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Analyses

Tourisme de montagne : le marché du ski français toujours au sommet ?

Dans le secteur du tourisme de montagne, l’attractivité de la France, deuxième destination mondiale de ski et première destination européenne, repose principalement sur ses grandes stations alpines. Les domaines skiables du pays ont une fréquentation qui a globalement stagné au cours de la décennie, et est surtout portée par les Alpes, qui concentrent toujours plus l’activité de ski.

Une fréquentation qui stagne et une première place mondiale disputée

La France dispose du premier domaine skiable au monde, avec 26 581 hectares de pistes. Alors qu'elle n'arrive qu'en cinquième position du classement en nombre de stations (après le Japon, l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Italie), la destination compte le plus grand parc de remontées mécaniques. Cela traduit la taille et la qualité des stations de ski françaises. Quatorze d'entre elles enregistrent une fréquentation annuelle qui dépasse le million de journées-skieurs, positionnant la France en première ligne devant l'Autriche, qui en recense douze. D'après les données de Domaines skiables de France, la fréquentation globale des domaines nationaux stagne depuis une dizaine d'années, connaissant des évolutions annuelles fluctuantes en fonction notamment des conditions d'enneigement. Sur la décennie, elle enregistre toutefois un recul de 3,4%. Au niveau mondial, la France se dispute la première place avec les Etats-Unis en termes de fréquentation. au cours des saisons 2011/2012 et 2012/2013, elle a été la première destination de ski avec un pic de fréquentation à 56,3 millions de journées-skieurs. Toutefois, le recul de 4,5% du nombre de journées-skieurs sur l'hiver 2013/2014 lui a fait perdre sa première place au profit des Etats-Unis, avec un total de 55,3 millions de journées-skieurs contre 56,2 millions outre-Atlantique. Cette baisse est en partie due au décalage des vacances scolaires de printemps, qui s'échelonnent désormais sur une période plus tardive, de mi-avril à mi-mai, et entraîne une érosion de la fréquentation. Troisième destinations mondiale de ski, avec près de 50 millions de journées-skieurs annuelles, l'Autriche a également enregistré un fort recul de fréquentation (-6,3%) la saison dernière. Les autres principaux pays de ski, Italie en tête, accueillent tous moins de 32 millions de journées-skieurs par an.

Les Alpes du Nord, premier massif français

En France, l'offre skiable se situe en grande majorité dans les Alpes, notamment dans les Alpes du Nord qui concentrent les deux tiers des pistes françaises, loin devant les Alpes du Sud. Ceci s'explique par la présence dans ce massif des plus grandes stations et de celles de plus hautes altitudes. Les Pyrénées représentent presque 10% de l'offre, tandis que les autres massifs, qui correspondent essentiellement à de la moyenne et basse montagne, pèsent 6,4% du domaine skiable français. Au sein des Alpes du Nord, la Savoie accueille 40% des journées-skieurs annuelles réalisées dans la montagne française, suivie par la Haute-Savoie avec près d'un quart. Les parts de marché de ces deux départements sont en progression sur la décennie, en dépit d'un léger recul de la fréquentation en volume (-1,1%). Les Alpes du Sud pèsent pour 14% des journées-skieurs et sont le seul massif français à avoir enregistré une croissance significative de la fréquentation des pistes au cours des dernières années (+8,8%). Il est à noter que les Alpes du Sud, la Savoie et la Haute-Savoie sont aussi les seuls territoires ayant enregistré des gains de part de marché sur la décennie, traduisant une concentration croissante de l'activité dans les Alpes. C'est donc le massif alpin qui permet à la fréquentation globale des domaines skiables français de se maintenir. A l'inverse, les Pyrénées représentant moins de 10% de part de marché, subissent une chute du nombre de journées-skieurs de 20% sur la décennie, tandis que le recul atteint 14% dans le Massif Central et 30% dans le Jura, érodant encore les parts de marché de ces massifs.

En France, la stagnation globale de la fréquentation en nombre de journées-skieurs observée sur la dernière décennie ne remet pas en cause sa position parmi les premières destinations mondiales de ski. Surtout, elle n'est pas tant le signe d'un désintérêt pour la montagne dans son ensemble que celui de l'essor de nouvelles activités pratiquées en montagne, en dehors du ski alpin : ainsi, dans différentes vallées, le nombre de nuitées passées en hébergement marchand est resté stable ou a légèrement crû au cours de la décennie écoulée. Pour autant, auprès des clientèles françaises la montagne française a perdu des parts de marché au profits d'autres profils de séjour, notamment les escapades urbaines ("city breaks") tout au long de l'année, ou les voyages à l'étranger. C'est ainsi l'essor des clientèles étrangères qui permet à la montagne française (et en réalité surtout aux grandes stations des Alpes, les autres massifs ayant souffert) de continuer à tutoyer les sommets.

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