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Entretiens

[Podcast] « Nous sommes confiants, en attente et très impatients »

Entretien avec Olivier Chopin Directeur Général des Hôtels de Bordeaux (8 établissements) et président de l’AIFE depuis 18 mois.

L'hôtellerie, c’est un domaine qui s’est complexifié, il y a mille métiers en un et de nouveaux métiers auxquels nous devons nous adapter et nous approprier ces nouvelles pratiques : SEO, RM etc.. C'est passionnant pour les nouvelles générations peut-être plus déroutant pour nous. C’est là que le lien avec un franchiseur devient important, c'est en principe lui qui va avoir ces expertises.

Il y a également une diversification avec l’arrivée des auberges de jeunesse ou encore d’Airbnb. Cette concurrence nous devons aussi la regarder sous un angle positif. Il faut faire du lobbying mais pas uniquement, à nous de trouver les solutions pour capter cette clientèle qui est attirée par Airbnb. On peut aussi réfélchir à mixer notre hôtellerie "traditionnelle" avec du collaboratif.

Il faut tout regarder pour optimiser sa rentabilité, il y a encore des domaines que nous ne maîtrisons pas totalement.

Quel impact des nouveaux entrants parmi les investisseurs ?

Positif car cela apporte de la liquidité, cela valorise mécaniquement nos établissements et il y a des affaires qui se vendent à prix intéressants. Cela valorise donc nos actifs et apporter de la liquidité, une tendance qui ne semble pas s'inverser. Le revers de la médaille, c’est que les investisseurs historiques, avec cette survalorisation des actifs, ont des difficultés à se positionner sur des actifs existants. Il reste toutefois une option, se positionner sur de la construction avec une création de fonds de commerce.

Je pense qu’ils sont là pour longtemps et nous, investisseurs historiques savons nous adapter.

Vos établissements ont-ils été impactés par les grèves ?

Mon établissement Campanile en face de la Gare St Jean à Bordeaux est le plus durement impacté. Nous avons d’autres établissements qui font face à des annulations de séminaires par exemple. Cela reste toutefois dans des proportions raisonnables. Il y a une baisse, il y a une morosité qui persiste, qui a tendance à devenir structurelle et plus uniquement conjoncturelle. Cette morosité nous impacte depuis 18 mois et il est urgent d’en sortir.

Il y a des établissements qui sont en danger et on n’entend pas assez notre voix. Notre poids électoral n’est peut-être pas assez important, il ne faut toutefois pas oublier que nous sommes un vivier de jobs. Nos salariés sont très impactés, il y a des emplois à préserver.

Comment évolue votre partenariat avec votre franchiseur ?

L’AIFE représente 350 établissements sachant que sur la France (NDR) Louvre Hotels à 75% de ses établissements en franchises. Nous ne sommes pas des râleurs ni un syndicat, nous sommes un regroupement d’entrepreneurs qui sont passionnés par l’hôtellerie et qui se veulent être des ambassadeurs de marques, que nous avons choisi il y a longtemps pour certains ou récemment pour d’autres. Nous sommes dans une démarche de partenariat et d’état d’esprit constructif avec Louvre Hotels. Les adhérents rejoignent l’association car nous sommes en capacité de leur trouver des solutions alternatives sur des fournisseurs, des PMS plus agiles ou autre. Nous sommes un outil de veille à une convergence d’intérêts entre franchiseur et franchisés. Nous sommes résolument dans une démarche constructive et nous pouvons aussi être lanceurs d’alerte.

Aujourd'hui, si nous ne sommes pas en position de lancer une alerte, nous sommes très impatients. Cela fait 5 ans que Jin Jiang a racheté le groupe, soit la moitié d'un contrat de franchise, nous sommes de bons élèvres patients. Nous sommes ravis de faire partie du 2ème groupe mondial et nous espérons pouvoir en profiter en termes de notoriété et de puissance de frappe, de négociation avec les OTAs. Aujourd’hui ce que nous envisagions, nous avons besoin de le voir là sur les premiers mois de 2020. Nous ne sommes pas dans une position de râleurs mais d'attente et d'impatience, nous voulons que Jin Jiang montre sa puissance de feu sur nos établissements. Que fait Jin Jiang pour les hôteliers? En quoi cela se répercute sur son activité? Y a-t-il réellement des hubs de clients chinois sur les hôtels? C'est cela que nous attendons. Il y a des progès et cela va dans le bon sens. Nous savons que les fondations sont logues à mettre en place, mais n'oublions pas que nous avons une relation client/fournisseur avec notre franchiseur et il faut que le service soit délivré.

Nous serons les premiers à porter le message de marques fortes mais il faut qu’elles se redifférencient. C’est déjà le cas actuellement au sein de l'AIFE quand un établissement rejoint le groupe nous avons un référent local qui vient apporter les bonnes pratiques.

Quelles sont les problématiques les plus prégnantes auxquelles vous êtes confrontées en tant que propriétaire hôtelier ?

Le vrai arbitrage et le plus gros choix pour nous franchisés c’est de ne pas se tromper de franchise dès le départ. Les relations franchiseurs/franchisés se sont décomplexées dans les deux sens. Les franchisés vont donc faire leur benchmark et aller vers l’enseigne la plus sexy.

Il y a un autre sujet auquel nous sommes tous confrontés, c’est la problématique du recrutement. Là où il y a quelques années seules les cuisines étaient concernées, c’est désormais le cas pour toutes les fonctions de nos établissements. Sur ce sujet précis il faut changer de paradigme. Je n’ai pas la solution mais il faut impérativement revoir les choses et revoir nos attentes en tant qu’investisseur. Aujourd’hui nous cherchons des profils de 25 ans qui parlent 3 ou quatre langues, pour un salaire au SMIC et si la personne est très bien, nous allons vouloir la garder un maximum. Il faut casser cette vision, peut-être revoir les grilles de salaires. Peut-être envisager une action de lobbying pour inciter à des réductions de charges non pas sur les salaires de base mais sur les niveaux de rémunération supérieurs. On peut également s’appuyer sur le franchiseur pour tirer le meilleur parti possible de l’écosystème des établissements franchisés et donner des perspectives d’évolution, en tant que deuxième groupe hôtelier mondial, aux jeunes que nous embauchons. Il faut recruter des profils plutôt que des savoir-faire. L’ascenseur social existe réellement dans nos métiers, il faut le ré-enclencher et le valoriser.

Le développement durable pouvait être il y a encore quelques années accessoire, cela devient central pour nous hôteliers. Cela devient même vital, il faut se donner les moyens car nos employés comme nos clients ont de fortes attentes sur ces sujets. Nous devons nous engager de façon plus sincère encore aujourd’hui, nous fidéliserons ainsi nos clients et nos salariés.

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