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Inde : opération séduction

Membre fondateur du BRIC, ce club très convoité des nations en fort développement, l’Inde apparaît comme une source prometteuse de revenus pour les pays d’accueil touristiques. Désormais plus réceptifs aux comportements occidentaux, les Indiens restent néanmoins fortement imprégnés par leur culture millénaire.

L’Inde est incontestablement devenue une source majeure du tourisme international. Son potentiel se résume en quelques chiffres : une économie en progression de 9% par an, une élite économique de 40 millions d’habitants aux revenus mensuels supérieurs à 20 000 dollars, et une classe moyenne montante estimée à 300 millions d’individus sur une population totale plutôt jeune-25 ans de moyenne d’âge- et dynamique de plus d’un milliard d’habitants. L’évolution des mentalités et les liens accentués avec l’extérieur ont conduit les principaux acteurs de l'industrie touristique à proposer une offre adaptée à des voyageurs, aujourd’hui mieux informés via Internet et à multiplier les ouvertures d’offices de tourisme dans les villes stratégiques. Selon l'OMT, pas moins de 50 millions d’Indiens devraient traverser les frontières d’ici l’année 2020. Autant dire l’importance des challenges des pays d’accueil qui souhaitent recevoir cette clientèle émergente et dépensière.Le tourisme international indien a évolué avec le temps. Autrefois réservées à une certaine élite de la nation, de nouvelles niches sont en train d’émerger. Du voyage organisé aux visites, en un seul lieu, convoitées par la clientèle DINKS, en passant par le tourisme d’affaires, les Indiens sont devenus une clientèle visible aux quatre coins du globe. Un pays comme la Suisse a vendu sa destination à travers l’industrie cinématographique indienne, d’autres pays, comme la France et l’Autriche, multiplient les mêmes signaux en direction de Bollywood. L’Australie, réputée pour être une destination dédiée aux sports et à l’aventure, oriente également sa communication auprès des étudiants à la recherche de structures d’accueil adaptées. Une chose est sûre, chaque pays est bien décidé à promouvoir sa destination, en installant des offices du tourisme dans des villes stratégiques comme Mumbai et Delhi.Autrefois, les difficultés pécuniaires et bureaucratiques rencontrées par les Indiens voyageant à l’étranger représentaient un frein au développement de ce marché. Depuis quelques années, le gouvernement multiplie les mesures pour faciliter le tourisme international. La politique de “ciel ouvert” a permis aux compagnies internationales d’opérer des vols (seules les compagnies nationales Air India et Indian Airlines occupaient ce créneau avant 2004) et autorisé l’arrivée des compagnies lowcost. Ces mesures ont conduit à l’augmentation du trafic international de 15 à 20% chaque année, compte tenu que 95% des déplacements se font en avion. Par ailleurs, la croissance démographique et l’augmentation des revenus des 3,4 milliards d’habitants de la région Asie-Pacifique participent à l’explosion du transport aérien. Selon certaines sources, il devrait passer au premier rang mondial dans les trois prochaines années. D'autre part, l’obtention des documents, passeports et visas, comme les régulations des taux de change internationaux (les allocations annuelles autorisées - 10 000 US$ par personne et 25 000 US$ par voyage pour les hommes d’affaires sont vingt fois supérieures à ce quelles étaient dans les années 80) ont ouvert un peu plus l’Inde au tourisme international.Pour la population itinérante indienne, voyager à l’étranger revient souvent moins cher. Le coût d’un vol local est souvent plus élevé qu’un voyage à l’étranger. Selon certains spécialistes, les billets sont 10% à 15% moins chers sur des vols internationaux. Sachin Rampal, de l’agence Thomas Cook India, explique : “Aller en vacance à Kerala peut être plus coûteux que de partir en Extrême-Orient. C’est pour cela que les gens n’hésitent pas à payer le même prix ou même dépenser un peu plus d’argent pour partir à l’étranger”. De plus, le RevPAR très élevé et le manque de chambres disponibles dans certaines régions touristiques ont poussé la population à regarder ailleurs. Le tourisme international indien comptait plus de 8 millions de voyageurs en 2006 ce qui correspond à une augmentation de 20% par rapport à l’année 2005. Ces chiffres sont sensés augmenter de 10% chaque année jusqu’en 2009 pour atteindre la barre des 10 millions de voyageurs. Plus de 40% des voyages se font vers les régions d’Asie pour faire de l’Inde le quatrième pays émetteur dans la région après la Chine, le Japon et la Corée. Dans le Top 5 des destinations les plus prisées, en pourcentage de croissance d’ici l’année 2009, on notera Macao, la Nouvelle-Guinée, la Chine, le Cambodge et la Malaisie. Pour un premier voyage, les Indiens se déplacent en majorité vers des destinations étrangères proches ayant peu de différences culturelles. Tandis que le Népal ou le Sri Lanka sont choisis pour leur proximité, les pays, au sud de la région Asie-Pacifique, comme Singapour, la Thaïlande et la Malaisie sont respectivement choisis pour le shopping, les attractions nocturnes et les tarifs avantageux.L’Europe est la troisième destination du tourisme international indien (20%) avec plus de 800 000 voyageurs par an. Le Vieux continent est en haut de la liste des Indiens qui ont des revenus supérieurs et qui veulent découvrir l’héritage culturel et s’imprégner de l’histoire séculaire des grandes capitales comme Paris, Rome, Londres ou Berlin. Voyageur aguerri et novice, le touriste indien visite l’Europe pour ses loisirs, pour rendre visite à de la famille ou à des amis (VFA), mais aussi pour affaires. La durée moyenne d’un séjour en Europe se situe entre 10 et 21 jours pour les groupes organisés. Les voyageurs indépendants (FIT) sont aussi en progression constante. Le Royaume-Uni, grâce aux liens historiques qui unissent ces deux pays et aux rapports commerciaux au beau fixe depuis que l’Inde est devenue le deuxième investisseur du royaume avec plus de 2 milliards de dollars d’investissements, reste la destination phare en provenance du continent indien. Viennent ensuite la Suisse, l’Espagne ou l’Autriche. La France se place en sixième position pour le tourisme d’agrément et en huitième pour le tourisme d’affaires. Considérée comme un haut lieu du luxe, du romantisme et de la gastronomie, la France est un point de passage obligatoire vers les autres pays européens. Paris et la Côte d’Azur sont les endroits les plus cités et sont pratiquement toujours programmés lors de voyages organisés. Malheureusement, la France est souvent brocardée comme une destination chère avec un personnel qui ne parle pas l’anglais. Dans les années à venir, les Etats-Unis (10%) sont en passe de devenir la destination préférée de la clientèle indienne, grâce à la consolidation des liens commerciaux entre les deux pays et de la diaspora indienne toujours plus nombreuse outre atlantique. Le Moyen-Orient (25%) arrive second pour les mêmes raisons.Au-delà d’une progression constante du nombre de visiteurs indiens qui voyagent à l’étranger, les dépenses moyennes des Indiens en voyage à l’étranger augmentent également et sont estimées à six milliards de dollars en 2006, réparties entre : hébergement (20%), excursions (20%), shopping (20%), nourriture (15%) et attractions nocturnes (15%). Selon la Commission Européenne du Tourisme (ETC), la dépense moyenne par séjour est passée de 611 US$ en 2000 à 822 US$ en 2006. Une autre étude sur la clientèle indienne, effectuée par la Tax Free World Association, démontre que le profil type est un homme d’affaires diplômé, âgé entre 26 et 44 ans. Ses dépenses moyennes atteignent 1 149 US$, en augmentation de 27% depuis 2006. La clientèle indienne est réputée généreuse avec une forte propension à la consommation. Lors d’un voyage en Europe, la dépense quotidienne est, en moyenne, de 200 à 570 euros. Pour un voyage en Suisse, elles s’élèvent jusqu’à 750 euros, faisant des Indiens les troisièmes plus grands consommateurs après les Américains (950 euros) et les Japonais (800 euros). Selon plusieurs offices du tourisme, ils dépensent, en moyenne, 190 euros en Thaïlande et 570 euros en Espagne, second après les Japonais. Le marché du tourisme international indien est en progression constante de 25% chaque année. Face à cette forte croissance, beaucoup de pays n’hésitent plus à installer leurs offices du tourisme dans les principales villes indiennes, avec des campagnes de promotion innovantes. C’est le cas de la France avec “Apéritif à la Française”, “Fly-Buy Dubai” pour les Emirats, “Truly Asia” en Malaisie ou encore “Uniquely Singapore”.Aujourd’hui, voyager à l’étranger n’est plus un privilège réservé uniquement à une petite majorité. L’émergence d’une classe moyenne et un accès plus facile à l’information internationale via Internet, la presse ou encore la télévision et le cinéma ont démontré la maturation du marché en révélant de nouveaux segments et niches. Le groupe d'âge entre 24 et 44 ans représente 75% du marché. Les couples de salariés sans enfants (Dinks en anglais) sont une cible prioritaire de l’industrie en raison de leur fort pouvoir d’achat. Les jeunes mariés suscitent aussi pas mal de convoitise, surtout entre octobre et février (période de mariage en Inde). En effet plus de 65 000 mariages sont célébrés chaque année et par conséquent deviennent des clients potentiels pour leur futur voyage de noce. La clientèle MICE, toujours plus exigeante et en quête de services adaptés aux quatre coins du globe, est aussi un segment en progression et mérite toute l’attention des professionnels.En matière de pratiques, la clientèle indienne réserve ses vacances, en grande majorité, par l’intermédiaire d’une agence de voyages ou d’un tour-opérateur. Elle est aussi exigeante sur la qualité des services, souhaite un personnel sachant parler anglais et des bagagistes. En ce qui concerne leur alimentation, les Indiens, voyageant en groupes, préfèrent la cuisine indienne tandis que les individuels sont prêts à goûter la cuisine traditionnelle des pays d’accueil. Cependant le rapport qualité/prix reste le critère essentiel lorsque vient le choix de la destination.Qu’elle soit en visite chez des proches ou des amis, en vacance ou en voyages d’affaires, la clientèle indienne se déplace pour la majeure partie dans les hôtels (65%). Le premier choix s’oriente vers le milieu de gamme (32%), ensuite viennent les enseignes économiques (40%), les autres (11%) vont vers le haut de gamme et le luxe. Les voyages s’organisent entre mai et août (40%) et pour une grande majorité, les Indiens visitent plusieurs pays au cours de leur périple. Comme le stipule Peter de Jong, patron de la Pacific Asia Travel Association : “En tant que clientèle internationale, les Indiens partent principalement en famille pour une durée plus longue. Ils n’hésitent pas à revenir, à plusieurs reprises, vers des destinations phares du tourisme mondial et représentent une clientèle à fort rendement”.Les groupes hôteliers sont bien décidés à prendre la clientèle indienne au sérieux et multiplient les campagnes de promotion de leurs filiales sur le continent indien. Marriott organise, chaque année, des rencontres avec ses directeurs d’hôtels de diverses régions appréciées de la clientèle indienne. Ces “road shows” proposent au moins huit destinations de par le monde. Comme l’explique un représentant du groupe : “Il y a 8 hôtels qui participent à chaque road show. 4 hôtels situés dans la région du Sud-Est asiatique, 2 hôtels de Dubaï, et un pour Moscou et Londres. Toutes ces destinations sont choisies en fonction de leur popularité auprès de la clientèle, loisirs et affaires, indienne”.La nouvelle niche des étudiants poursuivant leurs études à l’étranger est en pleine expansion depuis quelques années. La main d’œuvre indienne est réputée pour être une des plus qualifiée de la région et les besoins, dans certains secteurs industriels, sont considérables en termes de personnel diplômé. Pour le moment, l’Inde ne justifie pas d’infrastructures suffisantes pour accueillir ses étudiants qui, par conséquent, quittent le pays pour poursuivre leurs études supérieures. En 2002, c’était plus de 90 000 indiens étudiants dans 49 pays. Le Royaume-Uni, les Etats-Unis, Australie et la Belgique sont parmi les destinations les plus prisées. Autant de pays qui devront se préparer à accueillir la clientèle VFA en visite dans les villes respectives.Le tourisme international indien a évolué avec le temps. Autrefois réservées à une certaine élite de la nation, de nouvelles niches sont en train d’émerger. Du voyage organisé aux visites, en un seul lieu, convoitées par la clientèle DINKS, en passant par le tourisme d’affaires, les Indiens sont devenus une clientèle visible aux quatre coins du globe. Un pays comme la Suisse a vendu sa destination à travers l’industrie cinématographique indienne, d’autres pays, comme la France et l’Autriche, multiplient les mêmes signaux en direction de Bollywood. L’Australie, réputée pour être une destination dédiée aux sports et à l’aventure, oriente également sa communication auprès des étudiants à la recherche de structures d’accueil adaptées. Une chose est sûre, chaque pays est bien décidé à promouvoir sa destination, en installant des offices du tourisme dans des villes stratégiques comme Mumbai et Delhi.

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