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Tendances

Juillet 2019 : la zone francilienne boudée, les régions françaises tirent leur épingle du jeu

La croissance se ralentit en juillet à l’échelle de la France entière. Paris et la région Île-de-France sont les plus touchées. Les autres régions drainent les touristes, qui fuient la plupart des métropoles et zones urbaines, à quelques exceptions près, en ce premier mois de grandes vacances scolaires.

Tout d’abord, les indicateurs sont stagnants durant ce mois de juillet en France. Le taux d’occupation (TO) gagne seulement +0,3 point, le prix moyen (PM) progresse timidement de +1,6% et le RevPAR, qui avait connu une hausse stupéfiante à deux chiffres en juin (+10,2%), avance à un rythme de seulement +2,0% ce mois-ci. En d’autres termes, la croissance accuse un ralentissement dans tout l’Hexagone, alors qu’elle avait entrepris une belle percé le mois d’avant.

Comme évoqué, la capitale est particulièrement impactée. Elle perd un point de TO, tous segments confondus, et parvient à garder son RevPAR positif à +0,3% (139,80 €HT) seulement grâce à une hausse des prix de +1,5%, pour une moyenne de 163,40 €HT. Même situation pour l’Île-de-France (hors Paris), démontrant une tendance de fuite des grandes agglomérations : la région perd -2,0 pts de TO, et grâce à un PM en hausse de +2,7% (77,10 €HT), son RevPAR parvient à se stabiliser à +0,1% (59,90 €HT).

En regardant de plus près, on s’aperçoit que l’hôtellerie francilienne (Paris inclus) recule à tous les niveaux de prestations, se reflétant par une perte de -0,7 pt de TO. Le super-éco est le seul segment avec un résultat positif, mais en réalité il réussit tout juste à s’en sortir à +0,2 pt. L’hôtellerie économique (-0,3 pt), le moyen de gamme (-0,9 pt) et surtout le haut de gamme (-1,6 pt) perdent toutes les trois des parts de marché par rapport au mois de juillet 2018. A Paris intra-muros, c’est surtout le segment d’entrée de gamme qui en pâtit (TO -2,4 pts).

Dans le reste de l’IDF, c’est à peu près tout le parc qui est touché, voire davantage le moyen de gamme (-2,6 pts). Dans chaque cas, les prix progressent afin de compenser cette perte de clientèle. Comme en miroir, ce sont souvent les hôtels qui reculent le plus qui tirent le plus leurs tarifs à la hausse. A titre d’exemple, l’hôtellerie économique parisienne a augmenté de +4,4% son PM (face à +1,5% pour tout le parc parisien), qui passe ainsi 82,90 €HT à 86,60 €HT.

Pour ce qui est du reste de la France, les touristes se sont clairement redirigés vers les autres régions. Et pour cause, tous les indicateurs sont au vert : TO +1,3 pts, PM +1,6% et RevPAR +3,4%. En réalité, il faut prendre du recul par rapport à ces résultats, pour se rendre compte que le parc ne fait que maintenir ses performances pour obtenir un solde positivement neutre. La fréquentation oscille entre 73,3% (+0,9 pt) pour l’entrée et 77,9% (+0,8 pt) pour le haut de gamme. Ce sont les segments du milieu qui gagnent le plus de parts de marché, à hauteur de 1,6 point à la fois pour l’éco et le moyen de gamme. Le prix moyen varie entre 48,40 €HT (+2,1%) pour le bas et 252,90 €HT (+0,8%) pour le haut du panier. Le RevPAR progresse consécutivement surtout sur les segments éco et milieu de gamme : respectivement de +4,2% et +4,4%, pour atteindre 50,00 €HT et 78,30 €HT.

Mais comment ces destinations réussissent-elle à tirer leur épingle du jeu ? Par une association de facteurs qui ont joué en leur faveur. Il y a d’une part les évènements, principalement la Coupe du monde de football féminin, dont les derniers matchs, les plus fatidiques, se sont déroulés au début du mois, notamment à Lyon, ce qui a été très profitable à la région Rhône-Alpes. Mais il y a aussi eu l'édition 2019 du célèbre Tour de France, qui a littéralement fait tourner la boutique des destinations. D’un autre côté, les fortes chaleurs ont fait basculer la demande vers des destinations plus fraîches, en particulier au moment de la canicule, qui a connu son paroxysme le 25 juillet.

Un certain nombre de grandes agglomérations sont cependant en recul, démontrant une véritable fuite des pôles urbains pour se réfugier dans les espaces côtiers, frais, verdoyants ou de montagne. Des villes connaissent ainsi un recul de leur TO comme Lille (-2,2 pts), Rennes (-0,1 pt), ou encore Rouen (-3,1 pts). A l’opposé, plusieurs métropoles progressent, entre autres grâce aux évènements énoncés plus hauts. Il y a tout d’abord Lyon (+6,2 pts), qui a connu la plus impressionnante poussé ce mois-ci avec les trois matchs de la Coupe féminine, propulsant les prix des hôteliers lyonnais de +20,6% et leur RevPAR de +31,6% !

Loin d’être aussi spectaculaire, quoi que révélant tout de même une évolution à deux chiffres, la capitale alsacienne a fait grimper son RevPAR de 12,4% en juillet, grâce à un PM en évolution de +7,9% et un TO en progression de +2,9 pts. Pourtant Strasbourg n’a pas accueilli d’évènement national, et n’a pas été épargnée par les fortes chaleurs. La fréquentation du parc a en effet progressé en s’étalant sur tout le mois de juillet. Plusieurs journées ont néanmoins battu des records d’occupation : le lundi 15 à 87,96% en termes de progression (+18,39 pts) ou encore le lundi 1er juillet en termes de résultats absolus (95,07%), pour ne citer que quelques exemples.

Enfin les métropoles de Montpellier ou encore de Grenoble ont également eu un succès certain. La préfecture du département de l’Hérault progresse à tous les niveaux : +2,4 pts de TO (77,3%), +1,0% de PM (83,20 €HT), et +4,3% de RevPAR (64,30 €HT). Le chef-lieu de l’Isère démontre elle aussi une belle progression de son RevPAR (+5,6%) qui vient s’établir à 38,20 €HT, mais également de son TO (+2,3 pts) permettant à 59,2% de ses chambres disponibles d’être occupées en juillet.

Pour conclure, et pour rappeler que l’on ne peut réfléchir uniquement en termes d'évolution mais qu’il faut aussi regarder les résultats pour ce qu'ils sont, il convient de rappeler que le meilleur TO a été décroché par Nice à hauteur de 89,8%, et le meilleur PM par Cannes à hauteur de 269,00 €HT. Autrement dit, même si le PACA stagne (+0,8 pt de TO), voire recule (-1,70% de PM), la région n’en demeure pas moins la star de juillet, qui obtient la meilleure fréquentation (81,30%) et le plus fort PM (174,40 €HT) de la France métropolitaine entière.

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