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Analyses

Boeing back Aerion et rêve de vols supersoniques

Boeing, via Boeing NeXt, vient d’annoncer un partenariat avec Aerion, l’une des entreprises qui rêvent de ressusciter le marché de l’aviation supersonique civile. L’occasion de faire le point sur les entreprises qui se positionnent sur ce créneau. Qui sera le premier – le second, paix au concorde – à passer le mur du son ?

Aerion et Boeing, le supersonique comme horizon

 

                C’est en fait une course qui a commencé un certain 31 Mai 2003, au moment où le dernier Concorde se pose à Roissy Charles de Gaulle, mettant ainsi fin au premier chapitre de l’histoire du marché de l’aviation supersonique civile : qui ouvrira le premier le second chapitre ? Comment ? Avec quel modèle économique et quelle rentabilité ?

Aerion est l’un des premiers à relever le défi. L’entreprise se créée dès 2003, alors même que le Concorde est mis hors service. C’est d’abord un ensemble de spécialistes techniques, sur le « supersonique » : sur la gestion des fluides, sur l’aérodynamique, le fameux « mur du son » et du « boom » qu’il entraine… Très vite, l’entreprise dévoile ses nouvelles ambitions : reprendre le flambeau du Concorde. Mais cette fois-ci, pas question de chercher un nouvel avion de ligne supersonique, l’entreprise se positionne sur le créneau des jets privés. Devenir constructeur ou vendre les brevets, puis vendre des appareils aux happy few capables de se les payer : un moyen de passer outre le problème de la rentabilité des vols, du coût du kérosène…. En 2007 : un premier design est présenté ; avec pour objectif un prix en dessous des 100 millions de dollars, un premier vol test au milieu des années 2010 et une commercialisation en 2020. Evidemment, le projet prend du retard. Toutefois, l’entreprise réussi à tester avec la NASA de nouveaux alliage et matériaux pour construire son prototype ; et annonce que tous les tests sont positifs. L’espoir revient pour les civils voulant passer le mur du son. Notamment quand l’entreprise annonce un second modèle, plus cher, légèrement plus grand. Avec comme calendrier : des premiers vols tests en 2018, un modèle final en 2023, une certification en 2025 et les premières ventes en 2028. Une histoire de dates repoussées et d’espoirs douchés donc.

Et pourtant l’entreprise semble avancer, après les tests avec la Nasa, voilà un autre grand nom qui vient se joindre à l’aventure : Boeing. C’est en fait le troisième constructeur lié à Aerion, après qu’Airbus et Lockheed aient renoncé au projet, alors qu’ils avaient suivis l’entreprise de rêveurs soniques pendant des années. Boeing, une entreprise pour tenter de monter l’avion à partir des plans, et maintenir l’objectif du premier vol en 2023. L’aide du géant américain est multiple : fonds, ingénierie, aide à la construction… Les détails de l’opération n’ont pas été révélés, ni dans son prix, ni dans sa forme. Le tout est piloté par Boeing NeXt, la partie de la maison mère qui gère la R & D pour tous les domaines reliés aux « nouvelle technologies », que cela soit en « Urbanisme », en « Block Chain », ou en « AI » - la maison du futur made in Boeing en somme.

Quant à l’avion à construire : il aura 12 places, et volera à une vitesse proche de mach 1.4. C’est-à-dire environ mille kilomètres à l’heure, mettant ainsi New York à 4 heures de Londres. C’est nettement moins que certains possibles concurrents car Aerion veut éviter le « Boom » lors du passage du mur du son. Notamment car il est toujours interdit de dépasser cette limite au-dessus des zones habitées. Le but final est, en fait, de fleurter avec cette vitesse, avec des variations selon l’emplacement de l’avion et les conditions atmosphériques. Ce n’est donc même pas réellement du vol supersonique, mais du vol fleurtant avec le sonique. Nuance. Il n’empêche : après des changements de dates, des changements d’acteur de la Nasa à Airbus… Boeing tente l’aventure.

 

Vol au-dessus d’un nid de coucous supersoniques

 

                Quels sont les autres acteurs qui se positionnent sur ce marché ? Avec quelle temporalité ? Le partenariat entre Boeing et Aerion est l’occasion d’un petit survol sur les acteurs de ce marché n’existant plus/pas encore. En plus d’Aerion et Boeing cela s’entend.

                Du côté de l’autre géant, Airbus, un projet est en cours : le ZEHST, pour Zero Emission Hyper Sonic Transport. Un avion de ligne d’une centaine de places, capable d’aller à une vitesse hypersonique (Mach 4), pour zéro émission de gaz à effet de serre lors du trajet. Cela mettrait Londres à une heure de New York, Tokyo à 2 heures de Paris. Evidemment, pas une seule nouvelle depuis 2015, après une première annonce au Salon du Bourget en 2011. Le constructeur y avait annoncé une date pour les vols commerciaux : 2050. Pas pour tout de suite donc.

                Vient ensuite le projet de Spike Aerospace. Un avion supersonique sans hublot, très tech dans l’esprit, avec des parois internes couvertes d’écran, servant à la fois à montrer l’extérieur et à naviguer sur diverses applications ou contenus multimédias. Là aussi c’est la date de 2023 qui est retenue ; pour les premiers vols. C’est en tout cas ce qu’à encore répété le CEO en 2018. Sachant que 2018 avait, par le passé, déjà été annoncé comme une date possible pour un premier vol d’essai.

                Puis HyperMach, et son ancien prototype appelé SonicStar. Là-dessus le constat est simple : pas de nouvelles depuis 2016. Aux dernières nouvelles le premier vol était prévu pour 2025. Un peu après les autres concurrents donc.

                Enfin l’autre entreprise majeure sur ce marché des jets supersonique, qu’ils soient de ligne ou privés : Boom. L’entreprise du Colorado a notamment vu le patron de Virgin, R. Branson, et Japan Airlines, rentrés à son capital. En termes de levée de fonds, c’est Boom qui tient le haut du panier : 100 millions de dollars de récoltés auprès de fonds de la Silicon Valley (comme Y Combinator, Emmerson Collective…). L’entreprisse assure pouvoir faire un premier vol test en 2019, sur un avion de plus petit calibre que l’objectif final mais restant supersonique. Pour un premier test sur model définitif en 2025.

                Evidemment, outre ce marché du « supersonique » il existe d’autres rêves et fantasmes. En 2018 Virgin Galactic fait décoller avec succès son premier prototype d’avion spatial. Sans parler de SpaceX, dont l’inénarrable créateur, Elon Musk, a dévoilé en 2017 un projet de voyage par fusée. Ce qui mettrait Londres à une demi-heure de New York, loin des 3 heures en jet supersonique, ou des 7 heures aujourd’hui. A une différence près, aujourd’hui, les 7 heures sont assurées.

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