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Opérations

Le secteur de l’hôtellerie-restauration peine à faire face à l’inflation

Une enquête menée par le CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) à laquelle ont répondu les adhérents de l’UMIH met en évidence les nombreuses difficultés que rencontrent actuellement les acteurs de la branche CHRD, dont la hausse des prix et les problèmes de recrutement.

La hausse des prix de l’énergie et des matière premières, les difficultés financières et la pénurie de main d’œuvre sont tout autant de facteurs qui impactent lourdement le secteur. Un secteur, pour rappel, composé à 97% de TPE et PME. Dans un contexte aussi délicat, les chefs d’entreprises ont de plus en plus de mal à garder la tête hors de l’eau malgré les divers efforts déjà fournis.

Si la problématique du recrutement n’est pas un sujet nouveau dans le secteur, il persiste néanmoins fortement ces derniers mois. Un manque de main d’œuvre d’autant plus problématique en plein période estivale où le secteur performe le mieux. Si 59% des chefs d’entreprises CHRD cherchent à recruter, le nombre d’entreprises rencontrant des difficultés à trouver le bon profil de salariés s’élève lui à 97%. Des chiffres reflétant l’ampleur du problème.

Un turn-over important touche 39% des entreprises, avec pour principales raisons la volonté des employés de se consacrer à autre chose que leur vie professionnelle mais aussi de découvrir d’autres secteurs d’activités. Si 89% des chefs d’entreprise considèrent qu’il faut réformer le système actuel d’indemnisation via l’assurance chômage, d’autres solutions sont d’ores et déjà appliquées.

Ainsi, 53% des répondants disent avoir déjà augmenté les salaires en 2022 pour l’ensemble de leurs salariés, un chiffre qui s’élève à 62% pour le secteur de l’hôtellerie. Toutefois ils sont 22% à déclarer ne pas être en capacité d’augmenter les salaires. Pourtant 56% des adhérents se disent prêts à encore augmenter les salaires dans les prochains mois avant fin 2022.

L’augmentation des salaires n’est pas la seule piste de travail des chefs d’entreprises. En effet, une entreprise sur deux a déjà mis en place chez elle l’intéressement, la participation ou l’épargne salariale. Si 36% des entreprises ont récemment versé la prime « Macron » à leurs salariés, elles sont dans l’ensemble favorables à la mise en place d’un mécanisme obligatoire de partage de la valeur.

Côté performance, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances pour un grand nombre de professionnels. Si 54% des hôteliers estiment que leur activité s’est améliorée au premier semestre 2022, 67% des cafetiers et 69% des restaurateurs estiment que leur activité a stagné, voire s’est dégradée au cours du premier semestre. Le chiffre d’affaires est ainsi en hausse dans l’hôtellerie tandis qu’il est en baisse ou stagne pour les cafés et restaurants. Néanmoins 40% des entreprises ont continué d’investir, et particulièrement les hôteliers.

Les prévisions pour le second semestre 2022 ne sont guère plus optimistes. Ils entrevoient une activité plutôt en stagnation pour 52% d’entre eux, voire en dégradation pour 21%. Encore une fois, les hôteliers se montrent plus confiants que les autres branches du secteur. D’une manière globale, 77% des chefs d’entreprise envisagent un chiffre d’affaires stagnant et 30% à la baisse. Au regard du taux de rentabilité, 56% d’entre eux tablent sur une large baisse et 35% sur une stagnation. La reprise en ce qui concerne les voyages d’affaires, les foires et salons, les voyages de groupe ne sera donc pas aussi forte qu’espérée au sortir de la crise. Ainsi, seuls 29% des chefs d’entreprise envisagent d’investir sur les six prochains mois.

Un manque d’optimisme qui semble également s’appliquer à 2023 puisque 57% envisagent la stagnation et 22% la dégradation du contexte économique. Les chiffres d’affaires et les taux de rentabilité devraient ainsi continuer de stagner, voire se dégrader. Les investissements demeureront faibles, sauf du coté de l’hôtellerie avec un pic à 45%. En cause, le contexte économique incertain et le remboursement des PGE contractés durant la crise sanitaire. Si 78% des entreprises ont opté pour une durée de remboursement de 4 ou 5 ans, un quart d’entre elles estiment au premier semestre ne pas avoir la capacité d’honorer leur remboursement.

L’inflation que nous vivons actuellement assombrit un peu plus le tableau car la hausse des prix n’épargne aucune entreprise. Ainsi à 5% d’inflation, 56% des chefs d’entreprise estiment pouvoir s’adapter mais à 10%, seules 7% des entreprises auront encore la capacité de rebondir. Pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, 64% des entreprises ont décidé de diminuer leur consommation en énergie, 61% répercutent partiellement la hausse sur les prix et 8% en totalité. Si 30% de entreprises ont fait le choix de ne pas répercuter ces hausses sur les prix, on est en droit de se demander jusqu’à quand pourront-elles tenir.

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