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Analyses

Lyon, la destination à la loupe

Suite à notre top des métropoles 2018 pour les marchés hôteliers, la rédaction d'Hospitality ON vous propose de revenir plus en détail sur chaque ville le composant. Chaque focus sera l'occasion de dresser le portrait de la destination : analyse des chiffres, grands projets en cours... Des textes qui seront aussi des invitations à la réflexion autour des enjeux de chaque territoire. Suite aujourd'hui avec la troisième place du top : Lyon.

Retrouvez nos différents focus et le Top en cliquant sur les liens suivant :

# Le Top des métropoles pour les marchés hôteliers 
#1 Paris
#1.5 le Grand Paris
#2 Nice
#3 Lyon

#4 Marseille
#5 Bordeaux
#6 Strasbourg
#7 Rennes
#8 Nantes
#9 Rouen

Et maintenant... #3 Lyon

Les chiffres clefs de l’hôtellerie : (Source :  observatoire MKG Consulting / OK_destination)

Les chiffres de l'hôtellerie

Les chiffres clés du tourisme : (sources : INSEE / AirDna / ADP)

Lyon chiffres tourisme

Les chiffres clés macroéconomiques : (Source : INSEE, consortium immobilier)

Lyon chiffre Macro

Une phase de plateau pour Lyon ? Entre 2016 et 2017 le TO prenait plus de 3 points, entre 2017 et 2018 la hausse n’est plus que de 0.7. Alors même que le nombre de chambres et d’hôtel reste stable selon l’INSEE (262 chambres en moins sur 2018 selon l’INSEE, et une création d’hôtel). Certes,  le nombre d’Airbnb est toujours en croissance, ce qui peut expliquer en partie ce léger tassement. La demande a aussi tendance à ralentir, avec une croissance du nombre de nuitées de 3% entre 2016 et 2017. Cela dit le nombre de touristes définitif pour 2018 risque d’être en hausse, l’aéroport signe une année record et globalement la France retrouve des niveaux pré attentats, Lyon devrait aussi en profiter. Non, plutôt qu’une phase de plateau le terme exact serait sans doute celui de « vitesse croisière » pour la capitale des Gones. D’autant que le PM et le RevPar restent solides, et surtout, en progression. Le prix moyen passe 82 euros à 85, le revenu par chambre disponible à 59 euros. Même en nuançant avec l’inflation, la tendance reste à la hausse. La meilleure preuve de la bonne santé de ce marché et de son potentiel est l’arrivée pour 2019 d’un InterContinental dans l’Hôtel Dieu de Lyon. Une ouverture qui sera l’une des dates marquantes de l’année pour le tourisme et l’hôtellerie avec, entre autres, l’ouverture de la Cité Internationale de la Gastronomie. Après des belles réalisations, comme le Musée Confluences, le Groupama stadium, c’est un nouvel équipement de prestige qui vient s’ajouter à la ville lyonnaise. Passé prestigieux, gastronomie mondialement reconnue, nouveau grand projets, chiffres solides : Lyon en impose, tout simplement. C’est toujours la tendance française, un marché qui bouge peu sur l’hôtellerie classique, c’est-à-dire sans airbnb, une demande qui reste toujours importante, et surtout résiliente. Autour de 650 000 chambres en 2017, toujours selon l’Insee, même ordre de grandeur, voire un peu moins en 2018, la demande progresse : de quoi faire un marché solide, surtout dans les grandes villes ou l’immobilier est un actif demandé. Cela dit, si la demande reste en hausse, la dépense reste un point sur lequel des évolutions peuvent se faire : le RevPar de Bordeaux est meilleur que celui de Lyon, alors que Lyon fait plus de nuitées. Il est temps de faire rugir le Lyon.

Quelques éléments de contextes : les problématiques, les risques

Evidemment le premier sujet problématique pour Lyon est cet épineux Lyon Turin. Se fera ? Ne se fera pas ? Le dossier est complexe : sujet de tension au sein du gouvernement italien, entre l’Italie et la France, critiques de la cour des comptes, critiques des écologistes, critiques sur la pertinence du projet. Bref : il n’est pas simple de débrouiller ce sac de nœuds. De toute façon c’est à l’image du projet : titanesque, immense ; 50 kilomètres de tunnel, des coûts qui pourraient atteindre 20 milliards d’Euros en final. En France seul le Grand Paris Express rivalise dans sa complexité, et encore, là où le GPE développe plusieurs infrastructures, le Lyon Turin n’est qu’un seul ensemble de deux tunnels. Certes, le chantier a déjà commencé, en 2016, mais il est aujourd’hui au ralenti voire à l’arrêt. De nombreux recours ont été déposés contre la déclaration de service public, le tunnel n’est pas encore inscrit dans le budget de l’état, le mouvement 5 étoiles en Italie, qui partage le pouvoir avec la Ligue, est contre : autant de raisons qui font dire que les travaux ne vont pas reprendre de si peu. Même si l’Union Européenne a déjà avancé des fonds. La meilleure réponse, du moins du point de vue de l’industrie touristique et hôtelière, c’est de faire passer ce sujet au second plan. Il suffit de comparer avec un projet équivalent, le tunnel de base du Saint-Gothard en Suisse : le début du percement du tunnel était en 1996, pour se finir en 2011, et le tunnel fut ouvert aux clients en 2016. 20 ans donc entre le début du chantier et l’ouverture de l’infrastructure. En prenant comme hypothèses des chiffres similaires pour le Lyon Turin, car les projets se ressemblent, deux tunnels, dans Les Alpes, battant le record du plus long tunnel à son ouverture ; bref, cela donnerait une ouverture en 2036. Peut-être en même temps que le canal Rhin-Rhône ?

Autre sujet, celui-là consubstantiel à la ville de Lyon : les risques, qu’ils soient chimiques, industrielles, technologiques. Sur le Grand Lyon, 10% des emplois se trouvent dans l’industrie, un chiffre unique en France, sans compter que Lyon est le premier centre de production de vaccins au monde (source : site de la métropole du Grand Lyon) mais aussi la ville d’accueil du centre de l’OMS pour la recherche contre le cancer. Une ville qui est donc marquée par l’industrie, la chimie ; depuis longtemps d’ailleurs. C’est un sujet qui a des conséquences directes sur l’immobilier : les logements doivent s’adapter au plan de prévention des risques technologiques, et cela a, évidemment, un coût. Cela dit il y a des moyens mis en place pour adapter le parc immobilier, facilités de financement, crédits d’impôts. Il suffit de lire ce que dit le site de la Mairie de Lyon sur les risques toxiques et comment se mettre en conformité avec le PPRT sur le plan de ces risques précis : « rendre une pièce étanche à toute infiltration d’air. Une seule pièce suffit. Il faut pouvoir tenir environ deux heures avant que les secours interviennent. Cela passe essentiellement par un système pour bloquer la VMC (interrupteur d’urgence) ou la pose de dispositifs d’entrées d’air que l’on peut obturer ». Tout un programme. Les zones à protéger sont notamment autour de la vallée de la chimie, au sud de la ville (voir carte ci-dessous).

Carte des risques technologiques à Lyon

Point récurent dans ces focus sur les villes de notre top des métropoles : les municipales qui arrivent, début 2020 et qui devraient voir les campagnes commencer en 2019. C’est le même schéma qu’ailleurs, une recomposition politique en cours qui fait craindre des campagnes dures, en forme de courses à l’échalotte. D’autant que Lyon est le territoire d’un poids lourds politique : Gérard Collomb, qui a d’ores et déjà annoncé sa candidature. Il est actuellement Maire de Lyon, mais aussi président de la métropole du Grand Lyon. Une année politique riche en prévision donc (il ne faut pas oublier que la ville n’a pas été exempt de violence lors de la crise des Gilets jaunes, qu’une ZAD a longtemps été évoquée pour contrer la construction, aujourd’hui achevée, du Grand Stade de Lyon).

Le prix de l’immobilier a pris 20% en deux ans (source : meilleursagents.com), le nombre de visiteurs au musée des confluences est en baisse constante depuis son ouverture en 2015 avec 723 583 visiteurs pour 2017 contre 880 596 pour sa première année en 2015, les chiffres de la fête des lumières ne progressent plus depuis plusieurs années avec 2 millions de personnes en 2016 puis 1,8 million sur les deux années suivantes.

Quelques éléments de contextes : le positif, les projets

  Lyon est une ville d’ambition. Notamment depuis l’arrivée de Raymond Barre, puis de Gérard Collomb à la Mairie. Le but, sans doute atteint, est de devenir une ville qui compte sur l’échiquier européen, au moins d’être dans le top 15 des métropoles, au niveau du tourisme mais pas seulement. Aujourd’hui Lyon c’est tout de même 5 millions de nuitées, et autour de 7 millions de touristes (chiffres issus des bilans de la Métropole de Lyon) : des chiffres comparables avec des destinations comme Madrid, ou Bruges. Et en termes de PIB, Lyon est classée par le think tank Brooking, dans les 300 premières villes du monde avec un PIB équivalent à celui de Turin ou de Berlin. Même si la croissance semble un peu marquer le pas, c’est d’ailleurs ce que montraient aussi les chiffres du tourisme. Dans tous les cas Lyon peut s’appuyer sur des atouts très solides : un centre-ville inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, une gastronomie mondialement reconnue, menée par des noms célèbres, toujours Bocuse et encore Troisgros, une proximité des Alpes….

Croissance PIB et emplois à Lyon

Cette croissance, ces ambitions, se nourrissent via une politique de grands projets, d’infrastructures. En premier lieu c’est la création du musée des Confluences, avec une ouverture à la toute fin 2014. La première année a été au-dessus des ambitions, avec plus de 800 000 visiteurs, depuis ce nombre a baissé, mais le phénomène est connu, normal, pour l’ouverture d’un musée après l’effet nouveauté. Dans le cas du musée Confluence les chiffres restent assez bons, au-dessus des toutes premières prévisions ; ce qui permet aussi de rattraper un peu le bilan du Musée qui avait vu ses coûts de constructions déraper. 2019 verra arriver l’exposition Hugo Pratt et Yokainoshima, esprits du Japon : deux belles expositions qui devraient maintenir les chiffres de fréquentations. Maintient aussi pour la fête des lumières avec 1.8 millions de visiteurs. Pour les nuits de Fourvière les chiffres repartent doucement à la hausse après la mauvaise année de 2016. Une reprise douce après les années attentats. Là aussi les phénomènes sont connus : après des événements majeurs, des aléas, un contrecoup apparait avant un retour des touristes.

Pour revenir sur le quartier de Confluences, les projets commencent à arriver à termes sur la presqu’ile marquant le sud de la ville. Le siège de la région à ouvert, le musée à ouvert, les lignes de tramway ont vu leurs extensions livrées : il ne reste plus que quelques lots de bâtiments à ouvrir et quelques chantiers à boucler. Certes, certains projets en cours sont encore d’importance, comme la halle Girard, qui deviendra une pépinière pour start up et qui devrait être livrée en avril 2019. Comme l’Hôtel 71, qui devrait devenir un hub pour entreprise du monde culturel. C’est une seconde phase qui débute : vie, appropriation de l’espace, entreprise qui s’installent. D’ailleurs le quartier de Confluence a déjà gagné le label éco quartier de l’état et celui de la WWF. Un moment qui risque d’ailleurs d’être important pour l’hôtellerie. Notons l’ouverture d’un MOB hôtel en 2017, pas loin de la future Halle Girard et du musée.

2019 sera aussi l’année des grands travaux pour les espaces publics de la Presqu’île de Lyon : fin de la rénovation de la Place des Terreaux, de même pour la rue et la Place de la République. Les travaux continueront en 2020 avec la livraison dans deux ans donc de la nouvelle place Louis Pradel et de la place Ampère. Un ensemble plus agréable, végétalisé, piéton, en plein dans le quartier classé Unesco, là où les équipements d’envergures se trouvent comme l’Opéra et la Mairie : parfait pour les touristes. Le centre Lyonnais verra aussi ouvrir en 2019 la cité internationale de la gastronomie (avec comme idée de rebondir sur l’inscription du repas des Français au patrimoine immatériel mondial de l’Unesco), dans l’ancien hôtel Dieu de Lyon.

Mais le nouveau grand projet de la ville de Lyon n’est plus Confluence, c’est bien Lyon Part Dieu qui concentre aujourd’hui toutes les attentions. D’abord, la gare de Lyon Part Dieu, devrait être agrandie et voir un quai s’ajouter pour 2023. En lien avec l’ambition d’accueillir plus de touristes, d’ailleurs l’aéroport de Lyon lui aussi va être agrandi, avec une nouvelle piste pour 2019 et des terminaux réaménagés pour 2020 (après l’ouverture déjà d’un nouveau terminal en 2017). Près de la gare devrait être livrée en 2020 une nouvelle tour, la tour To-Lyon, avec notamment un hôtel et 66 000 m2 carrés de bureaux. Ce projet Lyon Part Dieu confirme un déplacement du centre de gravité de la ville de Lyon vers l’est, avec le grand Stade de Lyon et l’extension de la ligne 3 du Tramway. Il s’accompagne de travaux sur le réseau routier Lyonnais, pour enfin se débarrasser de l’A7 coupant la ville en la transformant en boulevard urbain, et en reportant le trafic vers un contournement à l’est. En plus de tous ces travaux, le stade livré en 2016, quasiment en rase campagne, devrait devenir le centre d’un vaste parc d’activité. L’idée vient notamment du dirigeant de l’Olympique Lyonnais, Jean Michel Aulas qui ambitionne de créer une vraie Smart City OL : un hôtel 3 étoiles de 140 chambres, sous marque Kopster et 11 000 mètres carrés de bureaux ont déjà été livrés. D’autres chantiers devraient se terminer en 2019, une maison médicale de 3000 mètres carrés, un grand parc d’activités Indoor. L’ensemble a de quoi faire rêver : et si l’Olympique Lyonnais par ses résultats, dans un championnat en plein boom comme la L1, faisait de ce nouvel espace un lieu mondialement célèbre, comme le Camp Nou ou San Siro ? La balle est au point central, l’engagement dans les mains des Lyonnais : il faudra voir le résultat à la fin du match.

Enfin quelques informations : Pollutec reviendra en 2020  (le salon a lieu tous les 2 ans), la biennale d’art contemporains aura bien lieu en 2019 (dont les chiffres continuent d’augmenter d’année en année) … En 2017 Lyon était la seconde ville française pour les congrès et salon, derrière Paris, avec une centaine de congrès et de salons. Il faudra voir lors de la publication des chiffres 2018 si ces derniers se maintiennent et annoncent une tendance optimiste pour 2019.

Quelques sujets pour l’avenir de la destination

ONLY Lyon : Only Lyon est l’une des plus belles réussites de marque territorial en France. L’une des plus anciennes aussi, la marque existe depuis plus de 10 ans. Avec des opérations de publicités à Milan, le visage de Paul Bocuse sur les taxis milanais a marqué les esprits, des opérations sur les réseaux sociaux, des publicités dans les aéroports parisiens, 1,5 million de personnes touchées sur Linkedin…. La sculpture ONLY Lyon, s’inspirant du maintenant célèbre I AMSTERDAM, est l’un des monuments le plus photographié de la ville sur les réseaux sociaux.

Le club de l’Olympique Lyonnais : Le championnat de football Français change. Arrivée des Qataris au PSG, bons résultats et transferts records pour Monaco, nouvel investisseur à Marseille et à Bordeaux. C’est que, en retrait par rapport à ses voisins européens, le championnat Français permet de rêver avec des recherches de croissances tant il y a à faire. Et à ce petit jeu du pronostic futur, Lyon a des arguments à faire valoir. Outre une histoire, une base de fan, le club est le seul en France qui est propriétaire de son propre stade. Il suffit de comparer avec Marseille ou le loyer du club pour le Stade Vélodrome est un mélodrame perpétuel : être propriétaire de son stade est un avantage. D’autant plus quand cela s’accompagne de projets immobiliers, d’hôtels, où le club et son propriétaire sont parties prenantes. A ce point fort il faut ajouter le centre de formation du club. Le journal L'Equipe écrit en février 2014 que l'Olympique lyonnais occupe la deuxième place en matière de nombre de joueurs formés au club et évoluant dans les « cinq grands championnats européens ». De quoi s’assurer rayonnement et transferts. Certes, l’horizon n’est pas si dégagé que cela : la dette du club reste forte. Mais tous les rêves sont encore permis.

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