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Opérations

Michel Pétuaud-Létang, architecte et décorateur : “L’homme et son environnement, au centre de notre proposition architecturale”

• Avec plus de 1 700 projets réalisés dans les domaines de l’urbanisme, de l’industrie, de l’enseignement, de l’hôtellerie ou encore des loisirs... le cabinet d’architecture de Michel Pétuaud-Létang n’a - presque - plus rien à prouver. • En charge de la réhabilitation de l’hôtel Régent Bordeaux, il a été choisi pour la réalisation des Terrasses du Port - Projet Euroméditerranée, à Marseille. • Loin des modes et des courants de la profession, c’est d’abord à l’homme que s’adresse l’architecte bordelais, fervent défenseur d’une approche architecturale simple mais non simpliste.

“Mettre l'homme au centre de nos réflexions dans le respect rigoureux de l'environnement”, telle est votre philosophie. N’est-ce pas la fonction même de l’architecture ?

_ Oui, et pourtant ce n’est pas toujours ce qu’il ressort des projets architecturaux. Prenez ainsi les revues spécialisées dans ce domaine : elle sont souvent axées sur l’esthétique du bâti et pas forcément sur l’objet de l’architecture, à savoir le lien entre l’espace et le vivant. Heureusement, depuis quelque temps, on observe un retour vers l’humain, l’environnement. C’est même devenu une mode. C’est bien, mais ce n’est pas nouveau pour nous. Le bonheur de l’homme me préoccupe depuis plus de quarante ans. Ce n’est d’ailleurs que cela qui m’intéresse. Ce n’est pas seulement l’architecture.Quelques réalisations hôtelières du cabinet d’architecture Michel Pétuaud-Létang : • Hôtel Mercure, Mérignac, 149 chambres _ • Hôtel Relais Bel, Mérignac, 87 chambres _ • Hôtel Novotel, Bordeaux, 138 chambres _ • Hôtel Drouant, Paris _ • L’hôtel Regent Bordeaux, 150 chambres _ • Quality Suite, Mérignac, 150 chambres _ • Holiday Inn, Crowne Plaza, Toulouse, à 162 chambres _ • Hôtel Claret, Cité Mondiale du vin, Bordeaux, 150 chambres _ • Hôtel Novotel, Mérignac, 150 chambresA partir de quel moment avez-vous commencé à travailler sur des projets hôteliers ? _ Depuis les années 70. Notre premier hôtel, un Novotel, était à Mérignac. Puis, nous avons travaillé sur des projets en France et à l’étranger : en Arabie, en Egypte, au Cameroun, au Mali. Accor est l’un de nos plus gros clients. Nous avons réalisé plusieurs hôtels des marques Novotel, Mercure et Etap Hotel. L’hôtellerie de chaînes nous oblige à respecter des cahiers des charges bien précis. L’exercice consiste donc à essayer de leur fait admettre notre parti pris tout en répondant à des standards hôteliers bien définis : dimension des chambres, équipements à disposition… Pour l’hôtel Mercure Mérignac, nous avons choisi le marbre pour habiller l’intégralité de la façade et du hall d’entrée. Ainsi, tous en respectant les fondamentaux, nous avons pu apporter une note qualitative à l’architecture de cet établissement. _ Nous avons également travaillé pour la chaîne Crowne Plaza, pour laquelle nous avons refait une partie des rénovations de l’une de ses adresses emblématiques, le Crowne Plaza de Toulouse, un hôtel de 190 chambres situé place du Capitole. Aujourd’hui, on peut dire que l’hôtellerie représente 15 à 20 % de nos réalisations.Vous avez travaillé récemment à la réhabilitation complète de l’hôtel Regent Bordeaux. Pouvez-vous nous expliquer quelles ont été les différentes étapes du chantier ? _ Nous avons dû réinventer un lieu qui n’avait jamais existé en créant une cohérence architecturale entre pas moins de huit immeubles. Bien que se jouxtant, ces bâtiments avaient chacun une fonction différente : banque, appartements… hôtel également. Après avoir connu l’époque faste de l’entre-deux-guerres, cet établissement a, petit à petit, décru en qualité et en fréquentation jusqu’à sa fermeture complète il y a une dizaine d’années. Lorsque nous l’avons repris, les vieux salons avaient été cassés, vandalisés et les grandes pièces autrefois somptueuses coupées en quatre. De sa gloire passée, il ne restait qu’une façade classée.Le chantier a débuté en 2003 pour une ouverture en décembre 2007. Huit immeubles, 20 000 mètres carrés de surface, vous aviez presque un quartier entier à réinventer… _ Oui, nous avons dû repenser l’intégralité des circulations, mettre les planchers des huit immeubles à niveau, recréer des volumes, en abaisser d’autres. _ Ainsi, l’entrée du palace est une création de toutes pièces. Pour lui donner du volume, j’ai supprimé un étage dans le hall. L’entrée franchie, le visiteur arrive dans un grand hall en pierre menant à la cour centrale. Autrefois transformée en salle de cinéma, cette cour entièrement vitrée est devenue un jardin d’hiver pour accueillir les brunchs dominicaux et autres pauses déjeuners. Elle distribue deux grands passages, convertis en galeries commerciales de luxe. Cet agencement permet de donner vie à l’établissement, de favoriser les échanges entre l’hôtel et l’extérieur. C’était d’ailleurs tout l’enjeu de cette réhabilitation : faire des boutiques, des espaces de restauration, mais aussi de la salle de fitness et du spa de ce palace de 150 chambres (dont 30 suites) des lieux ouverts, accessibles à un public de proximité. Ainsi en est-il de la brasserie. Déployée sur deux niveaux, elle donne à la fois sur la rue Mautrec et sur la place de la Comédie. Sa cuisine sert aussi pour l’étage supérieur, espace dédié aux réceptions avec de grands salons pouvant accueillir jusqu’à 1000 personnes et distribués par de hauts vestibules. _ Le troisième espace de restauration, le restaurant gastronomique du Régent Bordeaux situé au deuxième étage d’un hôtel particulier, possède également une entrée indépendante.Toujours à Bordeaux, vous avez réalisé récemment la rénovation d’un établissement, Le Gabriel, proposant sur trois niveaux, trois ambiances différentes… _ L’idée était de faire cohabiter trois espaces de restauration en un même lieu, différents tant dans leur approche décorative que dans leur proposition culinaire. L’établissement s’ouvre en rez-de-chaussée sur un bar-lounge avec terrasse faisant office de salon de thé en journée. La pierre, apparente à certains endroits, le cuir des assises et le travail des volumes, conjuguées de façon contemporaine, donnent à ce rez-de-chaussée des allures de vieux pub anglais. _ Dans l’axe de l’entrée, nous avons installé un escalier menant à un entresol où se trouve la brasserie, pour laquelle nous avons privilégié une décoration très simple. L’objectif n’était pas de lutter avec la vue magnifique que les convives auront de la place de la Bourse, mais d’offrir un espace de restauration d’une élégance épurée. _ Le restaurant gastronomique situé à l’étage supérieur a été agencé dans un salon XVIIIème. Afin d’apporter une touche de modernité à cette pièce somme toute assez classique, j’ai dessiné un mobilier contemporain associé à des lustres vénitiens et des candélabres en argent. Des éléments créés tout spécialement pour cet établissement et réalisés par Monsieur Daraspe.Autre projet, autre géographie, à Marseille cette fois-ci, où vous avez gagné l’appel d’offre pour la réalisation d’un projet d’envergure : les Terrasses du Port sur le quartier d’Euroméditerranée. Pouvez-vous nous en dire plus ? C’est un projet conséquent de quelque 230 000 m2 englobant des surfaces commerciales, des restaurants, un parking de stationnement couvert de 3 200 places, un stade et un centre de fitness avec piscine. Nous avons opté pour une approche architecturale semi-industrielle - mais traitée de façon noble - permettant de dialoguer avec les docks. Le bâtiment principal est composé d’une structure d’acier associée à une pierre blonde. C’est un habillage de métal pareil à celui que l’on trouve à Paris sur la façade de la boutique Vuitton des Champs-Elysées. _ Pour donner de l’allure à cet ensemble et susciter l’envie du public de pénétrer dans cet immense caravansérail, nous avons créé une entrée très forte : un grand hall de 22 mètres de haut, sorte d’atrium tout en verre avec ascenseur. Les galeries commerciales de cette imposante “ruche” sont quant à elles formées de grandes allées de 12 à 16 mètres de large. L’ensemble est baigné de lumière naturelle. Nous sommes à Marseille et cela eut été dommage de se priver du bleu de son ciel. La ville fait ainsi partie intégrante du décor, elle participe à sa beauté. On l’aperçoit d’ailleurs depuis les terrasses supérieures.Quelques réalisations hôtelières du cabinet d’architecture Michel Pétuaud-Létang : • Hôtel Mercure, Mérignac, 149 chambres _ • Hôtel Relais Bel, Mérignac, 87 chambres _ • Hôtel Novotel, Bordeaux, 138 chambres _ • Hôtel Drouant, Paris _ • L’hôtel Regent Bordeaux, 150 chambres _ • Quality Suite, Mérignac, 150 chambres _ • Holiday Inn, Crowne Plaza, Toulouse, à 162 chambres _ • Hôtel Claret, Cité Mondiale du vin, Bordeaux, 150 chambres _ • Hôtel Novotel, Mérignac, 150 chambres

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