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UMIH Thierry Marx "Il est indispensable que nous ayons une voix forte au sein de l’Union Européenne"

Thierry Marx et Eric Abihssira prennent la parole au lendemain de leur élection en tant que binôme à la présidence de l’UMIH. Passé le moment de surprise à l’annonce des résultats ils sont tous les deux prêts à entrer dans l’action.

« Cela fait 40 ans qu’Éric et moi sommes dans le métier de l’hôtellerie pour lui et de la restauration et de la gastronomie pour moi. Nous n’avons aucun doute sur notre légitimité. Je ne suis pas surpris car nous avons mené une campagne honnête, forte, avec des ambitions. » souligne Thierry Marx.

Eric Abihssira ajoute : « Nous ne sommes pas surpris. Nous avons été considérés comme des outsiders comme le binôme auquel nous étions confrontés au second tour. Ce qui nous a surpris en revanche, c’est le score de ce second tour. Et ce score nous engage. »

De nombreux chantiers attendent le tandem

« Nous sommes face à des chantiers pour l’avenir et des enjeux forts qui ne doivent pas occulter les urgences opérationnelles du moment. En tant que chefs d’entreprises, ce sont des enjeux auxquels nous sommes nous-mêmes durement confrontés.

Les annonces récemment faites par le gouvernement sur le coût des énergies sont intéressantes. Seront-elles suffisantes ? Nous prendrons position officiellement sur ce sujet dans la journée. »

EA « Le sujet du PGE il faut que nous l’évoquions à nouveau. Notre ancien président l’avait évoqué auprès de Bruno Lemaire se voyant opposé une fin de non-recevoir. Les contraintes imposées par l’accord de Bâle ne permettent pas aux banques de rééchelonner la dette des entreprises. Les solutions proposées au cas par cas avec l’appui de Bpifrance ne sont pas satisfaisantes. Cela nécessite une mise sous tutelle des entreprises concernées qui n’est pas une réponse adaptée. La très bonne saison estivale a redonné une bonne trésorerie aux entreprises mais l’hiver pourrait changer la donne.

Le poids du PGE met également en péril la capacité des professionnels du secteur à investir. »

TM « C’est un sujet que nous devons porter au niveau européen. Il est indispensable que nous ayons une voix forte au sein de l’Union Européenne. Nous allons revendiquer notre place à l’Hotrec très rapidement. Nous sommes trop en demi-teinte au niveau européen.

A plus long termes, la transition du secteur face aux enjeux sociaux et environnementaux doit devenir prioritaire. C’est un travail de long terme et qui nécessite des ressources. Pour passer mon entreprise en HQE il m’a fallu faire appel à des ressources extérieures par exemple.

Il pourrait être envisageable de créer un fonds sur ces questions de transition vers un impact positif. Il y a également des besoins pour accompagner la transmission de patrimoine. Les questions d’amélioration des conditions de travail et les enjeux d’attractivité sont également toujours en attente de solutions.

L’un de mes premiers chantiers sera autour de la formation professionnelle, la montée en compétence des personnes. Il s’agit aussi de révéler les possibilités d’épanouissement dans nos métiers. Il faut également entendre les nouvelles générations qui nous disent qu’elles n’auront pas un rapport sacrificiel au travail. Il faut prendre en compte ce besoin de préserver sa liberté dans le rapport au travail. L’UMIH doit être capable de proposer de nouveaux modèles de contrats de travail tenant compte des spécificités de nos branches.

La digitalisation du secteur est un autre enjeu. Des plateformes sont venues se nourrir sur notre métier. Je n’ai pas d’opinion favorable ou défavorable sur les dark kitchen. Je constate simplement qu’aucune kitchen ne doit être dark. Il y a un enjeu de transparence et de fiscalité par rapport à nos métiers. »

EA « Sur ces sujets, nous n’oublions pas Airbnb. Il y a des initiatives locales, notamment à Nice où je travaille au quotidien. Il serait souhaitable que ces initiatives soient généralisées sur l’ensemble du territoire. C’est une plateforme qui part d’un bon sentiment, que nous les hôteliers nous n’avons pas vu venir, mais nous avons besoin de remettre en place un système équitable dans la profession. »

TM : « Je porte depuis plusieurs années la nécessité d’un rapprochement entre hôtellerie -restauration et agriculture. C’est pour cela que je suis présent au sein du réseau Bleu Blanc Cœur. C’est un chantier ambitieux et absolument nécessaire. »

Rassembler pour être plus audibles

TM : « La communication est un grand enjeu pour notre secteur. Il nous faut convaincre que nos professions sont parfaitement respectables et au fait de leur impact social. Nous devons pour cela nous adresser au pouvoir régalien avec un discours construit et étayé. Nous avons vu ce que des prises de paroles non concertés peuvent être dommageables pendant la crise liée au Covid 19. Même si nos prédécesseurs faisaient discrètement un travail de fond, cela n’a pas suffit à orienter le gouvernement sur certaines mesures à prendre.

Quand nous avons fait le tour des régions, nous avons rencontré des présidents qui n’étaient pas convaincus. Nous avons beaucoup parlé et travaillé avec les présidents et adhérents en répondant notamment à la question de savoir pourquoi nous sommes à l’UMIH. C’est un outil nécessaire pour chaque adhérent. Nous voulons construire un UMIH moderne pour que nos adhérents aient un 2ème cerveau dans leur poche.

Rassembler à l’UMIH, c’est une priorité et cela repose aussi sur les gens qui ont fait le travail avant nous, qui ont étayé des éléments. Avec le GNI nous avons les mêmes enjeux et envies. Il faut mettre cela à plat, penser au bien commun et mettre son égo dans l’humilité. Nous mettons tout en place pour un rapprochement. Peser à 35000 c’est bien, peser à 70000 ce serait mieux. Nos ententes sur les dossiers à porter ce sont des enjeux de biens commun.

Nous sommes pour déparisianiser nos actions, aller faire nos réunions en région. La verticalité à sens unique ce n’est pas possible, il faut de l’horizontalité. Recréer des maillages et économies symbiotiques pour que les présidents de régions aient une ossature solide et arrivent avec des dossiers étayés.

Nous sommes face à des enjeux communs à porter ensemble pour l’intérêt général. Nous devons rendre des comptes à nos adhérents.

Nous serons discrets et efficaces, nous sommes au service de nos adhérents nous avons un devoir de mission et de responsabilité. »

[NDR] Didier Chesnay président du GNI a adressé à Thierry Marx un courrier faisant état de la nécessité d’une rencontre pour envisager un rapprochement. Il y souligne également son partage des constats quant aux chantiers à aborder pour la représentation des professionnels du secteur.

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