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Opérations

Le spa atteint l’âge de raison

Après une période de développement dans toutes les directions, le spa aurait-il trouvé sa vitesse de croisière ? Le concept est maintenant bien ancré dans les habitudes des clients et dans les offres des hôteliers. Il a su prouver qu’il n’était pas une mode passagère, mais qu’il avait sa place dans la recherche du “bien-être”, en phase avec les envies de la clientèle de ce début de XXIe siècle.

Aux Etats-Unis la fréquentation des spas se classe au quatrième rang des activités de loisirs les plus importantes. La spamania n’est pas retombée, mais s’est installée en phénomène durable. Pour quelle raison ? Parce qu’elle colle parfaitement à l’air du temps. Mais l’idée même de spa est en perpétuelle mutation. Il ne s’agit pas d’un concept stagnant. C’est d’ailleurs ce qui lui confère ce caractère si “trendy” et novateur, alors même que sa présence fait désormais partie des équipements incontournables dans le parc hôtelier 4* et 5* de la planète. Les autres segments commencent eux aussi à s’équiper. Jadis privilège d’une élite de connaisseurs amateurs de luxe, le spa a fini par pénétrer la culture grand public via d’innombrables articles et reportages dans les médias. Aujourd’hui le phénomène a même sa presse spécialisée et une cohorte d’inconditionnels – les “spa-goers”- qui s’expriment à travers une constellation de blogs et de forums. Des vecteurs d’information à ne pas sous-estimer : la réputation de certains établissements s’y fait ou s’y défait rapidement.Sans remplacer les véritables “instituts de bienêtre” que sont les grands spas, ces installations prodiguent réellement les soins les plus appréciés du grand public et permettent d’afficher la mention “spa” sans tromper sur la marchandise. La question reste de savoir jusqu’où le spa pourra se démocratiser sans perdre de sa “magie” ou de son caractère tendance. A ce titre, le salon biennal Equip’Hotel, qui se tiendra à Paris en novembre prochain, devrait être riche d’enseignements quant aux évolutions futures du secteur...L’International spa association, ISPA, a mené une enquête de fond sur le profil des aficionados du bien- être à travers le monde, et en particulier ceux que l’on nomme les “spa-travelers”, c’est-à-dire les touristes qui font du spa un but ou tout du moins un agrément majeur de leur séjour. Sans pour autant qu’ils soient adeptes réguliers le reste de l’année. Les résultats, rendus publics récemment, sont riches en enseignements et balaient au passage quelques clichés. Tout d’abord l’étude établit une distinction nette entre “spa-goers” et “spa-travellers”. Si les premiers sont des clients assidus des spas et inscrivent leur démarche dans une quête d’équilibre et de santé à long terme - on parlerait presque d’un mode de vie -, les seconds sont beaucoup plus dans l’impulsivité. Ils cherchent une satisfaction immédiate, le temps de leur séjour, voire d’une séance. Cette catégorie forme le gros de la clientèle des “destinations spa” et des “spas resorts”, deux étiquettes encore souvent amalgamées. La première désigne des établissements entièrement dédiés au bien-être pour une immersion totale dans l’univers du spa, sans autre finalité, à la manière d’un séjour en thalasso. La seconde qualifie un hôtel qui possède des installations complètes en la matière, mais propose d’autres activités et accueille une clientèle intéressée ou non par le spa.Quoi qu’il en soit, pour les spa-travelers (dont 36% sont maintenant des hommes), les hôtels sont le lieu le plus populaire pour prendre soin de son corps (81% aux Etats- Unis et 73% au Canada). Mais les day-spas -fiefs privilégiés des “spa-goers” - peuvent représenter une concurrence pour les hôtels lorsqu’ils jouissent d’une bonne réputation locale et communiquent auprès des touristes (23% aux USA et 37% au Canada). Le traitement le plus populaire demeure le massage (pour 88% des sondés). Viennent ensuite les massages faciaux (qui représentent une catégorie à part), les traitements du corps (huiles, aromathérapie, vinothérapie, etc.) et les soins de manucures/pédicures. On remarque aussi que les spas ont su faire tomber les dernières barrières qui dissuadaient certains de franchir le pas. Par exemple, la gêne de se dévêtir, ou d’être touché par des mains étrangères à même la peau, a trouvé un compromis avec l’adoption de nouvelles techniques comme le massage Shiatsu (technique japonaise de pression des doigts et de la paume sur les points stratégiques du corps sans ôter ses vêtements) ou la réflexologie, qui se concentre exclusivement sur les mains et les pieds. De même pour la thérapie crâno-sacrée qui se concentre sur la tête, la nuque et les épaules, pour prodiguer un profond apaisement.Il n’existe pas vraiment de saison haute en ce qui concerne les vacances dédiées au spa. Un plus pour les hôtels équipés qui s’assurent ainsi un apport de fréquentation sur les périodes creuses.Les spas-travelers choisissent en priorité des destinations proches (par exemple le Mexique et les Caraïbes pour les clients américains), mais la pratique se concilie de plus en plus avec une escapade en Europe. Il faut dire que la différence culturelle entre l’Amérique et le Vieux Continent lorsqu’il s’agit de spa aurait tendance à s’amenuiser. Certaines nuances dans l’approche persistent néanmoins : les établissements du Vieux Continent mettent plus l’accent sur le caractère médical du spa, les sources thermales, la relaxation pure, là où les spas américains et asiatiques s’attachent davantage à proposer une “expérience” qui tient autant du spirituel que du corporel, à grand renfort de musique ethnique et autres bougies. En Amérique la dimension fitness est aussi beaucoup plus présente, de même qu’un volet culinaire (bio, diététique) qui se développe à vive allure. Mais l’écart se réduit, et une ville comme Budapest est même considérée Outre-Atlantique comme la capitale mondiale du spa grâce à son incroyable concentration de sources thermales (118 au total). Son riche passé en la matière remonte à l’époque romaine et, plus récemment, l’apport de palaces locaux comme l’Hôtel Gellert et le Grand Hôtel Margitsziget, tous deux gérés par le groupe hongrois Danubius, ainsi que l’Hotel Aquincum Corinthia ont su exploiter et même renforcer l’aura de la ville en la matière via des équipements de toute première classe.On a aussi assisté ces derniers mois à une démocratisation du spa à toute la famille. Les mères ont converti leurs filles dès l’entrée dans l’adolescence, ainsi que leurs maris. L’étape suivante passera sûrement par des activités pensées pour les enfants au sein même du spa.Le profil clientèle évolue mais les motivations restent les mêmes. L’effet bénéfique le plus recherché et le plus plébiscité pour un séjour spa est l’évacuation du stress. Viennent ensuite des discours un brin plus “ésotériques” quant à la régénération spirituelle, la réconciliation avec le corps, etc. L’absence d’horaires et d’obligations autre que de se faire du bien est aussi un moteur puissant. Les quatre points les plus déterminants dans le choix du consommateur sont, dans l’ordre : l’hébergement, le type d’équipements et de traitements disponibles sur place, le rapport qualité/prix et le caractère abordable de la destination. Le spa est une marque à part entière, dont la présence imprègne tout l’hôtel (kits de produits beautés, cadeaux d’accueil, huiles et échantillons divers) et participe à son atmosphère générale comme à sa réputation. Pas étonnant qu’il déborde du simple espace bien-être et s’invite dans les chambres. De nombreux dispositifs permettent de générer des jets d’eau relaxant de type spa dans n’importe quelle baignoire. Bulles douces ou puissant jet stream, le bain massant peut se prendre directement dans la chambre. Des bougies aromatiques et un éclairage adéquat viennent compléter la sensation d’un spa privatif pour le(la) client(e).Chez Spa-Sud, certes importateur de matériel haut de gamme, on ne sent pas d’évolution majeure de la demande en terme de segment. “Le 4* reste le marché de base. C’est vrai que le 3* se développe, mais cela reste encore timide”. Les catégories haut de gamme étant pour ainsi dire presque entièrement équipées, les ventes ralentissent donc un peu.La présence d’un spa est dorénavant considérée comme normale par la clientèle. Ce n’est plus un “plus” en soi (en revanche sa réputation et son prestige, de même que des équipements plus élaborés que la moyenne et des traitements originaux, le sont toujours). Cela implique qu’en 2006, l’absence de spa est fatalement mal perçue à partir d’un certain niveau de standing, ce qui ne laisse guère de choix aux hôteliers. Cependant tous les établissements n’ont ni la place ni le budget pour aménager un espace de toutes pièces et engager du personnel spécialisé. Tout n’est pas perdu pour autant.Si l’on s’en tient à la définition première du spa, c’est-à- dire le soin par l’eau, il existe dorénavant toute une gamme de solutions alternatives : les spas encastrables. Il s’agit concrètement de “cuves” pouvant accueillir de 6 (la norme) à 10 personnes et plus, équipées de différents jets de massages et de sièges ergonomiques. Les jets ciblent les points de tensions du corps pour un effet hydrothérapiques optimal. Ces mini-spas sont généralement entièrement paramétrables via un panneau de contrôle qui permet de déterminer le type de massage pour chaque muscle. Niveau design, il existe un vaste choix de matériaux, du carrelage blanc à des surfaces en bois naturel. Des éclairages sous-marins sont aussi disponibles, avec coloris interchangeables.Sans remplacer les véritables “instituts de bienêtre” que sont les grands spas, ces installations prodiguent réellement les soins les plus appréciés du grand public et permettent d’afficher la mention “spa” sans tromper sur la marchandise. La question reste de savoir jusqu’où le spa pourra se démocratiser sans perdre de sa “magie” ou de son caractère tendance. A ce titre, le salon biennal Equip’Hotel, qui se tiendra à Paris en novembre prochain, devrait être riche d’enseignements quant aux évolutions futures du secteur...

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