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Destinations

La résilience des parcs de loisirs face à la crise sanitaire

Comme l’entièreté de l’industrie touristique, les parcs de loisirs ont particulièrement souffert des conséquences de la crise sanitaire mais le secteur semble se remettre d’aplomb bien plus vite que prévu selon Arnaud Bennet, Président du SNELAC (Syndicat National des Espaces de Loisirs, d'Attractions et Culturels), qui a accordé une interview à Hospitality ON.

Sans surprise, la crise sanitaire aura eu un lourd impact sur l’activité des parcs de loisirs durant ces deux dernières années avec notamment de nombreux mois de fermeture. Sur l’ensemble de l’année 2020, Arnaud Bennet estime la baisse d’activité à -40% au regard de l’année précédente pour l’ensemble des parcs français. Une année particulièrement compliquée car le secteur bénéficiait de très peu d’aides financières de la part de l’Etat contrairement au secteur de l’hôtellerie-restauration.

Le SNELAC a ainsi joué un rôle relativement important au cours de cette période, en proposant entre autres un accompagnement pour les acteurs du secteur ayant plus de difficultés à faire face à la situation. Le secteur lui doit notamment la mise en place d’un fonds de solidarité afin de disposer de moyens suffisants pour maintenir la tête hors de l’eau puisqu’il n’a pas bénéficié d’aides aux coûts fixes en 2020. Une aide pourtant vitale que le secteur n’a pu recevoir qu’à partir de 2021.

L’année 2021 a marqué une légère amélioration avec une plus grande période d’ouverture, la baisse de l’activité par rapport à 2019 s'établissant à -20%. Si au début, Arnaud Bennet comme la majorité des acteurs étaient réticents à l’instauration du pass sanitaire dans les parcs, craignant que celui-ci ait des conséquences dramatiques sur les chiffres de fréquentation, il n’en est rien finalement. Une préoccupation qui était par ailleurs plus importante pour les petits sites puisque leur fréquentation est principalement portée par une clientèle locale décidant parfois sur un coup de tête d’organiser une visite. Mais tous les amateurs de ces destinations se sont adaptés aux conditions d’entrée et ont à nouveau affluer.

Malgré tous les indicateurs de performance en nette baisse, les investissements n’ont pas pour autant été annulés. Si certains ont été décalés, ceux qui étaient déjà en cours au début de la pandémie se sont poursuivis. Comme le souligne le Président du SNELAC, l’industrie des parcs de loisirs est un secteur privilégié qui a su faire preuve d’une grande résilience face à une situation sans précédent.

De bonnes tendances semblent se dessiner en 2022 avec « les familles qui retrouvent le chemin des parcs » souligne Arnaud Bennet. Un nombre croissant de visiteurs qui permet ainsi aux mois d’avril et mai d’afficher une progression de l’ordre de 15% par rapport à la même période en 2019. Une année de bon augure qui permet ainsi aux parcs de poursuivre ou de commencer leurs investissements. Un nombre d’investissements conséquents rien que sur le territoire français. Pour rappel, l’Hexagone concentre près de 600 sites dédiés aux loisirs.

Toutefois Arnaud Bennet précise bien qu’il s’agit de renforcer l’offre des parcs à travers ses investissements et non de la renouveler. L’ambition derrière cette montagne d’investissements est avant tout d’allonger la durée de visite, les parcs se transformant peu à peu en complexes touristiques à part entière, mais également d’accroitre son attractivité sur un marché extrêmement dense. En effet, la France bénéficie d’un excellent maillage, ce qui lui permet ainsi de se positionner en tant que première destination européenne en matière de parcs de loisirs. Cette place s’explique également par la diversité des sites, leur qualité ainsi que leur dynamisme avec des nouveautés à chaque saison.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, peu de nouveaux parcs sortent de terre en France en raison notamment d’un billet d’entrée sur le marché extrêmement coûteux. Il n’y a ainsi peu ou prou de construction, mais plutôt du développement avec notamment l’agrandissement des parcs existants. En outre, il existe un réel phénomène de concentration avec la présence de groupes et de fonds d’investissements qui opèrent un nombre important de sites français, à l’image de la Compagnie des Alpes qui détient le Parc Astérix et le Futuroscope.

En dehors des fonds d’investissements et des groupes spécialisés, d’autres acteurs s’intéressent également au développement du secteur et apporte leur soutien financier. La Caisse des Dépôts et la Banque des Territoires sont notamment d’importants contributeurs puisque ce secteur participe à l’attractivité de la destination France sur la scène internationale, comme l’atteste la clientèle de Disneyland Paris qui est composée à plus de 50% de visiteurs étrangers. Les régions et les départements aident également grâce au Fonds européen de développement régional (FEDER), les flux touristiques dans les destinations étant drainés par les parcs régionaux tels que Le Pal pour la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La question à présent est de savoir si les parcs réussiront à recruter suffisamment d’employés pour faire face aux vagues de visiteurs qui devraient déferler avec les beaux jours arrivants et la saison estivale démarrant prochainement. Le secteur ne fait pas figure d’exception dans l’industrie du tourisme et rencontre également des problèmes de recrutement ainsi qu’un turn over relativement élevé. Arnaud Bennet rappelle pourtant que le secteur est une porte d’entrée pour des jeunes sans diplômes et certains parcs vont même jusqu’à offrir des formations à leurs salariés, Le Pal propose notamment un CAP cuisine. Selon le Président du SNELAC il serait nécessaire de s’attaquer au problème de logement des saisonniers afin d’enrayer cette pénurie de main d’œuvre.

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