Seine, Live Nation implante deux de ses festivals (Download et Lollapalooza). Et de plus petits acteurs ont aussi le vent en poupe, le Wanderlust, la Concrete qui a eu l’autorisation d’ouvrir 24h sur 24h par la Mairie. La culture et le spectacle se taillent une place de roi dans l’économie de la capitale.

Evidemment le prochain grand sujet sera les JO. Un sujet en fait double tant les jeux et leurs destins sont liés au fameux Grand Paris Express. Ce point sera abordé de deux façon : d’abord un peu plus bas dans un encadré dédié au Grand Paris Express et aux olympiades, mais aussi dans un article plus précis sur Paris comme Métropole et pas simplement comme ville intramuros. Avec une vraie question : est ce que dans l’imaginaire touristique, les événements, les transports, vont réussir à transformer l’image de la destination Paris, aujourd’hui très centrée sur la Seine et ses rives, pour une destination plus large, réellement métropolitaine.

Pour retourner à une temporalité plus courte, 2019 devrait voir plusieurs projets se concrétiser. D’abord la piste cyclable grand format reliant la Bastille à la Place de l’étoile. L’ouverture du musée de la Libération dans le 14ème arrondissement est aussi au programme, les travaux qui durent depuis 2015 devraient s’achever le 25 Aout 2019, pour l’anniversaire de la Libération de Paris. La fin d’une première partie de la rénovation de Roland Garros est aussi au programme, avec l’ouverture des serres d’Auteuils. Le chantier sera totalement terminé d’ici 2020. Paris verra aussi en 2019 le retour du salon du Bourget, sans doute un salon qui sera là d’un moment clef de l’année.

Quelques sujets pour le futur de la destination

Airbnb : Une grande lutte est en cours sur la problématique Airbnb. L’hôtel de ville parisien estime que la loi ne va pas assez loin sur la régulation des logements meublés pour location de courte durée (en somme : les logements sur Airbnb). Aujourd’hui la loi autorise une location – pour les résidences principales, non pour les secondaires – de 120 jours par an et un numéro d’enregistrement est obligatoire à Paris. La ville a porté plainte contre de nombreux propriétaires fraudeurs d’un côté, et directement contre la plateforme de l’autre. L’ensemble des procès et réglementation sont gelés en attendant une décision de Bruxelles, réponse qui n’arrivera pas de manière définitive avant plusieurs années.

Sur les JO 2024 : les sites liés aux JO sont répartis en deux zones. Une zones dites Grand Paris, sur le territoire de Plaine Commune jusqu’au Bourget. Une zone directement intramuros, autour des rives de la Seine. D’ailleurs, les berges de Seine, qui, rappelons-le, sont classées à l’UNESCO, devraient accueillir de nombreux événements pour l’occasion. Des épreuves auront lieux à la Tour Eiffel, sur l’esplanade des Invalides, au Stade Jean Bouin, au Parc des Princes, au Grand Palais… Une multitude de lieux parisiens serviront à la fête. Les nouvelles constructions, notamment le village olympique, se feront exclusivement sur la zone Grand Paris. Cela dit Paris verra tout de même des endroits être rénovés, ou réaménagés, comme le Grand Palais qui va pour l’occasion se faire une seconde jeunesse (début des travaux en 2019).

Grand Paris Express : une partie des lignes devraient être prêtes pour les JO. Le projet est en ce moment même sous le feu de nombreuses critiques, les élus locaux reprochent un projet au rabais depuis que le gouvernement Philippe a pris la décision de mieux contrôler les coûts. Notamment sur les gares. Mais cela concerne avant tout le Grand Paris. À Paris intramuros il n’y aura que 3 nouvelles stations de Métro, sur la Ligne 14, dans le 17ème au niveau de la ZAC (zone d’aménagement concertée) des Batignolles. D’ailleurs les travaux devraient arriver à termes sur la ZAC fin 2019 voire début 2020.  La zone bénéficie déjà de l’ouverture d’une nouvelle section du T3 fin 2018. 

MICE, congrès, business : Si les chiffres de 2018 ne sont pas encore communiqués, Paris était en 2017 la seconde destination mondiale en termes de nombre de congressistes. Et cette excellente position devrait se maintenir en 2018 et en 2019 : Paris est une grande destination congrès, Business et Salon. Sans compter que cette position risque d’être accentuée si le Brexit se confirme. 2019 sera aussi le retour du salon du Bourget, toujours un moment fort pour les hôteliers parisiens.

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?