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Analyses

Ralentissement pour les Lignes Grandes Vitesses

Lors de son dernier discours sur « l’état de l’Etat » (« state of the State »), le gouverneur de Californie, Gavin Newson, a annoncé une reprise en main, en forme de coup d’arrêt, de la ligne à grande vitesse devant relier Los Angles à San Francisco. Le coût, trop élevé, est l’un des arguments clefs pour comprendre la situation de la « California High Speed Rail Autorité ». Une annonce en forme de coïncidence : la ligne prévue entre Lyon et Turin et elle est aussi critiquée, notamment par le gouvernement italien suite aux dissensions internes au gouvernement de la péninsule. D’où une interrogation : ralentissement mondial pour le train grande vitesse ?

Pour son premier discours « sur l’état de l’état » (l’équivalent du « state of Union » mais au niveau de l’état et non au niveau fédéral), le tout juste élu Gavin Newson, gouverneur de Californie, est revenu sur la construction de la ligne grande vitesse devant relier Los Angeles à San Francisco. Pour lui, si « l’économie et la qualité de vie de la Californie dépendent de l’amélioration des transports » « le projet, tel qu’il est actuellement prévu, coûterait trop cher, et prendrait trop de temps ».

C’est un vrai coup d’arrêt au projet, porté par son prédécesseur, Jerry Brown, et qui devait relier la cité des Anges à la baie de San Francisco en 3 heures et demi. Après la signature pour le début des travaux en 2012, les premières constructions en 2015, c’est terminus pour le projet en 2019. Avec, notamment, pour critique principal la hausse de 20% du prix de constructions et un retard qui rend dès aujourd’hui le projet obsolète – selon le gouverneur. L’autre aspect du problème vient d’un manque de transparence dénoncé par le nouvel exécutif, des problèmes d’études d’impacts, de faisabilité, de financement...

Le tracé anciennement prévu pour le réseau de trains grande vitesse californien :

Le tracé anciennement prévu pour le réseau de trains grande vitesses californien

Cela dit le gouverneur a laissé une porte ouverte, annonçant que la phase 1 des travaux, sur l’environnement et les études, irait au bout. De même que la construction, complète pour le coup, de la section de la ligne sur la Vallée centrale entre Merced et Bakersfield. C’est-à-dire les deux territoires qui avaient sans doute le plus besoin d’apport en développement, comprenant notamment certains des comtés les plus pauvres des Etats-Unis. Le gouverneur a lui-même expliqué qu’il ne pouvait de toute façon par mettre un coup d’arrêt net aux travaux sous peine de devoir rendre l’enveloppe apportée par le gouvernement fédéral, et de se mettre sous le danger de lourd procès. Ce n’est peut-être qu’un coup d’arrêt temporaire pour une redéfinition complète du projet.

D’autant que cette problématique, de relier le sud et le nord de la Californie avec des temps de parcours record, reste un enjeu qui fait l’objet de tous les fantasmes : l’entreprise Hyperloop One, aujourd’hui Virgin Hyperloop One, annonce depuis longtemps pouvoir relier les deux villes en 30 minutes. Grâce à un train avançant sous vide par un procédé magnétique. Alors mise au placard pour avantager un nouveau projet ? Sans doute pas : Gavin Newson a explicitement dit, lors de son discours, « que pour le moment » il n’y avait aucun moyen de relier les deux villes de manières contrôlées et efficaces.

En moins d’un mois c’est un second super projet lié au ferroviaire qui est menacé de rester définitivement un projet de papier. En effet, le projet de liaison Lyon-Turin, entre l’Italie et la France, est au centre d’une tournade diplomatique et politique sans précédent : le ministre du développement économique, en fait premier ministre bis de l’Italie, Luigi di Maio, a assuré, le 3 Février dernier, que la ligne « ne se fera pas ». Contredisant l’autre « premier ministre bis » de l’Italie, Mateo Salvini, qui reste attaché au projet. L’ensemble sur un fond de tension entre les deux payes avec la convocation de l’ambassadeur Français de Rome à Paris (une forme de rappel très symbolique) d’un côté, et la rencontre entre certains gilets jaunes et Di Maio de l’autre.

Le ministre du développement économique Luigi di Maio entouré de quelques « gilets jaunes » notamment issus de la liste RIC portée par la Gilet Jaune Ingrid Levavasseur.

Photo du ministre italien et de certains gilets jaunes français.

Pour ce projet c’est, là encore, le coût qui fait débat. Y compris côté Français. Il suffit de reprendre un rapport de la cour des comptes, daté du 1 Aout 2012, qui déjà dénonçait « des couts prévisionnels en fortes hausses », avec un surcoût d’au moins 2 milliards d’euros de prévu pour l’ensemble du projet. La cour précisant, de plus, que « ces coûts sont appelés à être réévalués ».

Pour rappel, la ligne grande vitesse reliant Paris à Bordeaux a mis plus de 20 ans à voir le jour. La suite au prochain épisode ?

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