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Destinations

L’offensive russe en Ukraine fragilisera-t-elle la reprise touristique en Europe ?

Premier impact de l’agression russe sur le territoire ukrainien, l’espace aérien a été fermé paralysant le trafic international de et vers le pays. La soudaineté de l’attaque a également mis en difficulté les pays européens qui espéraient encore une issue diplomatique. Conséquence, de nombreux ressortissants européens sont, à ce stade, tenus de rester dans « un endroit sûr » en attendant que leur évacuation potentielle soit organisée.

Les voisins de l'Ukraine ferment également progressivement leur espace aérien afin de protéger leur intégrité territoriale, ainsi la Moldavie fermait son ciel dans la matinée ainsi que la Biélorussie pour la partie sud de son territoire frontalière avec l'Ukraine.

Un marché qui commençait à émerger

Odessa, les Carpates, autant de destinations connues et reconnues sur la scène touristique internationale. Si l’activité touristique en Ukraine est encore en cours de structuration, les destinations les plus touristiques ont leurs ambitions pour adresser les marchés domestiques et internationaux. Odessa avait accueilli en 2019 un nombre record de visiteurs avec 3,3 millions de touristes accueillis contre 700 000 en 2014. Le top 3 des bassins touristiques étrangers émetteurs étant la Russie (22%), les Etats-Unis (19%) et la Pologne (10%). On comprend dès lors l’impact violent que pourrait avoir ce conflit à moyen termes en dehors de toutes les conséquences brutales liées à un conflit armé sur le territoire.

Comme de nombreux marchés d’Europe centrale, l’Ukraine entrait doucement dans une nouvelle phase de son développement touristique. Les investisseurs s’intéressaient à la destination notamment depuis la Coupe européenne de football en 2012. Sébastien Bazin l’indiquait dans une intervention sur BFM Business ce 24 février au matin, que les projets d’investissements sur les territoires russes et environnants pourrait être revus à moyen et long terme au regard de l’instabilité dans la région.

L’histoire va-t-elle se répéter ?

La crise liée à l’annexion de la Crimée en 2014 avait eu quelques légères répercussions sur les pays d'Europe centrale et orientale avec une baisse d'occupation de -1,15 point venant casser la dynamique de croissance d'occupation qui s'était établie. Celle-ci était vite repartie en 2015. Cette baisse d'occupation n'avait toutefois pas affecté les prix permettant aux hôteliers du secteur de maintenir une progression de RevPAR.

Toutefois, cette attaque est qualifiée par de nombreux acteurs internationaux comme la plus grave crise en Europe depuis la deuxième guerre mondiale. Une nouvelle fois les hôteliers devront composer avec des facteurs endogènes qui vont venir perturber leur activité à un moment où ils en avaient le plus besoin après plus d'un an de baisse de chiffre d'affaires en cumulé sur les 24 derniers mois.

Quels impacts sur le marché français ?

Les destinations littorales et la capitale doivent retenir leur souffle alors qu’elles n’ont pas vu de clientèle russe depuis le début de la crise liée au Covid 19. Les hôteliers de La Croisette à Cannes se sont associés à la ville pour redonner du lustre à la célèbre destination investissant côté municipalité 100 millions d'euros et côté hôteliers plusieurs centaines de millions d'euros pour rénover des fleurons comme le Carlton et le Martinez.

Les palaces de la Côte d'Azur attendaient avec impatience le retour de la clientèle russe fortement contributive qui vient compléter d'autres marchés émetteurs. De nombreuses actions ont toutefois été menées depuis début 2020 en lien avec les collectivités pour attirer de nouveaux clients. Ainsi un travail de concertation avait été mené début 2021 sous l'égide de la SEMEC pour dégager avec les professionnels des pistes d'action afin de redynamiser la fréquentation touristique et de retrouver une clientèle plus en phase avec l'offre de la destination.

La clientèle russe comptait en 2019 pour 343 000 nuitées en Région Sud plaçant le marché en 8ème position des émetteurs internationaux.

Et le marché russe ?

Le marché russe était en train de remonter la pente avec une année 2021 satisfaisante selon les exploitants hôteliers, voire meilleure qu’attendue. Ils craignent également les dommages durables à l’image de marque des destinations russe pour l’accueil de congrès et conventions.

Une situation extrêmement tendue à l'échelle internationale qui complique encore les conditions de reprise pour le secteur touristique européen en plus d'affoler les indicateurs économiques mondiaux et européens avec un montée en flèche du prix du baril de pétrole au dessus des 100 dollars et une baisse des marché boursiers.

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