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Analyses

Août 2022 : retour sur un été caniculaire pour l’hôtellerie européenne

Pour la première fois depuis deux ans, les hôteliers européens ont pu profiter d’un été ensoleillé après la tempête qu’a été le Covid-19. Avec des taux de fréquentation quasiment revenus à la normale et des prix en nette augmentation, les hôtels européens ont affiché de solides performances, bien que le contexte géopolitique ralentisse les pays d’Europe de l’Est.

Au cours de l’été 2022, l’hôtellerie européenne a affiché une progression de 14,2% de son RevPAR. Celle-ci a été portée par une augmentation du PM de 20,2%, tandis que le TO affiche encore un retard 3,9 points par rapport à son niveau de 2019. En effet, les clientèles russes et chinoises sont les grandes absentes de cet été en Europe et tirent donc le TO vers le bas.

Toutes les gammes ont bénéficié de ces performances de manière relativement homogène avec des augmentations de RevPAR allant de 12,7% pour les hôtels de moyenne gamme à 15,8% pour les hôtels du segment super économique. Cette homogénéité cache des sources de progressions différentes : les hôtels des segments économique et super économique ont affiché des hausses de prix moins marquées (18,0% et 16,8% contre +20,0% et 26,7% pour les hôtels des segments moyen et haut de gamme) mais ont bénéficié de TO plus proches de leurs niveaux de 2019 (-0,6 et -2,6 points contre -4,7 pour le moyen de gamme et 7,3 points pour le haut de gamme).

Toujours du point de vue des différentes gammes, deux phases se sont succédé cet été : si les hôtels haut de gamme avaient la progression la plus forte en juillet (+16,8% en comparaison avec 2019), c’est la gamme super économique qui a été la plus performante en août avec une augmentation de 17,8%  de son RevPAR rapport à août 2019. En effet, les prix des hôtels haut de gamme ont progressé moins rapidement en août qu’en juillet alors qu’il s’agit du segment le plus impacté par les clientèles manquantes. Or, en parallèle, le segment budget a augmenté ses prix de manière moins forte, la tolérance aux variations de prix étant plus sensible sur ce segment, (+17,8% en août contre +24,1% pour les hôtels haut de gamme), mais a, contrairement aux autres gammes, retrouvé pleinement son niveau de fréquentation d’août 2019.

De manière générale, ce sont les pays méridionaux qui ont signé, au cours de l’été, les plus solides performances : +22,0% de RevPAR par rapport à 2019 pour l’Italie, +22,8% pour le Portugal, +23,3% pour la Grèce. Ces performances sont dues à des TO plus proches de leur niveau de 2019 (de -0,1 à -1,9 point) tandis que leurs prix ont augmenté plus fortement que les autres pays (de +18,4% à +32,8% points). En effet, ces destinations traditionnellement attractives ont pu augmenter plus fortement leurs prix sans risquer de repousser la clientèle habituelle, elle-même incitée par un premier été sans restriction sanitaires.

 

 

 

Mais cet été a aussi permis d‘assister au retour des pays d’Europe du Nord : l’Allemagne, la Belgique ont vu leur RevPAR augmenter de 8,4% et 9,3%. En effet, le retour des vols long-courrier bénéficie notamment à l’Allemagne qui a souffert plus longtemps que les autres pays de limites de déplacement. Les Pays-Bas, dont les restrictions sanitaires ont été levées plus récemment que dans la plupart des pays d’Europe, relèvent timidement la tête de l’eau avec un RevPAR de 2,7% supérieur à son niveau de 2019. La destination peut également moins capitaliser sur sa clientèle corporate pour remplir ses établissements.

Le Royaume-Uni et l’Espagne, autres poids lourds du tourisme européen, affichent cet été des résultats plus mitigés, en raison de prix qui ont augmenté moins fortement que la moyenne européenne (+11,0% et +11,7%) et la fréquentation n’a pas tiré les performances de ces destinations vers le haut, en raison d’inflation incontrôlable pour le premier, et d’incendies et vagues de chaleur à répétition pour le second.

Les pays de l’Est restent, au cours de l’été, fortement impactés par la situation géopolitique : la Lettonie, la République Tchèque affichent des RevPAR de -21,1% et -16,6%, en raison de TO très bas, respectivement -13,0 et -13,1 par rapport à 2019, cumulés à des prix qui ont stagné, voire baissé. Par ailleurs, la Hongrie affiche l’une des meilleures performances de l’été 2022 avec une augmentation de son RevPAR de 20,6% : il est à noter que cette augmentation est liée à un prix de 56,6% supérieur à son niveau de 2019, lui-même porté par un taux de change qui avait déjà augmenté depuis le début de la pandémie, et qui a explosé depuis le début de l’année 2022. En effet, le Forint est au 1er août 2022, et par rapport à l’euro, de 22,9% supérieur à son niveau du 1er août 2019. A cela s’ajoute, toujours en Hongrie, un retard du taux d’occupation de 19,7 points, le plus important d’Europe. La Pologne, quant à elle, se trouve dans une situation plus proche des pays européens les plus performants de l’été, avec un taux d’occupation quasiment à son niveau de 2019 et un niveau de prix de 19,2% supérieur à son niveau d’avant crise.

 

En conclusion, la majorité des hôteliers européens ont pu savourer le retour à la normale, tant attendu après deux années de crise sanitaire même si les pays d’Europe de l’Est n’ont pas pu profiter de ce répit, frappés de plein fouet par le retour de la guerre en Europe. Ces résultats aideront-ils les hôteliers à faire face aux défis de la rentrée (choc inflationniste, restrictions énergétiques, adaptation au changement climatique) ?

 

 

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