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Tendances

Février 2020 : le Covid-19 fait ses premiers dégâts sur l’hôtellerie européenne

L’Europe fait du sur-place en février. En réalité, les performances sont très disparates d’un marché à l’autre, si bien que l’hôtellerie européenne obtient un bilan plutôt neutre à l’échelle de l’ensemble des marchés. En effet, la moitié des pays ont un RevPAR en croissance, entre +0 et +6%, avec même une exception, à savoir un marché dont l’évolution de RevPAR est à deux chiffres. L’autre moitié du continent accuse quant à elle des premiers effets de la crise du Coronavirus type Covid-19 sur l’Europe.

Dans ces circonstances exceptionnelles, Hospitality ON et son partenaire OK-Destinations mettent gratuitement à votre disposition les statistiques de performance des hôtels afin que vous puissiez suivre l'actualité et être informé au mieux.

Après un premier mois de l’année sur la pente ascendante, l’Europe a une activité stagnante en février. Le taux d’occupation (TO) recule légèrement de -0,7 point pour arriver à 63,4%, le prix moyen (PM) se maintient à 93,90€ HT (+0,9%) pour un revenu par chambre disponible (RevPAR) neutre à -0,2%, soit 59,60€ HT.

Tous les segments ont une occupation en recul. Le Super-éco perd -0.1 pt (TO 61.1%), l’Economique -0.2 pt (64.4% - meilleur TO de tous les segments), le Moyen de Gamme -0.7 pt (63.6%), et le Haut de Gamme -1.4 pt (63.6%).

Les hôteliers tentent d’enrayer ces pertes de clientèle en rehaussant leurs tarifs si bien que la plupart des PM sont en croissance à l’exception de l’Economique qui maintient son PM à 70.40€ (-0.1%,). A l’opposé, l’entrée de gamme augmente le plus son PM, soit de +2.1% pour arriver à 48.60€ HT. Le haut du panier observe la deuxième meilleure progression de PM à +1.8%, pour parvenir à 139.20€ HT. Enfin le PM du Moyen de Gamme augmente de +0.9% pour un résultat de 88.60€ HT.

Malgré cela, la plupart des segments ont un RevPAR en léger recul, sauf le Super-éco, qui, grâce à la meilleure hausse de PM, parvient à obtenir un RevPAR en croissance de +1.9% (29.70€ HT). Par conséquent, l’Eco perd -0.4% de RevPAR pour retomber à 45.30€, le Moyen de Gamme -0.2% pour 56.80€ HT et le Haut de Gamme -0.4% pour 88.60€ HT.

La première moitié performante se situe principalement à l’est de l’Europe, à l’exception du Portugal et de la France, encore épargnés par le début de la crise sanitaire internationale qui marquera ses débuts à la fin du mois sur le continent.

L’Allemagne ouvre la liste des marchés en croissance, même si celle-ci est plutôt neutre (RevPAR +0,1%), elle démontre néanmoins un retour dans le positif après un mois en recul, grâce à une légère hausse du PM au niveau national (+1,2%) alors que l’occupation baisse légèrement (-0,7 pt, TO 65,0%). La plupart des villes allemandes regagnent des parts de marché et rehaussent en conséquence leurs tarifs, notamment celles très portées sur la clientèle d’affaires comme Düsseldorf (RevPAR + 43,4%) ou encore Cologne (+26,3%), à côté d’autres plutôt fragilisées par la crise qui commence à impacter les marchés financiers, si bien que la capitale financière du pays, Francfort, perd -10,2% de son chiffre d’affaires en février.

Sa voisine la Pologne se maintient aussi, avec un TO de 62,4% (+0,1 pt) et une évolution de RevPAR de +0,3%. Cette évolution neutre témoigne de la disparité des résultats entre villes, avec des progressions de RevPAR s’échelonnant entre -9,7% pour Gdansk et +14,8% pour Cracovie. La capitale est néanmoins en déclin (-7,3%) à cause d’un fort recul de son PM (-6,5%), en écho à une baisse de l’occupation (-0,5 pt).

L’Autriche ralentit quant à elle sa croissance après une progression de RevPAR à deux chiffres en janvier. Son revenu par chambre croît de +2,5% pour se fixer à 59,20€ HT, évolution principalement portée par l’occupation qui gagne 1,4 point pour monter à 62,3%, tandis que le PM stagne à +0,2%.

La France ralentit aussi mais parvient à se maintenir. L’occupation se stabilise à 59,6%, en évolution de +0,3 point au niveau national. Le prix moyen croît légèrement (+2,4%) pour monter à 88,50€ HT, entraînant une petite croissance du chiffre d’affaires, à hauteur de +2,9%, pour atteindre un RevPAR de 52,70€ HT.

Le Portugal et la Suisse avancent au même rythme (+3,8%). Le pays de la péninsule ibérique parvient à obtenir une croissance grâce à un PM en évolution de 4,1% pour arriver à 68,80€ HT, dans un effet levier pour compenser les pertes dans le nombre de chambres, qui diminue de -0,1 point (TO 60,9%). Les hôteliers helvètes emploient la même stratégie en février, avec une progression des tarifs de +7.8% alors que le TO accuse un recul de -2,3 points pour redescendre en dessous de la barre des 60% de chambres occupées (59,6%).

La Lettonie (+5,3%) continue d’observer un retour de son activité après plusieurs mois de régression en 2019, notamment en décembre mais surtout en novembre dernier. Sa capitale Riga gagne de nouveaux clients, si bien que son TO monte à 49,9% (+3,8 pts), à la différence de son PM qui lui régresse (-2,8%), le tout conduisant à une croissance du revenu par chambre de +5,3%, qui monte à 26,80€ HT, le plus faible de tout le panel.

Enfin la Hongrie demeure inébranlable, poursuivant son ascension fulgurante grâce à une poussée de RevPAR de +18,5%. Sa capitale, qui porte la croissance, obtient même une croissance de +20,3% de son revenu par chambre, grâce à une hausse de l’occupation de +4,1 pts, qui se rapproche ainsi du niveau européen, avec un TO de 60,6% (60,8% au niveau national), et des prix de +12,1% - même de +13,9% pour tout le pays.

A côté de cette première moitié en progression se trouvent les marchés en recul, principalement du côté ouest de l’Europe,  exception faite de la République Tchèque, qui accuse en plus de cela de la plus forte récession. Ce recul de l’activité est principalement imputé à une perte de clientèle, en particulier la clientèle loisirs qui commence à limiter ses déplacements en raison des débuts de l’épidémie grandissante en février.

Pour commencer, toute la région Benelux est en recul. La Belgique perd un peu en occupation (-0,8 pt), dont le taux demeure assez élevé en comparaison d’autres marchés (68,2%), tout comme pour les Pays-Bas (-0,8 pt, TO 68,5%) ou encore le Luxembourg (-3,4 pts, TO 67,9%). Les niveaux de performances sont ainsi similaires en tous points, si bien que la Belgique comme le duché luxembourgeois ont un RevPAR en baisse de -2,4%, tandis que celui néerlandais recule de -1,7%.

Ensuite se trouve le Royaume-Uni, qui observe également une baisse du revenu par chambre de -2,4%, alors que ce dernier parvenait à se maintenir à la hausse janvier, alors le dernier en tant que membre de l’Union Européenne. L’entrée en vigueur du Brexit dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2020 a inauguré une nouvelle période, tout autant pétrie d’incertitudes quant à l’évolution des négociations avec l’UE. Toutes les grandes métropoles britanniques subissent le contrecoup de ce changement, avec une baisse de l’occupation observée dans tous les marchés : Londres (TO -1,5 pt), Glasgow (-1,5 pt), Edimbourg (-3,1 pts) ou encore Manchester (-1,9 pt). Au global l’occupation du parc national retombe à 72,4%, résultat qui demeure néanmoins le meilleur en absolu sur le continent européen.

Par ailleurs, l’Europe du Sud est la région la plus touchée ce mois-ci. Les trois marchés méditerranéens sont en effet sur la même dynamique de baisse des ventes qui conduit inéluctablement à une perte de chiffre d’affaire.

Dans l’ordre croissant, se trouve en tout premier l’Espagne. Le pays a rencontré des premières perturbations courant février avec la mise en quarantaine d'un hôtel de 467 chambres dans les îles Canaries, suite à la détection d’un cas de Coronavirus dans l’établissement. Les réservations ont été suspendues jusqu’à la mi-mars dans un premier temps. A l’échelle du pays, ce premier mouvement d’annulations se traduit par une perte de -0,8 d’occupation pour un taux qui retombe à 67,3%. A l’échelle territoriale, l’activité se répartit de manière assez inégale, avec des marchés qui chutent, comme Barcelone (TO -11,1 pts, et RevPAR -23,0%) tandis que d’autres progressent spectaculairement comme Alicante (TO +8,2 pts, RevPAR +18,9%) ou Palma De Majorque (TO +8,8 pts, RevPAR +17,7%). Mais globalement, l’hôtellerie espagnole ne parvient à maintenir à la hausse son revenu par chambre qui baisse -1,5%.

La Grèce, deuxième pays de la Méditerranée le plus touché, accuse d’un recul de -7,2% de son RevPAR. En effet, les hôteliers vendent sensiblement moins de chambres qu’en février 2019, si bien que le TO perd -3,1 points pour retomber à 55,7%. Athènes est particulièrement impactée, avec une baisse de TO de -4,6 points (51,2%) alors que la ville portuaire Thessalonique parvient à se stabiliser avec 61,9% de ses chambres occupées (TO +0,0 pt). La destination subit ainsi les premières répercussions de la limitation des voyages en Europe, alors que les premiers cas du Covid-19 ne sont déclarés qu’à la fin du mois. Pour une analyse plus poussée de l’impact du Coronavirus type Covid-19 sur le tourisme grec, consultez cet article.

Mais c'est avant tout l’Italie qui ressent les premiers chocs de la crise, en tant qu’épicentre de l’épidémie sur le sol européen. Les premiers cas découverts le 21 février en Lombardie et en Vénétie ont entraîné une réaction en chaîne, depuis la réduction de la période du Carnaval de Venise (écourté de deux jours), suivi par la mise en quarantaine de 11 villes jusqu’au confinement total de la destination mi-mars. Cette escalade rapide des événements se traduit par une perte de -8,2 points d'occupation pour conduire à un TO de 56,7% sur tout le mois, alors que le départ des touristes ne s’observe que sur la dernière semaine de février. Le prix moyen se maintient néanmoins à +0,8%, mais n’empêche pas la chute du RevPAR de -11,9%. Les villes du Nord sont naturellement plus impactées que les autres : Milan (RevPAR -15,9%), Turin (-19,0%) ou encore Bologne (-21,6%). Venise parvient à équilibrer le mois avec une chute moins importante, grâce à un impact positif du Carnaval sur la première moitié du mois, si bien que le RevPAR ne recule que de -5,5%. La capitale italienne n’échappe pas de son côté à ce recul global de l’activité (RevPAR -10,3%). Seul le sud parvient à maintenir son chiffre d’affaires à la hausse, avec Naples +2,7% de RevPAR.

Pour terminer, la plus forte récession est néanmoins rencontrée en République Tchèque. Prague, qui tire les résultats à la baisse, perd une partie de sa clientèle en février, à hauteur de -4,7 points de TO (56,3%). Les hôteliers, face à ce contexte anxiogène grandissant, ont préféré baissé leur prix (-6,8%) ce qui a conduit au plus fort recul du revenu par chambre de tout le panel, à raison d’une chute de -14,0% du RevPAR.

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