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Analyses

#VivaTech18 | Créer sa startup dans un grand groupe : l’intrapreneuriat chez AccorHotels

La semaine dernière, la Porte de Versailles mettait à l’honneur l’innovation et le progrès technologique. A travers les allées de VivaTech, l’hôtellerie n’a pas été oubliée.

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« Aujourd’hui, on pense vraiment que nos collaborateurs peuvent devenir des startups. Ils ont des projets à pousser et à proposer. On veut leur permettre de faire éclore ceux-ci au sein du groupe. Pour qu’ils deviennent des nouvelles entités et des nouvelles lignes de business.

L’innovation Lab est un service qui permet de créer de nouveaux projets pour le groupe Accor. On travaille sur notre core business qui est l’hôtellerie, mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est d’ouvrir de nouvelles lignes de business autour des services. Comment mieux accueillir nos clients ? Comment leur proposer de nouvelles expériences ? Dans ce cadre-là, nous avons la chance de travailler avec TechStars. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« TechStars est un accélérateur de start-ups. On prend des start-ups qui sont déjà structurées pour les accélérer dans leurs transitions et leurs business. On a dix start-ups. Le but, ce n’est pas d’en avoir dix millions, mais d’avoir les meilleures. Ce sont des start-ups qui vont pouvoir travailler avec nos partenaires. »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« Je pense qu’il est intéressant de vous expliquer la différence entre un incubateur et un accélérateur. Un incubateur va vous donner les moyens et un certain nombre d’éléments de networking. Mais l’accélérateur est différent. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« L’accélérateur est là pour savoir comment on peut aider à accélérer son business. En trois mois, elle fait le travail que vous pouvez faire en deux ans. On connecte ces start-ups avec un maximum de personnes. L’idée, c’est de leur donner les meilleurs conseils pour avancer et lever des fonds. »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« Le partenariat avec TechStars, il est en deux volets : il y a le programme d’accélération et le programme du bootcamp. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« On a d’abord un programme d’accélération sur trois mois. Ça commence par trois semaines de speed-dating où on leur fait rencontrer dix mentors par jours. La startup est habituée à voir des gens bienveillants et qui ne vont pas forcément leur donner de bon retour. Après, on les entraine au pitch. Pendant treize semaines, ils sont sur scène pendant cinq minutes et ils pitchent devant les partenaires corporate et les investisseurs. Ce qui est important de savoir, c’est qu’Accor, à travers le partenariat stratégique de trois ans, investit dans nos startups. Il y a un réel intérêt à ce qu’on travaille bien tous ensemble. »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels : 

« Ce que je trouve intéressant, c’est qu’il n’y a pas qu’AccorHotels dans le programme. Il y a  un enrichissement avec les autres groupes. Aujourd’hui, les entreprises apprennent à travailler différemment. On va collaborer avec d’autres groupes tels que La Française des Jeux, Total, Groupama, Renault pour pouvoir bénéficier de leurs expertises et sortir du cadre. On a probablement trop de réflexes hôteliers liés à nos business, c’est donc intéressant de voir comment ses entreprises traitent ces mêmes sujets. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« Pour les grands groupes, savoir : pourquoi on innove ? Et comment on travaille mieux avec les startups ? C’est vraiment un programme qui est enrichissant. Il y a des personnes qui sont incroyables en interne et c’est la recette magique, c’est : comment les mettre en valeur ? Comment leur proposer des choses qui sont intéressantes ? Il y a plein de choses à faire.

Ce bootcamp de deux jours par semaine, 50% du temps, permet de sélectionner des équipes. Chez Accor, il y en a trois. Et l’idée c’est de faire éclore des nouvelles idées et tester un nouveau business. En réalité, dans un grand groupe, c’est assez risqué de tester quelque chose dont on ne connaît pas les conséquences. Ou alors, on ne va réussir à les convaincre que peut-être c’est une bonne idée ! »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« C’est toujours compliqué de se dire : comment vais-je faire pour participer pendant six semaines avec un travail quotidien et des managers ? Chez Accor, on a fait un groupe de travail collaboratif avec les ressources humaines et les managers, pour libérer 50% du temps de façon officielle. Pour que tout le monde soit conscient que si les collaborateurs ne sont pas à leurs postes, c’est qu’ils sont en train de faire un autre projet pour le groupe. Cela permet au manager d’être impliqué dans le projet.

Tout ceci est un peu nouveau. On est en train de tenter, ça pourra être évolutif, ça pourrait être 100% à certains moments. On essaye de libérer ce fameux espace-temps dont on a tant besoin pour se concentrer sur les projets. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« La chose la plus importante, c’est de laisser l’opportunité à ces personnes de travailler sur des projets différents. Non pas de se dire qu’ils sont en train de jouer à la startup, mais qu’ils changent la culture de l’entreprise. Cette culture d’ambassadeur t’emmène vers l’innovation. »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« On va revenir maintenant sur les intrapreneurs. Comment s’est passé le challenge ? Comment on a organisé les sélections en interne ? »

Pauline Robert, Project Manager - Innovation Lab, AccorHotels :

« Chez Accor, on a décidé de faire un appel à candidature de projet assez ouvert. Donc on a adressé un message aux sièges France et Corporate. On a sélectionné trois candidatures selon différents critères. Il fallait surtout avoir un projet en rapport avec la stratégie du groupe et créateur de valeur pour nos clients. »

Morgane Suignard, Corporate Relations Manager, TechStars :

« Le mardi et le jeudi, les équipes venaient assister à des workshops de trois heures qui les aidaient à structurer leurs idées. On les connectait avec des experts externes en fonction de leurs besoins et leurs thématiques. L’intraprenariat, ce n’est pas du consulting. L’idée, c’est que ces personnes puisent au fond d’elles-mêmes et étendent vraiment leurs projets. »

Laurence Bordry, VP Innovation Lab Marketing Global, AccorHotels :

« Le challenge nous a permis de communiquer dans l’entreprise, d’initier des vocations et mobiliser les collaborateurs pour qu’ils travaillent ensemble. Il y a des phases de dépôt de dossier et de pré-sélections. Il y a eu beaucoup de communication en interne pour les valoriser auprès des uns et des autres. Ensuite, ils intègrent le bootcamp puis ils reviennent pitcher dans l’auditorium. En ce moment, on est en train de travailler avec les équipes, avec leurs managers et leurs mentors pour une date importante. Le 11 juin, ils vont avoir la chance de pitcher leur projet devant Sébastien Bazin pour avoir un go ou un no-go sur la suite de leurs projets.

Ce qui était des idées devient des projets réels qui vont peut-être devenir, demain, des nouvelles lignes de business chez nous.

Pour nous, il y a un élément fondamental, c’est les équipes. On dit souvent que vous pouvez avoir un super projet, mais s’il n’y a pas une équipe derrière – des gens passionnés qui portent leurs projets – ça ne marchera pas. On a besoin de sentir l’envie et la capacité à entreprendre, à se projeter et à se remettre en cause.

On a aussi évidemment toute la partie business model. Qu’est-ce que propose son marché ? Qu’est-ce que les gens attendent ? Ai-je le potentiel d’aller à l’étranger ? On a vraiment besoin de savoir si ce sont des projets à vocation international.

Il faut également une attention particulière aux solutions techniques sur le marché. En outre, le business plan doit être travaillé et retravailler.

Concernant la structure, c’est également bien de comprendre comment vous vous projetez ? Est-ce que vous avez envie de porter le projet, mais pas forcément de le continuer et de retourner à votre job ? Ou est-ce que vous avez envie de le suivre ? Sous quelle forme et de quelle façon. C’est des discussions que vous devez avoir avec vos managers et avec les équipes des ressources humaines. »

Le retour d’expérience : avant, pendant et après

Les finalistes TechStars : Grooms, Stor’y et Hôme

Avant – Hôme : « On a participé au challenge parce qu’on voulait participer à cette aventure. On n’avait pas forcément une idée en tête. On voulait découvrir l’univers des startups et de l’entrepreneuriat. On s’est lancé à quatre. On a brainstormé et sorti une liste de dix idées. On est allé partager ces idées tout autour de nous, en interne et en externe. Puis on a fait voter. Une idée est ressortie et on s’est penchés dessus.

Toutes les quatre, on travaille dans le programme de fidélité d’AccorHotels. On a des qualités et des expertises très différentes : IT, hôtelier ou marketing. Nous avons formé notre équipe de manière très naturelle. On s’est dit : on prend ce challenge parce qu’aujourd’hui, il n’y a que 5% des femmes qui sont dans les startups. Qu’est-ce que ça a changé pour nous ?

D’un point de vue personnel, il y a toujours un travail d’introspection. Osez ! Effectivement, on l’a fait et avec un grand sentiment de fierté parce qu’il y a très peu de femmes dans la tech. J’aime bien cette phrase de notre CEO qui est de dire : un client ce n’est pas un numéro de réservation. C’est la même chose pour nous. De se coltiner à notre ambition, c’est de se dire : je ne suis pas la ligne C15. J’ai des idées, de la valeur et je le fais savoir. Au bout de trois mois, on a rencontré plus de monde qu’en un an. Ils nous ont fait grandir et évoluer. »

Pendant – Stor’y : « On a eu cette sensation de fierté d’arriver dans le programme TechStars.

On a eu une partie très théorique qui nous a permis de tout savoir sur le business plan et le modèle CANVA. J’ai fait toute ma carrière chez Accor et je n’avais pas forcément tout ce backup sur l’innovation et le design-thinking. On avait vraiment besoin de ces enseignements afin de les appliquer à notre idée au fur et à mesure.

C’était hyper riche. On a eu des workshops avec des gens qui sont venus du monde entier. On a tout remis en question à un moment. On a repris notre idée. Ça pouvait être déstabilisant.

Ce qui a été très fort pour nous, c’est de confronter l’idée à l’externe. Comment peut-on vendre notre idée à des gens qui ne sont pas du tout dans notre domaine ? Cet apport-là était absolument fondamental. Cela nous a permis de nous remettre en question, puis de faire des choix. Chacun a son avis sur votre idée et derrière, il faut avoir un recul et se dire : mais nous, qu’est-ce qu’on veut faire de cette idée ? Comment on la met en place ? Et à un moment, il faut prendre une décision. Le plus dur, c’était de s’arrêter et de ne pas partir dans tous les sens.

En début, on était à l’écoute de tous nos intervenants et nos mentors. Puis, à un moment, nous avons pris de la hauteur et notre concept est devenu le nôtre. On avait notre ligne directrice et on savait où on allait.

On osait beaucoup plus. On assumait des choses. Alors qu’au premier Mentor, on pensait : aidez-nous ! Il y a un vrai apport théorique. On s’est appris des choses entre nous, avec les entreprises et les mentors. Mais le dernier apprentissage, c’est sur une certaine manière de pensée, qui a été cassée dans l’approche des sujets et des projets.

J’encourage tout le monde à se lancer dans ce type de programme. Par contre, il faut être conscient qu’il y a beaucoup de travail. C’est un investissement. Les six semaines sont courtes, il faut capitaliser dessus. »

Après – Grooms : « Ce que ça nous a apporté, c’est de sortir de notre zone de confort. On a tous des rôles différents : je suis juriste, il y a un data scientist et un contrôleur de gestion. En l’occurrence, quand il a fallu aller directement sur le terrain pour rencontrer et démarcher commercialement des gens, ce n’était pas quelque chose qui était dans notre ressource première. Comment nous on se positionne là-dessus ? Actuellement, on continue à mener ce projet et à mettre en place de choses opérationnelles.

Depuis qu’on a fini TechStars, le but c’est de développer quelque chose rapidement et lancer des tests. On va aller rencontrer nos futurs clients. L'objectif, c’est de voir où on veut aller avec Accor au niveau du partenariat.

Il y a eu un impact sur notre travail au quotidien. On a appris pas mal de méthodes, de modes de fonctionnement et de modes de réflexion que l’on peut appliquer dans nos métiers.

Ce qui reste, c’est que si on vous propose de faire ce type de projet : saisissez cette opportunité ! Au niveau humain ou de l’acquisition de compétences, c’est quelque chose d’unique. C’est un véritable cadeau. »

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