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Opérations

Le festival du film ne connaît - presque - pas la crise. Plus de 65 millions de retombées pour Cannes et la région

Le Festival du film est un manne qui ne semble pas devoir souffrir de la crise. Dans un périmètre de 50 km autour des marches du palais, ce sont quelque 65 millions d’euros qui se déversent dans l’économie touristique. Mais il est vrai qu’en 2009, l’impact sera moins sensible en dehors du cercle immédiat de l’hôtellerie cannoise.

Grace à l’observatoire quotidien de MKG Hospitality sur l’agglomération de Nice-Cannes, on peut mesurer l’apport du Festival du film en termes de recettes supplémentaires hébergement. Ainsi, en comparant l’activité pendant les périodes post et pré-Festival, on constate un différentiel de RevPAR de plus de 100 euros par nuitée pendant les deux semaines de cet événement planétaire. Appliqué aux 24 500 chambres toutes catégories confondues, sous enseignes de chaînes ou en hôtellerie indépendante, ce différentiel permet de générer un chiffre d’affaires supplémentaire sur la période du Festival de près de 35 millions d’euros, uniquement en hébergement.Lionel Servant, Directeur général du Radisson Blu à Nice _ “Le remplissage a été plus lent et plus difficile que les années précédentes. L'effet Festival de Cannes sera plus modeste cette année, tout comme l'effet du Grand prix de Formule 1 de Monaco. Le débordement des réservations en dehors du cercle de Cannes ou de celui de Monaco ne se constate vraiment que sur les week-ends qui mobilisent le grand public. Nous bénéficions aussi de quelques séminaires d'entreprise qui n'ont pas trouvé de place plus près du cœur des événements. Le trop plein a du mal à venir jusqu'à Nice. La chance du Radisson Blu est d'être très bien localisé à proximité de l'aéroport, ce qui nous donne un avantage supplémentaire par rapport aux hôtels de centre-ville, sans doute encore moins bénéficiaires des retombées du Festival”.Cette manne, fondée sur les résultats de l’année 2008, n’est pas répartie de façon uniforme. A eux seuls, les hôtels 4* sous enseigne de chaînes de Cannes-Le Canet en captent près de la moitié. Le différentiel de RevPAR sur cette seule catégorie est de 650 euros. On comprend que les grands hôtels annoncent 15% du CA annuel réalisés en moins de 15 jours. Toute l’hôtellerie cannoise confondue récupère environ 28,5 millions d’euros supplémentaires sur la durée du Festival par rapport à des périodes “normales”.Dans un périmètre de quelque 50 km autour de Cannes, le long de l’autoroute La Provençale, le bénéfice n’est pas négligeable, mais loin d’être aussi conséquent. En moyenne le différentiel de RevPAR lors du Festival n’y est plus que de 40 euros pour les 4* sous enseignes et de 25 euros pour l’ensemble des catégories hôtelières intégrées ou indépendantes. C’est quand même un CA supplémentaire supérieur à 6 millions d’euros en hébergement qui arrive dans les caisses des hôtels.Sur la période du Festival, dans les hôtels et restaurants de l’agglomération de Cannes, le chiffre d’affaires en restauration est pratiquement équivalent à celui de l’hébergement. Entre 30 et 31 millions d’euros supplémentaires sont injectés dans l’économie locale. C’est la partie qui risque de souffrir de la réduction des budgets et qui a du mal à se diffuser hors du périmètre de la Croisette. Au total le Festival du film génère plus de 65 millions d’euros de retombées directes.Emmanuel Caux, Directeur général du Majestic Barrière et Gray d'Albion _ “La montée en puissance des réservations a été plus lente que les années précédentes et nous avons connu une accélération en l'espace de 15 jours pour finalement atteindre le niveau d'activité habituel en hébergement, c'est-à-dire un hôtel complet. Ce sera un très bon Festival du film pour le Majestic qui a la particularité d'être situé face à la montée des marches. Il est donc très prisé par les plus grandes vedettes. Du côté de la restauration, nous ferons également un chiffre d'affaires équivalent à l'an passé mais divisé sur davantage de manifestations d'une ampleur moindre individuellement que les éditions précédentes”.François Chopinet, Directeur général du Carlton InterContinental _ “L’hôtel est complet durant toute la quinzaine et nous continuons à refuser des clients, mais il est vrai que, comparé aux années précédentes, les dernières réservations sont arrivées plus tardivement. Le mix-clientèle est directement lié à la sélection des films, il est sûr que les nationalités ayant le moins de films en compétition sont aussi celles le moins représentées parmi la clientèle. L’exemple type étant les américains, dont un seul film a été sélectionné. Si l’activité de la restauration est directement impactée par la crise, on note tout de même une volonté de maintenir certains événements. Le nombre de manifestations est quasi équivalent, mais avec une tendance à la réduction des budgets. Malgré ce qu'il faut bien qualifier de contexte de crise, l’InterContinental Carlton fait partie de ces hôtels qui seront toujours pleins durant le festival de Cannes. A la fois pour des raisons historiques, mais aussi pour des raisons politiques avec la venue depuis des années des Présidents du Jury et du Festival”.Richard Schilling, Directeur général du Concorde Martinez _ “Contrairement à certains de nos confrères, nous sommes complets depuis le mois de février. Notre politique a toujours été de diversifier nos clientèles en multipliant les contacts non seulement avec les studios américains, mais avec les sociétés de production européennes et les producteurs indépendants pour lesquels le Festival de Cannes est avant tout un marché vital pour leurs affaires. Dans un monde en crise, le business du cinéma ne se porte pas si mal. Cannes fait toujours rêver et pour de nombreuses entreprises c'est une belle occasion d'inviter leurs meilleurs clients. Si elles doivent ne garder qu'une seule opération de prestige, ce sera le Festival du Film. Nous en profitons directement et l'édition 2009, à certains égards, se présente encore mieux que 2008. En ce qui concerne les événements périphériques, nous avons toujours eu une position simple : n'accepter aucune manifestation qui pourrait perturber le calme de nos clients. Nous ne subissons donc aucune forme de baisse d'activité de ce côté-là. En revanche, de façon très paradoxale, La Palme d'Or, le seul 2* Michelin de Cannes, va jouer à guichet fermé pendant toute la période du Festival 2009, ce qui n'était pas le cas l'an passé. La seule manifestation de la crise, dans un univers qui semble épargné, c'est la durée des séjours. Ils sont strictement concentrés sur les 12 jours du Festival. Il y a très peu de débordements comme lors des éditions précédentes”.Richard Duvauchelle, Directeur général du Palais Stéphanie ex-Noga Hilton) _ “Nous venons de rouvrir l'hôtel après plusieurs mois de fermeture pour travaux intenses de rénovation. C'est un établissement flambant neuf qui a servi de cadre à la soirée d'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs avec l'équipe du film Tetro de Francis Ford Coppola. Ce fut une magnifique soirée dans la tradition de Cannes. Sans doute y a-t-il un peu moins de monde que les années précédentes, mais un peu moins de monde dans la folie du Festival, franchement cela ne se voit pas. Les alentours des marches sont toujours pris d'assaut, la foule est impressionnante. Côté business, on a vraiment le sentiment que la sélection des films 2009 est très riche et de haut niveau ce qui va animer encore davantage le marché du film. La sélection américaine est un peu pauvre car les studios n'étaient pas prêts et cela se ressent sur la fréquentation américaine. Nous sommes complets depuis ces dernières semaines avec davantage de courts séjours, ou des séjours fractionnés pour être là pendant les moments forts sans forcément rester toute la durée du Festival”.Lionel Servant, Directeur général du Radisson Blu à Nice _ “Le remplissage a été plus lent et plus difficile que les années précédentes. L'effet Festival de Cannes sera plus modeste cette année, tout comme l'effet du Grand prix de Formule 1 de Monaco. Le débordement des réservations en dehors du cercle de Cannes ou de celui de Monaco ne se constate vraiment que sur les week-ends qui mobilisent le grand public. Nous bénéficions aussi de quelques séminaires d'entreprise qui n'ont pas trouvé de place plus près du cœur des événements. Le trop plein a du mal à venir jusqu'à Nice. La chance du Radisson Blu est d'être très bien localisé à proximité de l'aéroport, ce qui nous donne un avantage supplémentaire par rapport aux hôtels de centre-ville, sans doute encore moins bénéficiaires des retombées du Festival”.

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