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Entretiens

Entretien, Maud Bailly : « Osez ! Vous êtes courageuses et souvent bien meilleures que vous ne le pensez ! »

A l'occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, Maud Bailly, Chief Digital Officer et membre du comité exécutif chez AccorHotels, revient sur la mixité et la diversité en tant que levier de performance collective.

Les gens s'interrogent souvent sur les différences entre la façon dont les hommes et les femmes travaillent. Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, les équipes les plus performantes sont mixtes : elles réunissent des hommes et des femmes, des juniors et des seniors, des profils nationaux et étrangers. Cette diversité est un formidable levier d’intelligence collective, parce que nous ne raisonnons de fait pas de la même manière – que l’on soit homme, femme, mais de manière plus générale, parce qu’une organisation a besoin de se nourrir au quotidien, d’approches différentes. Chez AccorHotels, près de la moitié des collaborateurs sont des femmes. Et ce que nous recherchons à travers notre réseau de mixité le WAAG – Women At AccorHotels Generation – c’est non seulement à aider les femmes à pleinement réaliser leur potentiel au sein du Groupe, mais également à encourager la mixité, la diversité dans toutes nos équipes. Cela commence dès le recrutement, puis se poursuit dans la gestion de carrière, la promotion des talents ; c’est une vigilance permanente, mais nous croyons profondément à la richesse de la diversité et de la parité – et ce dans les deux sens : le réseau du WAAG compte aujourd’hui 35 % d'hommes et j’en suis l’ambassadrice aux côtés d’un homme, John Ozinga.

Comment qualifieriez-vous les progrès réalisés jusqu'à présent en ce qui concerne la perception des femmes comme figures d’autorité ?

Nous vivons dans une société qui a des racines patriarcales et où les femmes en position d’autorité peuvent encore inspirer des sentiments mitigés. Heureusement, les entreprises font aujourd’hui beaucoup d’effort pour promouvoir la parité et le succès de la loi Copé-Zimmermann a démontré que l’imposition des quotas peut être très efficace. Même si la perception des choses et l’évolution des mentalités ne peuvent pas être que dictées par la loi, cela permet de détecter les talents là où les stéréotypes ne seraient pas allés les chercher. Et bien que les choses progressent, il reste du chemin à faire. Je pense que l’on continue à faire moins confiance à priori aux femmes. Et que l’on leur pardonne moins à posteriori… Par ailleurs, la loi Copé-Zimmerman n’est effective que depuis le 1er janvier 2017. Il en va donc de notre responsabilité collective que d’encourager l’accès aux fonctions de direction pour les femmes à tous les niveaux, CODIR, COMEX… car les femmes ont aussi tendance à se censurer en ne s’autorisant pas à prétendre à des fonctions d’autorité : notre mission est donc de les pousser à oser. Cela passe aussi par des actions concrètes comme du mentoring, auquel je crois énormément. La transmission, le passage de relais, sont de puissants leviers pour insuffler de l’intelligence collective et l’envie de se dépasser. Chez AccorHotels, le programme de mentoring du WAAG ne cesse de prendre de l’ampleur et je suis ravie de constater que nous avons de plus en plus de binômes, où hommes et femmes viennent apprendre au contact d’un autre regard, d’une autre expérience. Ils apprennent aussi les codes. La confiance en soi. Et cela crée un formidable réseau de solidarité, souvent très durable, où il n’est plus question d’être un homme ou une femme, mais de pouvoir pleinement devenir qui on est.

Y-a-t-il des défis auxquels vous avez dû faire face dans votre carrière en tant que femme ?

Oh que oui ! Je dirais que le principal défi a été de se faire accepter dans sa différence. Différence de tempérament. De choix de carrière aussi. Il n’est pas totalement intuitif, certes, de prendre la direction d’une gare en sortant de Bercy… et sans doute AccorHotels n’est pas une évidence absolue après Matignon… Mais la vérité est qu’on ne fait bien que ce qu’on aime, et que, dans tous ces choix, il y a toujours eu des enjeux de transformation, du management, et des aventures humaines. La clé face à ces défis est de pouvoir s’appuyer sur des gens – hommes comme femmes – qui vous font confiance, en vous acceptant, en vous reconnaissant dans votre différence. J’essaie aujourd’hui d’encourager à mon tour cette altérité, qui est aussi une source de richesse.

Pouvez-vous nous parler d'une femme ou d’un homme qui a marqué votre vie ?

Simone Weil. Elle était une femme incroyable qui s’est battue pour les droits des femmes pendant toute sa vie, qui a essuyé bien des tempêtes, traversé bien des guerres, à tous les sens du terme. Elle incarne pour moi 3 valeurs cardinales : le courage, la détermination, et l’humanisme.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes pour progresser dans leur carrière ?

J’ai souvent rencontré des femmes qui manquaient de confiance en elles, alors qu’elles avaient tout pour réussir. Mon premier conseil serait : n’ayez pas peur. Osez ! Vous êtes courageuses et souvent bien meilleures que vous ne le pensez ! Ensuite, sachez demander de l’aide. Nous ne pouvons pas avancer toutes seules. Trouvez les bons mentors pour être accompagnées et conseillées. Et enfin, souvenez-vous toujours de ceux ou celles qui vous ont aidées pour pouvoir rendre à votre tour : ce cercle de la transmission est le plus vertueux qui soit.

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