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Enquêtes

[Partie 1] Enquête spéciale attentats du 13/11 : l'impact vécu par les professionnels du tourisme

Les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration ont clairement ressenti les répercussions des attentats du 13 novembre sur leur activité, et beaucoup en attendent des conséquences durables. C'est ce que révèle l'enquête réalisée par Hospitality ON avec OlaKala auprès des acteurs du secteur.

Hospitality ON, en partenariat avec Olakala, a réalisé une enquête nationale auprès des professionnels français du tourisme (hôteliers, restaurateurs, OTAs) afin de mieux comprendre comment l'impact des attentats du 13 novembre 2015 a concrètement été (ou non) ressentir sur leur activité. Les nombreux témoignages recueillis (merci à tous nos lecteurs et partenaires ayant participé) illustrent la très grande diversité des impacts perçus par les professionnels du tourisme, qui varient selon le territoire, la nature de l'activité ou encore le mix-clientèle des établissements. En voici quelques morceaux choisis :

  • « Annulation surtout de la clientèle corporate sur la semaine qui a suivi et de la clientèle asiatique sur la seconde moitié du mois de novembre et autour de Noël. Perte sur novembre de 25% en occupation. » (hôtel à Paris)
  •  « 2 attentats dans la même année... la confiance est rompue et sera longue à regagner » (hôtel à Paris)
  • « Départ immédiat de clients, annulations en très grand nombre. CA de fin novembre -10 % ; pour décembre, période plus touristique, baisse [des réservations] de 25 % actuellement » (hôtel d’Ile-de-France hors Paris)
  •  « Les clients ont peu annulé. Par contre, ils ont moins réservé de nuitées. Bien que loin de Paris, les clients restent chez eux et voyagent moins. […] Les séminaires de fin d'année, très présents les années précédentes, sont quasi inexistants sur fin novembre et décembre 2015 » (hôtel du littoral atlantique)
  •  « Baisse des demandes, à dates égales, de -17%... » (chalet alpin)
  • « Les annulations concernant notre établissement sont surtout liées aux marchés de Noël. » (hôtel en Alsace)
  • « Près de 50% d'annulations sur nos hôtels suite à l'annulation de la Fête des Lumières. Tous les groupes et quelques individuels ont annulé. Egalement ralentissement des ventes depuis les attentats d'environ 10%. » (hôtels à Lyon)
  • « Annulations en série des tours opérateurs sur des groupes loisirs » (hôtel en Normandie)
  •  « L'impact a été très minime. Nous travaillons avec une clientèle locale, à 60% française, et qui n'a pas souhaité stopper ses activités. » (hôtel de ville moyenne)
  • « La province est aussi touchée, mais dans une moindre mesure que Paris » (hôtel de ville moyenne)
  • « Ce qui est arrivé est vraiment terrible mais pour nous l'impact sera sans doute "positif" (si l'on peut écrire cela), je pense que les gens auront envie de sortir des grandes villes, de se retrouver dans des coins paisibles comme le nôtre. » (hôtel en secteur rural méridional)
  • « Baisse de l'activité hôtel et restaurant de 7% ces 15 derniers jours sur la clientèle touristique et d'affaires. Pas d'annulation sèche mais aucune visibilité sur les mois à venir sur une éventuelle reprise de l'activité touristique. Nous entrons en basse saison dans notre localité, nous espérons le retour des touristes au printemps 2016. » (hôtel & restaurants en région viticole)
  • « Une très forte baisse d’activité le soir [en novembre] » (restaurant en Province)
  • « L’impact des attentats a été marginal et ne s’est fait ressentir que le premier week-end. » (restaurant en Province)
  • « Des annulations de réservations de groupes (ex: pots d'entreprise de fin d'année) et de quelques réservations individuelles » (restaurant à Paris)
  • « L’impact des attentats de Novembre est nettement plus fort que ceux de Janvier. Nous ne sommes pas très confiants pour Noël et pour 2016, nous sommes dans une position attentiste. […] L’impact va au-delà du recul du chiffre d’affaires. Aujourd’hui cela entraîne des problèmes de gestion de personnel dans des villes comme Paris ou Strasbourg : le ralentissement d’activité ne permet pas de remplir les plannings de décembre et on est obligé de recourir aux congés payés imposés pour éviter le chômage technique. Les embauches prévues pour 2016 sont suspendues. » (réseau de restaurants)
  •  « La semaine suivant les attentats, la fréquentation de nos établissements à Paris a reculé de plus de 50% le soir et de plus de 35% le midi par rapport à la semaine précédente. En Ile-de-France, ce recul s’élève à près de -20% le midi et -25% le soir». (réseau de restaurants)
  • « Les clientèles locale et touristique ont été affectées : nous travaillons avec des tour-opérateurs qui ont en règle générale annulé leurs réservations pour les semaines à venir ». (réseau de restaurants).

Au-delà de l'impact très largement ressenti à Paris et en Ile-de-France (voir notre article), de nombreux hébergements touristiques de Province ont aux aussi été affectés : 2/3 des professionnels ont ainsi constaté un recul de leur activité, notamment dans certaines métropoles affectées par des conséquences indirectes telles que l'annulation d'évènements (Lyon avec la Fête des Lumières) ou leur maintien mais avec moins de retombées qu'à l'ordinaire (villes ayant des marchés de Noël, notamment en Alsace). Mais si la France entière a été touchée, à l'échelle individuelle tous les établissements n'ont pas pour autant été pénalisés en termes d'activité, soit parce qu'ils fonctionnent quasi exclusivement avec une clientèle d'affaires locale et/ou de moyen-long séjour n'ayant pas suspendu ses activités, soit parce que novembre est déjà un mois de basse saison ou d'activité réduite, soit parce qu'à l'inverse ils ont bénéficié de reports.Mais au-delà du recul constaté, de l'ordre de 25% à 30% à Paris dans les jours ayant suivi les attentats, la spécificité de la situation actuelle est la durée de l'impact attendu. Celle-ci se matérialise notamment par un net retard moyen (car là encore, les situations individuelles varient considérablement) en termes de réservations constatées pour les semaines voire mois à venir. Voici les tendances moyennes pour l'hôtellerie à date de fin novembre, selon les territoires:Situation à date de fin novembre 2015 sur l'activité future des hôteliers français (sur la base des réservations et autres indicateurs avancés)Il faut toutefois rappeler qu'une partie du retard constaté à date pourra être compensé par des réservations de dernières minutes (les clients ayant différé l'acte d'achat) ou par des reports ultérieurs. L'impact final devrait donc être inférieur, notamment lorsque l'horizon du séjour est encore lointain. Mais il faut souligner que, d'après le tiers des hôteliers parisiens et franciliens, l’effet sur l’activité se fera ressentir au moins "jusqu’en mars 2016" et un volume significatif considèrent que leur activité du deuxième trimestre 2016 sera également affectée. En revanche, les effets des attentats devraient s’estomper plus rapidement pour les hôteliers hors Ile-de-France. En région, les professionnels du secteur ont surtout témoigné d'un net recul pressenti de l'activité en décembre, particulièrement dans certaines métropoles (Lyon, Strasbourg). Mais à l'inverse de l'Ile-de-France, en moyenne l'hôtellerie-restauration de Province devrait se reprendre rapidement en 2016, grâce à un effet de rattrapage du retard des réservations, et à un effet de report dans le cas des destinations secondaires situées hors des pôles urbains. Certaines destinations enregistrent ainsi déjà une hausse des réservations par rapport à l’année précédente, et ce parfois dès décembre.Dans le cas particulier de la restauration traditionnelle, la situation a également été particulièrement difficile dans la semaine qui a suivi les attaques du 13 novembre. Signe que les parisiens n'avaient guère la tête à fréquenter les restaurants, la fréquentation a reculé de -25% à -50% dans la capitale par rapport à la semaine précédente. La baisse est de -10% à -30% en Île-de-France, et même si la situation est moins critique en région, impossible de nier là aussi une répercussion notable sur la fréquentation. Les services du soir ont été particulièrement touchés par cette défection soudaine de la clientèle. L'enjeu des semaines à venir est particulièrement important, car décembre est un mois de forte activité pour la restauration traditionnelle... Du côté des hôteliers, la COP21 est certes venue apporter une bouffée d'oxygène en Ile-de-France, mais dans leur ensemble les professionnels hôteliers comme restaurateurs appréhendent l'impact qui sera ressenti pendant les semaines à venir.A suivre, bientôt sur Hospitality ON : le bilan complet de l'impact des attentats, en chiffres

Lire aussi :

  • Attentats Paris : comment évolue la situation des hôtels en France jour après jour ?
  • Attentats Paris : l'hôtellerie affectée
  • Annulation de la Fête des Lumières de Lyon, qu'en est-il des autres évènements ?
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