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Enquêtes

Covid-19, comment recréer la confiance sanitaire et quel tourisme pour demain ? PARTIE 2

La crise sanitaire qui a débuté dans la ville de Wuhan en Chine fin 2019 et l’ensemble des mesures qui ont suivi (fermeture des frontières, fermeture des restaurants, des établissements de loisirs, des évènements…) ont mis un coup d’arrêt à l’industrie du tourisme. Les différents acteurs du tourisme et gouvernements autour du monde sont en train de préparer la relance de ces secteurs et envisagent une réouverture des établissements d’ici à quelques semaines ou certains pays ont même déjà autorisé la réouverture de certains établissements.

Au sein des autres activités du secteur de tourisme, plusieurs acteurs ou représentants sont aussi à l’origine de labels et / ou de mesures sanitaires avec par exemple Viparis, exploitant de centres de congrès et de parcs d’expositions en Île de France dont notamment le Paris Expo Porte de Versailles et le palais des Congrès de Paris, a annoncé fin avril pour lancer un label dont l’objectif est de garantir la sécurité sanitaire des sites évènementiels.

« Ce label appelé́ 'SAVE V', s’inscrira dans la lignée des démarches conduites par d’autres acteurs du tourisme à l’instar des partenaires de Viparis regroupés au sein de l’Alliance France Tourisme. Il sera proposé́ également comme support des engagements de la filière tourisme d’affaires dans la charte que l’Union Française des Métiers de l’Evènement (Unimev) », précise Viparis. 

En France la SNELAC qui représente les exploitants de sites de loisirs et culturels propose un « PLAN DE SÉCURITÉ SANITAIRE COVID-19 » prenant notamment en compte tout ce qui est spécifique à ces établissements notamment l’usage de mascottes dans les parcs de loisirs, le fait que les sièges d’une même salle de spectacle ou d’une même attraction soient séparés de moins de 1 mètre… 

Le cas des croisières est très spécifique car un paquebot est un espace confiné où de très nombreuses personnes se côtoient. C’est pour cette raison que ces derniers temps, les croisières ont souffert d’une très mauvaise image et plusieurs ports pouvaient refuser de voir arriver ces bateaux par peur qu’ils soient source de contamination. Pour regagner la confiance des autorités et des touristes, des croisiéristes élaborent leur programme, notamment la compagnie asiatique Dream Cruises. Outre des mesures classiques de désinfection et de distanciation physique que l’on peut trouver chez les autres opérateurs touristiques, les croisières et les transports en général prévoient de mettre en place des mesures spécifiques en raison du confinement des lieux et de la possibilité faire « voyager » le virus. Au moment de la réouverture, les passagers de cette compagnie devront avoir leur température vérifiée par scans infrarouges juste avant de monter à bord, ils devront remplir des questionnaires de santé voire même avoir avec eux des certificats médicaux. Les passagers risquent de se voir refuser leur embarquement en cas de suspicions de Covid-19. La question se pose aussi concernant les masques. Les passagers devront-ils à terme être masqués à bord du paquebot ? C’est aujourd’hui une mesure qui semblerait acceptable par les asiatiques d’après les différents témoignages de ce qui se passe en Chine par exemple, mais cela pourrait décourager de nombreuses personnes non habituées à ce genre de situation et encore moins lors d’une croisière qui est censée symboliser la détente et l’absence des contraintes de la vie quotidienne. 

Les compagnies aériennes ont des enjeux comparables aux croisiéristes du fait que les avions sont des espaces confinés avec peu de distanciation physique et sont de vecteurs de propagation du virus. L’association internationale du transport aérien (IATA) a travaillé avec plusieurs gouvernements ainsi que l’organisation mondiale de la santé pour proposer des mesures pour la reprise des vols le plus rapidement et dans les meilleures conditions possibles. Le président de cette organisation, Alexandre de Juniac assure : « Normalement, si nous sommes suivis par les gouvernements avec lesquels nous discutons, on devrait pouvoir voyager en France à partir de juin, puis en Europe en juillet-août, avec un trafic réduit et un nombre de destinations qui sera un peu plus limité ». Les mesures proposées sont similaires à celles des croisiéristes et consistent notamment en la remise d’une déclaration sanitaire à l’arrivée des passagers à l’aéroport, un contrôle de la température à l’entrée du terminal ainsi que le port du masque obligatoire dans les terminaux et à bord des avions. Les personnes présentant des signes suspects pourraient aussi se voir interdites d’embarquement. 

Enfin, au niveau de l’industrie du tourisme et de l’évènementiel dans son ensemble, L’Alliance France Tourisme a pris l’initiative de faire une charte sanitaire pour le tourisme et l’événementiel avec l’aide du cabinet de conseil en hôtellerie et tourisme MKG Consulting synthétisant l’ensemble des propositions de ses membres représentatifs des différentes activités du tourisme (Mobilités / Transport, Sites d’accueil de manifestations professionnel les et sportives, Équipements touristiques, de loisirs et culturels, Hébergements professionnels marchands et Commerce, restauration & traiteurs) ainsi que des mesures provenant d’organismes représentant sectoriels et enfin des mesures inspirées de ce qui se fait à l’étranger. Le gouvernement a reçu plusieurs représentants de secteur dont l’Alliance France Tourisme pour ensuite trancher et définir les normes sanitaires qui seront mises en place au moment de la réouverture des établissements.

Cette charte sanitaire se compose d’un tronc commun applicable à l’ensemble de l’industrie touristique ainsi que des parties spécifiques aux différentes activités. Le contenu propose différentes mesures regroupées par thématiques qui sont les suivantes : 

  • Le suivi de la mise en place et de l’efficacité des mesures avec notamment la nomination d’un responsable sanitaire pour chaque établissement. Ce responsable devra veiller à la bonne mise en place des mesures mais aussi assurer un suivi pour vérifier a posteriori l’efficacité de ces mesures. 
  • La formation à la fois du personnel et de l’ensemble des prestataires concernant les nouvelles consignes à mettre en place. Le respect de process plud spécifiques aux différents métiers et s’assurer du fait que les prestataires respectent bien les règles internes quand ceux-ci se retrouvent en contact avec l’entreprise. 
  • La détection et la gestion des cas suspects, comment identifier les personnes contaminées et comment leur apporter les soins nécessaires éventuelles tout en évitant qu’ils contaminent d’autres personnes. 
  • Les gestes barrières à mettre en place incluant les réaménagements ou restrictions d’activités (limitation du nombre de clients, suppressions provisoires de certaines activités à risque sanitaire…), la réorganisation du personnel et des conditions de travail, les règles renforcées du nettoyage, la mise en place de la distanciation physique et l’utilisation des équipements de protections individuels (EPI). 
  • La sensibilisation du public par la mise en place d’un plan de communication spécifique au sujet. Cela implique notamment une communication avant le séjour ou la visite, une sensibilisation aux nouvelles mesures à l’arrivée du client et un rappel des différentes règles en utilisant de l’affichage imprimé ou sur écran. 
  • Certaines mesures sur le long terme en termes d’équipements sanitaires pour anticiper d’éventuels crises similaires à l’avenir dont notamment du matériel pour prendre la température à l’entrée des aéroports. 

Comment se préparent concrètement les réouvertures et comment se passe la reprise dans les établissements qui ont déjà réouverts ? 

Dans certains pays, certaines activités touristiques ont déjà pu reprendre ou sont en cours de reprise. 

Le parc d’attraction Shanghai Disneyland a réouvert le lundi 11 mai avec une capacité maximale autorisée par le gouvernement chinois de 24 000 visiteurs par jour, soit moins d’un tiers de la capacité normale. Le Directeur Général de Disney Bob Chapeck a annoncé qu’ils se contenteront de moins de visiteurs pour faire en sorte d’appliquer les nouvelles consignes sanitaires de façon optimale. Un portique prend la température de chaque visiteur à l’entrée, des marquages sont mis au sol dans les queues aux guichets et aux attractions pour inciter les clients à respecter les distances de sécurité, le port du masque est obligatoire pour l’ensemble des visiteurs et des membres du personnel. Enfin certaines attractions ou animations sont réaménagées avec notamment le port obligatoire de gants dans certaines attractions dans lesquels il faut utiliser ses mains dont l’exemple de Buzz Lightyear, qui est une attraction dont le principe est de tirer sur des cibles avec un laser que 

l’on manie avec les mains. Des rangs de sièges sont laissés vides dans certaines attractions dont notamment sur les bateaux de Pirates des Caraïbes, et enfin les parades, les feux d’artifices et les spectacles en amphithéâtres ne sont pas maintenus. 

Toujours dans les parcs de loisirs mais en Europe, le parc Europa Park en Allemagne a annoncé la réouverture pour le 29 mai de son parc principal et de ses hôtels avec des mesures sanitaires similaires. Cependant, il devra dans un premier temps rouvrir sans sa clientèle française, belge, suisse ou encore luxembourgeoise en attendant la réouverture des frontières. 

Après la fin du confinement strict en France, les parcs de loisirs français s’inquiétaient de ne pas avoir de dates prévues pour leur réouverture. Notamment le Puy du Fou dont son propriétaire Phillipe de Villiers était inquiet pour l’avenir de son parc. Une pétition avait été lancée présentant trois raisons d’accueillir à nouveau des visiteurs. Elle indique notamment le fait que les parcs peuvent, selon les auteurs, accueillir des visiteurs dans des conditions sanitaires strictes au même titre que les autres secteurs et aussi leur importance pour l’économie locale. 

Mardi 19 mai, le secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a indiqué que les parcs français situées en zone verte pourraient probablement rouvrir le 2 juin, la même date que ce qui est envisagé pour la restauration. « Tout cela milite pour que, si tout se passe bien, dès le 2 juin dans les départements verts, ces parcs puissent à nouveau rouvrir. Réponse définitive la semaine prochaine […] », a indiqué Jean-Baptiste Lemoyne. 

Les différents parcs de France n’avaient pas attendus cette annonce pour se lancer dans les préparatifs habituels et spécifiques en raison de la crise sanitaire pour leurs réouvertures en espérant sauver ce qu’il reste de leur saison. 

Le groupe hôtelier allemand Deutsche Hospitality opère une soixantaine d’hôtels sous les enseignes Steigenberger, Maxx, Jaz, Intercity Hotel et Zleep Hotels. L’ensemble des hôtels du groupe à l’exception de deux étaient fermés pendant le confinement allemand. Ces deux hôtels, le Steigenberger hotel Am Kanzlerant à Berlin et le Steigenberger Airport Hotel Frankfurt, qui étaient restés ouverts pour accueillir les voyageurs professionnels en déplacement indispensables ont aussi servis de zones testes pour les nouvelles mesures sanitaires mises en place par le groupe en partenariat avec d’autres entreprises, le gouvernement et des associations. Le plan sanitaire du groupe inclut des mesures comme l’installation de vitres à la réception, la désinfection des clés de chambre, la distribution de masques pour les clients dont le port est obligatoire dans les espaces communs, la suppression du buffet au petit déjeuner en le remplaçant par un service à la table ou à emporter, le réaménagent des tables du restaurants pour avoir un espace de 1,5m entre chaque table et enfin la désinfection toutes les heures des espaces communs. Avec ces nouvelles mesures sanitaires, le groupe a déjà ouvert certains de ses hôtels Intercity le 11 mai et certains hôtels Steigenberger suivront le 25 mai. 

Alors que la restauration en salle et les bars sont encore interdits en France, en Chine ces établissements ont pu réouvrir fin mars après deux mois de confinement complet. Le Chef Français Triple Etoilé Paul Pairet, propriétaire de plusieurs restaurants à Shanghai explique qu’il était à 70% de son activité dans son restaurant grand public le petit café Polux fin avril et qu’il avait une activité normale dès la réouverture pour son restaurant triple étoilé l’Ultraviolet ne comptant que 10 tables. Il explique qu’aujourd’hui tout le monde porte un masque en cuisine et qu’au début il y avait une distance d’un mètre entre chaque table qui a disparu par la suite. Selon lui, ce déconfinement a bien fonctionné de façon tout à fait naturelle 

« De façon naturelle, les gens ne s'entassent pas, prennent des distances par rapport aux autres tables, portent leurs masques, continuent de se laver les mains, se voient prendre la température à l'entrée de l'établissement. Toutes ces précautions, c'est un peu un automatisme en Chine. Ce sont des choses qui se font vraiment naturellement. Nos services à table se font encore masqués. Ça peut sembler étrange depuis la France mais ici ça va. » 

Le déconfinement en Chine ne se passe pas toujours aussi bien car dans certaines régions chinoises dont celles de Chengdu & Chongqing, 72 heures après les réouvertures, les autorités ont à nouveau imposé la fermeture des commerces non essentiels en raison du constat d’une reprise de l’épidémie. 

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