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Enquêtes

Le calendrier scolaire, cas d'école d'une profession hôtelière encore trop divisée

Présenté par la Ministre de l'Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le nouveau calendrier scolaire fixe notamment l'avancement des vacances de printemps une semaine à l'avance. Si cela devrait permettre d'étendre la saison de ski, les hôteliers de bord de mer sont beaucoup moins enthousiastes. Dans le cadre d'une enquête MKG Hospitality avec Olakala, nous avons demandé aux professionnels du secteur leur opinion sur cette réforme.

Présenté en début de mois par la Ministre de l'Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le projet de loi sur la réforme du calendrier scolaire a globalement satisfait l'UMIH et les professionnels du tourisme et de l'hôtellerie de haute montagne (lire notre article). Ces derniers espéraient notamment un avancement des vacances de printemps d'une semaine, ce qu'ils ont obtenu au moins pour les trois prochaines années scolaires (2015-2018). Cette mesure devrait permettre d'allonger la fréquentation dans les stations de ski. Autre point important stipulé dans le projet de loi, le maintien de l'amplitude des vacances d'été. Avec cette décision, la rentrée scolaire devra obligatoirement s'opérer après le premier septembre. Mais est-ce que tous les hôteliers se satisfont de cette réforme ? Pour le savoir, MKG Hospitality et Olakala ont interrogé des professionnels de l'hôtellerie.

Et il s'avère que, loin de parler d'une seule voix, la profession est divisée sur le sujet, ce qu'illustrent les réponses que nous avons récolté auprès des professionnels du secteur. Si la montagne est en effet le territoire qui a le plus fortement souffert d'un recul d'activité ces dernières années, ce que montrait notamment notre rapport sur le tourisme de montagne (voir), les hôteliers des autres territoires (plus nombreux, compte tenu du recul de l'offre hôtelière en montagne sur la décennie) font pour leur part plutôt la grimace. Un tiers des professionnels ne sont ainsi pas satisfaits du nouveau calendrier qui sera instauré à la rentrée. Parmi les principales critiques énoncées, on retrouve en tête du peloton l'avancement des vacances de printemps d'une semaine. Certains, particulièrement sur le littoral, estiment qu'il s'agit d'une manœuvre bien orchestrée par "les lobbys de la montagne". Un hôtelier breton résume la situation: "L'avancement des vacances de Pâques répond à la demande des professionnels de montagne, cette évolution à leur profit se fait au détriment des professionnels du tourisme de bord de mer dont l'activité est beaucoup plus courte qu'en montagne"En effet, si la réforme a consolidé les dates de rentrées scolaires après le premier septembre, aucune autre mesure n'a été annoncée en faveur de l'allongement des vacances d'été. Mais rappelons tout de même que de nombreuses associations de parents d'élèves souhaitaient réduire le nombre de semaines de vacances estivales. Les professionnels du tourisme ont au moins pu conserver ces acquis. Autre critique, le changement de zones. Nous étions habitués à voir les Parisiens partir en même temps que les Bordelais. Il faudra maintenant s'habituer à les voir voyager avec les Toulousains et les Montpelliérains. La plupart des hôteliers interrogés ne voient pas en quoi ce changement est utile. Un professionnel estime qu'avec le changement relatif à ces deux académies, "les stations des Alpes du sud ne bénéficieront d'aucun gain de fréquentation supplémentaire". Un hôtelier haut-savoyard préfère quant à lui mettre tout le monde d'accord : "Pour les vacances de printemps, il aurait fallu faire une seule zone comme pour la Toussaint et Noël". Il n'est pas sûr que son collègue breton soit de cet avis...

45 % des sondés estiment que le nouveau calendrier scolaire ne changera en rien leurs performances hôtelières. Si on ajoute les 16 % qui ne se prononcent pas, on peut estimer que la réforme du Ministère de l'Education Nationale devrait influer à minima sur l'activité touristique et hôtelière. Cependant, certains se laissent aller à un vent d'optimisme (18 % des sondés). Si les professionnels de haute montagne sont persuadés que cela va booster les affaires pendant la saison de ski, certains préfèrent y voir un moyen de mieux s'organiser. "La tenue d'un calendrier scolaire sur trois ans va faciliter l'organisation de l'embauche des travailleurs saisonniers" nous explique un hôtelier. Les plus pessimistes (21 % des sondés, surtout sur le littoral ou en ville) pensent que leurs chiffres d'affaires vont plutôt être pénalisés par la tenue des vacances une semaine avant. "La période des vacances de printemps ne permettra pas un climat encore assez doux pour justifier des séjours de bord de mer" nous affirme un hôtelier héraultais. Un autre professionnel s'inquiète quant à lui de l'impact que cela pourrait entraîner sur sa clientèle d'affaires. Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra que tous les professionnels s'adaptent. Dans son agenda 2016, le printemps a déjà confirmé qu'il débarquera une semaine plus tôt. Mais pour les professionnels, le chant des hirondelles pourrait bien plus ressembler à une joyeuse cacophonie...

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