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La reprise du tourisme en France se confirme, mais quels en ont été les leviers ?

5 min de lecture

Publié le 28/02/23 - Mis à jour le 01/03/23

Tourisme marketing destinations

De toutes les parties prenantes qui interviennent dans l’attractivité des destinations, Atout France a pour mission d’assurer la promotion des filières touristiques et de la destination France. Dans une note de conjoncture qui fait le bilan de l’année 2022, l’organisme parapublic partage des résultats encourageants pour la profession qui contribue par exemple très largement à améliorer la balance des paiements. Contrairement à d’autres industries qui portent encore les stigmates de la crise liée au Covid 19, le tourisme génère de la richesse pour la France.

Tous les indicateurs de mesure sont au vert et tant mieux. La question des montants dépensés par les touristes qui foulent le sol français reste toutefois au premier plan. Car si la France dans son ensemble repart dans le vert, comme les résultats de l’hôtellerie le démontrent, ce sont aussi des facteurs conjoncturels qui permettent aux recettes de dépasser les records de 2019 :

  • Impact de l’inflation sur les coûts
  • Optimisation du pricing power par les hébergeurs
  • Augmentation des prix des carburants suite à la guerre en Ukraine qui a eu un impact direct sur les prix des billets d’avion
  • Retour des clientèles internationales
  • Parité euro/dollar qui a rendu la destination Europe très attractive pour des Américains en mal de voyage

La question de la façon dont ces baromètres sont déployés interroge également. Quand on compare la France et l’Espagne qui sont respectivement premières et deuxièmes des dépenses internationales, l’offre touristique est extrêmement différente. Il n’y a pas ou très peu en Espagne d’industrie liées aux sports d’hiver qui pèse très lourd en France. L’offre d’hôtellerie de luxe est également moins structurée sur le tourisme urbain. La diversité des sites mis en tourisme est également moindre et si l’on compare les pôles d’attractivités, il y a également un delta. Pourtant l’Espagne s’en sort mieux. A quoi cela peut être dû? Il faut peut être ravoir la matrice de calcul. 

En 2022, les touristes internationaux ont dépensé 57,9 milliards d’euros sur le sol français soit 67,9% de dépenses en plus par rapport aux dépenses de 2021 qui s’élevaient à 34,5 milliards d’€ et 4,3% de dépenses en plus qu’en 2019. Côté espagnol les dépenses faites par des cartes bancaires étrangères s’élevaient à 39,9 milliards d’euros en 2019 ce qui représentait 64,8% des dépenses totales réalisées par les touristes étrangers sur le sol espagnol. (source : PASARELAS DE PAGO Operaciones realizadas en España con tarjetas bancarias extranjeras – 2019).

Le travail des entrepreneurs touristiques sur leurs offres ainsi que le fort rebond de la demande ont porté cette hausse notable des dépenses sur le territoire. Toutefois, un caillou reste dans la chaussure des professionnels du tourisme français, les performances de leurs voisins espagnols, qui ne bénéficient pourtant pas d’un marché domestique aussi dynamique, sont meilleures. Alors comment attirer les touristes étrangers en plus grand nombre et surtout les inciter à rester plus sur le territoire pour dépenser plus ?

En 2022, ce sont les clientèles allemandes (-6,4%), chinoises (-69,8%) et japonaises (-50%) qui ont fait défaut à la fréquentation et aux dépenses touristiques. Si les clientèles asiatiques ont été empêchées de venir en France pour des raisons pratiques de réouverture tardive des frontières et de déconfinement très tardif, ce n’est pas le cas des clientèles allemandes. Des Allemands qui n’ont pourtant pas fréquenté leur territoire en nombre comme le soulignent les performances hôtelières du pays qui termine l’année 2002 à -12,71% de RevPAR par rapport à 2019, contre une moyenne européenne de +13%. L’Allemagne était par contre le premier pays émetteur de l’Espagne en 2019 avec 22,7% de touristes, devant le Royaume Uni qui constituait 19,6% de la fréquentation touristique en 2019 (source : plan stratégique marketing 2020-2024 Turespaña.)

En sortie de crise, l’Espagne a mis en place un Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia (plan de relance, de transformation et de résilience) dans lequel le tourisme figure en première place comme le souligne Fernando Valdés Verlest, président de Turespaña et secrétaire d’état au tourisme, dans son propos introductif de la stratégie marketing du pays pour 2020-2024.

Force est de constater que la sortie du Covid 19 ne nous a pas permis de gagner des parts de marchés sur nos voisins ibériques. La France a pourtant la chance d’accueillir de grands événements à résonances internationale comme la Coupe du Monde de ski Courchevel-Méribel et la Coupe du Monde Rugby en 2023, ou encore les JOP en 2024.

Elle dispose également d’un marché domestique plus important que l’Espagne avec des niveaux de revenus supérieurs.

Inbound tourisme - marché domestique

Sources : Tableau de bord OMT – Eurostat

Selon la Banque Mondiale, le PIB par habitant en Espagne s’élevait à 30 103,51 $ contre 43658,98 $ en France.  Ainsi en France, au-delà de capitaliser sur un marché domestique qui, s’il a redécouvert son pays en 2020 et 2021 aspire à voyager également à l’étranger, il est important de conquérir ou reconquérir le cœur des touristes internationaux au-delà des incontournables comme Paris dont la très bonne reprise fin 2022 confirme le pouvoir de séduction.

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