Accéder au contenu principal

Analyses

Août 2022 : Coup de soleil sur l’hôtellerie française

Après deux années de difficultés et de chamboulements liés à la crise sanitaire, la France connaît finalement un retour à la normale cet été. Le mois d’août vient clôturer fièrement cette saison estivale qui a réchauffé l’hôtellerie française.

Après deux années de difficultés et de chamboulements liés à la crise sanitaire, la France connaît finalement un retour à la normale cet été. Le mois d’août vient clôturer fièrement cette saison estivale qui a réchauffé l’hôtellerie française.

 

En août 2022, le RevPAR de l’hôtellerie française a affiché une progression de 20,3% par rapport à 2019. Cette progression est portée par une augmentation des prix d’un ordre similaire (+22,7% relativement à 2019), tandis que le TO n’enregistre plus que 1,4 points de retard par rapport à 2019. Cette évolution du RevPAR légèrement plus faible qu’en juillet (+21,2% d’augmentation par rapport à 2019) vient d’un PM qui a cru moins fortement qu’en juillet, tandis que le retard en TO s’est résorbé (-2,3 en juillet relativement à 2019).

Toutes les gammes sont concernées par cette augmentation, mais ce sont les hôtels haut de gamme & luxe qui signent la meilleure performance (+22,2 % de RevPAR), portés par des prix qui ont augmenté bien plus fortement que les autres gammes (+30,1% par rapport à 2019), ce qui compense un retard de fréquentation plus prononcé que les autres gammes avec un TO de 4,7 points inférieur à 2019, creusé par l’absence des clientèles russe et chinoise. Les autres gammes, qui affichaient des performances significativement plus faibles en juillet (de +11,1% à +15,8% d’augmentation de RevPAR en juillet) ont boosté leurs résultats en août (+16,9% à 20,0% d’augmentation de leur RevPAR), permettant aux différentes gammes d’afficher des performances plus homogènes.  

Tout comme en juillet, les différentes zones ne bénéficient pas de ces augmentations de la même manière : Paris a vu, au cours du mois d’août, son RevPAR exploser avec une augmentation de 30,2% par rapport à 2019 avec un TO revenu à son niveau d’avant crise (-0,2 point seulement) et un PM gonflé de 30,6%. La province progresse plus modérément, avec une évolution de +19,2% de son RevPAR, tempérée par une augmentation des prix moins marquée qu’à Paris (+20,5% par rapport à 2019). L’Île de France hors Paris, quant à elle, se maintient dans une dynamique de rattrapage plus lente avec un RevPAR qui gagne +8,5% par rapport à 2019, tiré vers le bas par un TO de 4,6 points inférieur à son niveau d’avant crise, et malgré un prix moyen qui a augmenté de 17,0%.

 

 

 

A échelle régionale, la situation est plus hétérogène. , habituée aux belles performances estivales, n’a pas dérogé cette année à la règle avec une augmentation de +28,5% de son RevPAR en comparaison avec 2019. Cette hausse est portée par une augmentation du prix moyen de +31,0%, la plus forte de toutes les régions, mais aussi par un TO qui s’est remarquablement maintenu (seulement -1,7 points par rapport à 2019) malgré l’absence de la clientèle russe : celle-ci a été notamment compensée par la clientèle américaine, poussée par un taux de change favorable entre l’euro et le dollar américain.

De manière plus générale, si au mois de juillet la Bourgogne Franche-Comté avait déjà pris de l’avance, c’est toute la moitié Est de la France qui a pris des couleurs au cours du mois d’août : +21,9% de RevPAR pour l’Auvergne-Rhône-Alpes, + 19,1% pour la Bourgogne Franche-Comté et +17,9% pour le Grand Est. Ces régions ont en effet bénéficié d’une augmentation de leur prix moyen (allant de +16,7% pour le Grand Est à +18,8% pour l’Auvergne-Rhône Alpes), mais aussi et surtout elles ont même vu leur fréquentation progresser par rapport à2019 (de +0,7 points pour le Grand Est à +1,7 pour l’Auvergne-Rhône Alpes). Par exemple, Grenoble a enregistré en août une augmentation de 37,0% d’augmentation par rapport à son niveau de 2019, alors que cette augmentation n’était que de 7,8% en juillet.

Plus largement, les touristes européens, notamment néerlandais, britanniques, belges et allemands, qui avaient timidement fait leur retour lors de l’été précédent, sont réapparus plus massivement au cours de l’été 2022, portés par le vent de liberté procuré par l’absence de restrictions sanitaires, et orienté par les fortes chaleurs qu’a connu la France au cours de l’été.

 
 
 

En revanche, les vagues de chaleurs successives et les incendies dévastateurs de la Nouvelle-Aquitaine ont asphyxié l’hôtellerie locale : avec « seulement » +5,8% d’augmentation de RevPAR par rapport à 2019, la Nouvelle Aquitaine encaisse un lourd tribut. L’augmentation plus faible qu’ailleurs des prix (+11,5% par rapport à 2019) n’aura pas suffi à booster la fréquentation : le TO des hôtels de la région encaisse un retard de 4,2 points par rapport à 2019.

Dans l’ensemble, la France peut être fière de son été, qui met un terme (que l’on peut espérer définitif) au séisme du Covid-19. Avec des taux de fréquentation quasiment aux niveaux de 2019 et des RevPAR bien plus élevées, l’hôtellerie française peut finalement regarder l’avenir plus sereinement.

 

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés.

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?