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Opérations

Vacancéole « Nous nous sommes emparés d’un autre sujet afin de faire en sorte que les lits qui deviennent froids reviennent sur le marché de la location touristique »

Eric Journiat, co-fondateur et président de Vacancéole qui propose de la location touristique, partage ses ambitions et ses priorités pour le groupe qu’il a fondé en 2009 après les conséquences de la crise des subprimes. Prise en compte des attentes clients, relations avec les propriétaires et adaptation des produits, figurent parmi ses priorités.

Retour sur les performances

Notre exercice 2022 est clos depuis le 30 septembre et nous terminons l’année avec un EBITDA à 5 M €. Nous constatons une forte progression du Prix Moyen de l’ordre de +15%. Nous avons fait moins de promotions, autant l’hiver que l’été, car nous n’avons pas eu besoin de le faire. Nous avions également pris des décisions pour tenir les prix compte tenu du contexte des augmentations des coûts de l’énergie.

Nous avons fait moins d’opérations commerciales, mais en dehors de l’absence de promotions, nous n’avons augmenté nos prix que de 3,5%. Nous voulons rester accessibles pour des clients qui, nous le savons, serons très vigilants sur leur budget. Le budget vacances, peut être source d’arbitrage, nos clients peuvent y renoncer. Nous voulons rester proche d’eux avec ces choix.

Compte tenu de notre histoire, nous avons une offre relativement hétérogène. Il y a donc des sites qui ont pour vocation à favoriser l’accès à tous pour des raisons pratiques et/ou géographiques.

Nous avons connu un engouement sur les étés 2020 et 2021 dans un contexte très perturbé par les confinements et les conséquences du Covid, en l’absence des étrangers, les Français avaient très envie de partir et besoin de s’oxygéner. Pour l’hiver 22/23, nous assistons à une sorte de retour à la normal. Les étrangers sont là et la demande sur les vacances scolaires, est celle que l’on connaissait avant Covid. Nous avions géré de l’exceptionnel lié aux circonstances. Sur l’hiver qui débute, nous avons des conditions de réservation plus conformes à ce que nous connaissions.

Nous nous sommes habitués, en tant qu’opérateurs à gérer cet engouement exceptionnel ce qui a bien sûr favoriser l’augmentation des prix. Nous subissons en parallèle des hausses de coûts et pas uniquement en direct. Nos fournisseurs subissent également des hausses importantes liées à l’énergie. Nous ne savons pas vraiment ce que nous allons vivre en 2023 sur ce sujet. Comme nous ne souhaitons pas le répercuter totalement sur les prix, cela nous oblige à être extrêmement vigilants et notamment à être très exigeants sur la gestion de nos coûts en particulier sur nos consommations d’énergie.

Vis-à-vis de nos propriétaires, les questions liées aux rénovations énergétiques restent complexes. Je pense que nous devrons passer par une contrainte réglementaire, qui est d’ailleurs en train de se mettre en place. Les propriétaires ne subissent pas la contrainte économique puisque c’est nous qui assumons les charges. Nous passons par leurs représentants, les syndics, charge à eux d’en parler en Assemblées Générales, nous pourrons participer à ces AG pour évoquer ces sujets mais il y a de l’inertie.

Côté opérations, nous étions déjà très vigilants, face à la forte augmentation des prix, nous sommes passés de la sensibilisation et la formation, car nous avions déjà mis en place une organisation vertueuse sur ces sujets, à un niveau d’exigence plus élevé sur ces sujets.

Que retenez-vous de cette période que nous avons traversée ?

A titre personnel, je constate que nous avons traversé, comme dans beaucoup de secteurs d’activité, une crise majeure qui nous a amené à réagir vite et le mieux possible. Vis-à-vis de nos collaborateurs, de nos clients, des propriétaires et de nos partenaires. En 2020 nous ne savions pas si nous allions finir l’exercice, nous allions vers des complications économiques sur lesquelles nous n’avions aucune visibilité en début de crise.

Tous les acteurs qui sont sur le même métier que nous, ont traversé cette crise souvent car ils ont pris les meilleures décisions qui pouvaient être prises dans ces conditions, mais également grâce à l’intervention de l’état. Sans ce niveau d’intervention de l’état, nous ne serions pas tous là. Cela nous oblige à faire preuve d’humilité et à avoir conscience de notre fragilité face à ce type de contexte. C’est une convergence des forces qui nous a permis de passer cette période. Cela a renforcé les liens avec nos propriétaires. Ils ont accepté des baisses de loyers après de nombreux échanges. Ils sont aujourd’hui pour la plupart d’entre eux, conscients qu’ils ont participé à un effort collectif ce qui renforce les liens.

En interne, tout le monde a contribué, à son niveau, à l’effort collectif. Avec nos collaborateurs nous avons créé des liens beaucoup plus forts.

Nous avons pu constater que nos clients pendant cette période n’ont pas renoncé à leurs vacances. Toutefois, dans un mode de consommation de vacances totalement différent et cela a forcément laissé des traces. Ces évolutions, dans les modes de consommation de vacances, vont s’installer dans la durée. Que ce soit sur la façon de réserver ses vacances ou de vouloir vivre ses vacances.

Dans ce travail collectif nos valeurs sont renforcées. Ce sont des valeurs humaines qui ont été à l’origine du passage de ce cap.

Ce que j’ai vécu c’est un vrai plaisir à travailler dans des conditions de crise avec nos collaborateurs et de partager avec tous ceux qui ont contribué à cet effort collectif.

Focus marché montagne : quels sont pour vous les enjeux et opportunités ?

La montagne représente une bonne partie de notre activité et chaque année c’est un peu plus. Nous gérons un nombre croissant de site dans les Pyrénées et les Alpes.

Nous notons depuis le début de la période Covid, un renforcement de la fréquentation en montagne durant les vacances d’été. Les vacanciers avaient envie de privilégier la montagne pour s’oxygéner mais aussi pour des questions de prix. La montagne l’été est plus accessible que la mer c’est un facteur à prendre en compte et qui va compter de plus en plus.

Il nous faut travailler sur l’amélioration fréquentation de la destination montagne en hiver. Il est nécessaire de faire un travail de fond pour que la montagne s’adapte à l’évolution des attentes des vacanciers, le ski ça n’est plus tout, il faut par exemple penser aux accompagnateurs. Il faut proposer des activités aux non-skieurs. De nombreuses stations y réfléchissent et ont déjà agi dans ce sens.

Il faut également gérer la réduction du temps de ski, être en mesure de proposer une variété d’activités. C’est ce que j’appelle l’expérience client en valorisant des temps qui ne soient pas simplement des temps de ski et d’activité neige, favoriser des expériences avec des prestataires dans les stations. Nous y réfléchissons aussi dans nos résidences en proposant des temps d’animation, pour offrir une expérience plus riche et plus variée et créer plus d’attractivité. Cela concerne notamment les stations de moyenne montagne, nos clients réservent en sachant qu’ils ne vont pas forcément trouver de la neige, et l’expérience leur convient.

Proposer des temps d’animation avec notre personnel cela génère des coûts supplémentaires, nous ne sommes pas obligés de tout intégrer dans nos prix. Nous voulons aller plus loin dans l’information que nous donnons à nos clients notamment via les outils digitaux pour réserver des activités autres et être en relation avec des prestataires que nous avons-nous même sélectionnés. Nous développons cela avec les offices de tourisme. Nous prenons l’information chez les OT et mettons à disposition des QR codes dans les appartements. Cela permet d’améliorer le service dans sa globalité.

Il faut que nous ayons à cœur de conserver le niveau de fréquentation actuel et non plus d’avoir une économie qui passe par une augmentation des forfaits des remontées mécaniques. Pour cela, il faut avoir suffisamment de clients et développer la saison été. Sur le printemps et l’automne, nous faisons des essais, pour l’instant la demande est faible. Il est par contre évident qu’il y a de réelles marges de progression pour l’été.

Nous nous sommes emparés d’un autre sujet afin de faire en sorte que les lits qui deviennent froids reviennent sur le marché de la location touristique. Cela est notamment vrai pour les résidences de tourisme qui sont des produits éphémères pour le secteur touristique. Cette sortie programmée du parc touristique est regrettable. In fine, le propriétaire est en charge de l’utilisation de son bien et les performances ne sont plus les mêmes.

Nous intervenons donc pour remettre ces produits sur le marché. C’est notamment le cas à Saint Sorlin d’Arves où une ancienne résidence gérée s’est libérée. Nous avons proposé des mandats de gestion car les propriétaires ne voulaient plus signer de baux commerciaux. Le sens de l’histoire c’est d’offrir plus de flexibilité aux propriétaires tout en proposant de la performance à travers une solution qui leur garantit du revenu. On apporte plus de fréquentation, plus de revenus et plus de services. Ce n’est pas le même métier que la gestion de résidence en blocs. Cela exige d’avoir la capacité de proposer des contrats sur mesure et de mettre en place sur la station, un service de conciergerie efficace et communiquer de l’information personnalisée aux propriétaires qui veulent pouvoir suivre leur activité. Nous espérons pourvoir continuer à nous développer sur cet axe lié à l’hébergement diffus c’est un travail important pour maintenir le niveau de fréquentation des stations. La perte de lits est inexorable et le remplacement de ces lits par de nouvelles unités est incertain.

Où voyez-vous Vacancéole à moyen terme ?

Nous travaillons de plus en plus sur l’amélioration du service client. Nous pouvons avoir tous les objectifs que nous voulons, si nous ne sommes pas en phase avec les attentes clients, nous sommes en décalage par rapport à notre métier. Le niveau d’exigence côté client est monté d’un cran, donc il faut l’entendre et y répondre au mieux.

Nous souhaitons participer à la consolidation que j’estime inéluctable. Il s’agit pour nous de mutualiser les coûts que nous devons engager pour être dans le bon mouvement et rester performants à tous points de vue, pas uniquement économiquement.

Cela veut dire être en relation avec des propriétaires qu’ils soient individuels ou en copropriété et aussi s’intéresser à l’achat de fonds de commerce. Il nous semble important de ne pas nous concentrer sur le périmètre actuel. Nous sommes attentifs aux opportunités que nous offrirait le secteur pour croître. Pour bien gérer nos résidences, il nous faut continuer à avancer et à nous développer.

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