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L’irrésistible ascension des vins du Nouveau Monde

Les vins français perdent lentement leur place de leader mondial incontesté, qualitativement comme quantitativement. De nouveaux marchés se mettent à la consommation de vin, Etats-Unis en tête, où les vins de l’hémisphère sud sont bien implantés.Tarifs modérés, marketing efficace, production importante : tout joue en faveur de ces vins prêts-à-boire

L a suprématie gastronomique et vinicole de la France serait-elle menacée ? Après les attaques sur sa créativité culinaire, les vins sont mis en concurrence avec des “productions exotiques”. Robert Parker, l’influent critique américain, a beau affirmer récemment à Paris-Match que “la France sera toujours la référence en matière de grands vins : meilleurs terroirs du monde, fort passé viticole, grand savoir-faire... Qu’ils aient été espagnols, italiens, américains, australiens ou sud-américains, les producteurs ont toujours comparé leurs performances à celles des grands vins français”. Force est de constater que ces vins du Nouveau Monde grignotent petit-à-petit des parts de marché. Selon l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), les vins originaires des Etats- Unis et de l’hémisphère Sud représentent 24,3% du marché mondial des vins en 2004, soit une hausse de 19% par rapport à 2001. Les vins français et italien détiennent respectivement 19% et 18% des parts de marché, alors que l’Espagne progresse nettement.Le marché du vin est très segmenté. Les 25 premières marques ne représentent que 8% de l’offre. Une curiosité dans le monde des alcools concentré autour de marques phares. Les grandes manoeuvres ont commencé. Le groupe américain Constellation a mis près de 750 millions d’euros sur la table pour racheter Robert Mondavi en 2004. Constellation est ainsi devenu le premier négociant mondial, dépassant son compatriote E&J Gallo. Sur la troisième place du podium, l’Australien groupe Foster’s a fait main basse sur SouthCorp. Montant de la transaction : 1,5 milliards d’euros. Derrière, les leaders mondiaux du marché des vins et spiritueux, Diageo et Pernod Ricard, sont en embuscade.Plusieurs arguments jouent en faveur de ces vins. Plus jeunes, plus souples, ils bénéficient de leur maturation plus rapide pour contester aux bouteilles françaises leur place sur la cartes des vins. Avantage pour les professionnels : ces vins à boire maintenant facilitent le travail du sommelier en limitant les stocks. Le prix est également un argument qui joue en leur faveur. Bien que les meilleurs crus de l’hémisphère Sud ou de Californie n’aient rien à envier aux vedettes du Bordelais et de Bourgogne. C’est dans le milieu de gamme que la concurrence fait rage. Avec d’immenses terroirs et une industrialisation importante, l’hémisphère sud est capable de maintenir des tarifs bas. Dernier argument : un marketing efficace à travers la valorisation des cépages. Chardonnay, Cabernet- Sauvignon, Merlot, Syrah ou Malbec : ces noms parlent aux néophytes qui perdent leur latin devant les 467 AOC françaises.Or, ce sont ces nouveaux venus qui dictent aujourd’hui leur goût sur le marché du vin. Selon l’étude le Marché global des boissons (The Global Drinks Market) d’Impact Databank-Wine Spectator, la consommation mondiale est assez stable avec une augmentation de 0,1% en 2004. Et aucune accélération franche n’est attendue dans les années à venir. Les ventes devraient atteindre 2,58 milliards de caisses à la fin de la décennie contre 2,56 aujourd’hui. Les vieux pays viticoles, France en tête, voient leur consommation au mieux stagner. En revanche, dans les pays qui se sont récemment tournés vers le vin, le marché est florissant. Avec 270 millions de caisses, les Etats-Unis connaissent leur onzième année de croissance consécutive. Une source qui n’est pas prête de se tarir, puisque selon cette même étude, 315 millions de caisses en 2015.Les cow-boys Marlboro délaisseraient- ils la traditionnelle Budweiser pour le verre de Merlot ? Tout porte à la croire. Le vin est devenu la boisson alcoolisée la plus appréciée. Un sondage Gallup datant de juillet dernier montre que 39% des Américains préfèrent le vin et 36% la bière. En 1992, le ratio était inverse : 27% contre 47%. Une poussée à mettre au crédit des hommes de 30 à 49 ans. Autre tendance, signe de palais de plus en plus éduqués aux tanins : ces fervents amateurs de Chardonnay se mettent au rouge. Pour la première fois depuis 30 ans, la consommation de vin rouge va dépasser les blancs.Sur ce marché porteur, les vins de l’hémisphère Sud commencent à régner en maîtres. L’Australie a ravi l’an dernier la deuxième place du marché américain aux vins français – même si ces derniers ont récemment repris des couleurs. L’île continent pourrait bien dépasser l’Italie dès cette année pour devenir Numéro 1. Les vins sud-africains, eux, se vendent très bien au Royaume-Uni et se portent aujourd’hui vers les Etats-Unis pour poursuivre leur croissanceFace à cet engouement croissant, les hôteliers ont compris tout le potentiel à tirer de ces produits porteurs. Certes, en France, la consommation de vins du Nouveau Monde se cantonne encore aux établissements haut de gamme, qui reçoivent une nombreuse clientèle internationale. Mais tel n’est pas le cas, sorti des frontières de l’Hexagone. Sur les cartes des vins londoniennes, depuis longtemps, les vins français ne se taillent plus la part du lion. Certains vont plus loin encore en se spécialisant dans une niche bien précise. Notamment au Nord de l’Europe. A Stockholm, l’hôtel design Nordic Light se targue de posséder une des caves de vins américains les plus importantes au monde. Cet établissement propose des packages week-end construits autour du vin californien. A quand un forfait “Barossa” ou “Napa Valley" au Crillon et au Plaza Athénée?Un marché qui se concentre Le marché du vin est très segmenté. Les 25 premières marques ne représentent que 8% de l’offre. Une curiosité dans le monde des alcools concentré autour de marques phares. Les grandes manoeuvres ont commencé. Le groupe américain Constellation a mis près de 750 millions d’euros sur la table pour racheter Robert Mondavi en 2004. Constellation est ainsi devenu le premier négociant mondial, dépassant son compatriote E&J Gallo. Sur la troisième place du podium, l’Australien groupe Foster’s a fait main basse sur SouthCorp. Montant de la transaction : 1,5 milliards d’euros. Derrière, les leaders mondiaux du marché des vins et spiritueux, Diageo et Pernod Ricard, sont en embuscade.

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