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Opérations

Glasgow, l’Art du renouveau

La grande métropole écossaise a longtemps souffert de la rivalité avec Edimbourg, capitale historique. Plus populaire, plus laborieuse, elle n’a pourtant pas à rougir de son patrimoine artistique. C’est ce qui l’a décidé à lancer une grande campagne de communication autour de son atout majeur : l’héritage Art Nouveau de son enfant du pays, Charles Rennie Mackintosh.

Glasgow a longtemps vécu dans l'ombre d’Edimbourg, sa capitale voisine. Touristiquement parlant, ces deux cousines germaines ont une histoire et un style bien à part. Et ce, bien que distantes de 75 kilomètres seulement. Sur la côte est, l’aristocrate Edimbourg accueille le siège du Parlement écossais rétabli en 1999 en plus de banques et d’assurances de renommée mondiale comme la Royal Bank of Scotland ou Scottish Widows. Vitrine touristique avec ses 4,5 millions de visiteurs, Edimbourg est “le joyau historique incrusté dans la couronne d’Ecosse, une magnifique cité avec sa vieille ville et son château et l’élégance géorgienne de la nouvelle ville”, décrit Shona Telfer, directrice Marketing Tourisme d’affaires de VisitScotland pour l’Europe.Autour du Pacific Quay, le projet QD2 va transformer le parking adjacent au SECC en une enceinte de concert de 12 000 places, libérant de la place dans l’actuel centre de conférence et augmentant de ce fait sa capacité d’accueil. Juste en face, de l’autre côté de la rivière, ce nouveau quartier va également devenir un point central pour les media avec l’implantation des bureaux de la BBC et de la télévision écossaise. Et Glasgow retient son souffle. Plusieurs métropoles britanniques sont sur les rangs pour accueillir un grand casino. L’heureuse élue devrait être connue prochainement. Mais, d’ores et déjà, le Sud-africain Sol Kerzner s’est montré intéressé avec l’implantation possible d’une enseigne de luxe, One & Only, jusqu’ici spécifiquement liée aux resorts. Glasgow n’a pas fini de surprendre.A l’Ouest, bourgeoise et populaire à la fois, Glasgow ne peut s’enorgueillir de tels joyaux. Deux fois plus peuplée qu’Edimbourg avec ses 800 000 habitants, Glasgow s’est tournée vers le grand large quand Edimbourg regardait vers l’Europe. Point d’entrée des produits en provenance des Amériques - tabac, sucre et coton – avec son port sur la rivière Clyde, la ville a forgé sa réputation à partir de la révolution industrielle. Revers de la médaille : cette ville d’une grande richesse, mais également d’une grande pauvreté, a subi de plein fouet le déclin des chantiers navals et des aciéries. Le chômage fait rage dans les années 70. Et la ville, bombardée pendant la Seconde guerre mondiale, balafrée par des autoroutes urbaines, a l’image d’une ville triste et violente.Pourtant aujourd’hui, Glasgow a réussi à se construire un avenir touristique. Preuve de son attractivité, la ville a été récemment élue par le guide touristique Frommer’s comme LA destination court séjour d’outre- Manche. Mieux encore, ce guide place Glasgow dans les dix villes mondiales à visiter en 2006 et unique étape européenne. Selon Pauline Frommer, sa directrice : “Plus cosmopolite et moderne que sa capitale voisine, Glasgow propose une éblouissante architecture victorienne". Shona Telfer confirme : “Glasgow a du style, avec sa scène de bars et restaurants trendy. C’est également devenu une Mecque du shopping".Ce nouvel esprit qui souffle sur la ville se traduit dans la campagne de valorisation de la ville "Glasgow with Style", lancée en mars 2004. Cette campagne réussie – 228 500 touristes directement générés selon le Glasgow City Marketing Bureau - s’articule autour de Charles Rennie Mackintosh, un des principaux fondateurs de l’Art Nouveau européen. Les oeuvres de cet artiste-architectedesigner constituent un fil rouge à travers la ville – l’école des Beaux Arts de la ville, le Lighthouse, les salons de thé Willow Tea Rooms et House for An Art Lover. Le point d’orgue de l’année 2006 et du Festival Mackintosh est sans conteste la réouverture du musée de Kelvingrove, musée le plus visité du Royaume-Uni hors Londres et deuxième attraction d’Ecosse avant une fermeture de trois ans pour rénovation. 40 millions d’euros ont été investis pour créer 50% d’espace supplémentaire dans ce musée centenaire afin d’exposer les 8 000 pièces parmi lesquelles certaines de Van Gogh, Whistler, Monet, Rembrandt ou Boticelli. Et bien évidemment la galerie d’exposition permanente “Charles Rennie Mackintosh et le Glasgow Style”.Glasgow a puisé dans son vaste patrimoine artistique pour réaliser sa cure de jouvence. Avec un premier événement marquant : l’ouverture conjointe en 1983 de la Burrell Collection, concentration des trésors amassés et offerts à la ville par l’industriel Sir William Burrell, en plus de celle de l’office de tourisme. "Le premier a mis la ville sur la carte du tourisme culturel et le second en a fait la promotion”, se souvient Nancy MacLardie, directrice des relations publiques du Glasgow City Marketing Bureau. L’année 1990 marque un nouveau tournant dans l’évolution de la métropole écossaise avec l’élection de Glasgow au titre de “Capitale culturelle de l’Europe”. Depuis, Glasgow a été également élue Ville britannique de l’architecture et du design. Des événements qui ont donné un nouvel élan à la ville et redonné le moral à ses habitants.En parallèle, Glasgow s’est lancée dans un vaste chantier de régénération urbaine. Point central de ce projet : réhabiliter les abords de la rivière Clyde et ses entrepôts délabrés. Une première pierre a été posée avec la transformation des Queen’s Docks et l’ouverture du Scottish Exhibition and Confrerence Centre (SECC) en 1985, complété en 1997 par un auditorium de 3 000 places. Grâce au plus grand centre d’exposition des îles britanniques, la métropole écossaise a pu se positionner sur le segment tourisme d’affaires. Autre avantage : le SEEC se trouve à une quinzaine de minutes à pied de George Square, la place principale de la ville accueillant un établissement de la chaîne Millenium&Copthorne. Sur le chemin, les autres grands hôtels d’affaires de la ville - Hilton, Marriott, Radisson SAS. “La compacité de la ville – un aéroport international et un centre de convention dans un rayon de 10 kilomètres – a été un élément prépondérant auprès des organisateurs de conférences”, explique Nancy Mac Lardie.A la fin mars 2006, les ventes de conférences réalisées par le Glasgow City Marketing Bureau, aux petits soins pour les organisateurs de congrès, est en croissance de 8% pour un total proche de 75 millions d’euros. Un résultat qui s’explique également par l’attractivité de la destination Ecosse dans son ensemble. Pays du whisky, du golf et des lochs, l’Ecosse ouvre un large champs des possibilités d’incentives et de visites en tous genres à une ou deux heures de voiture. Jusqu’à aujourd’hui, l’apogée du tourisme de congrès a eu lieu en septembre 2004 avec la réception de l’European Respiratory Society, mettant à mal la capacité de la ville avec ses 15 000 visiteurs. “Les grandes conférences à Glasgow débordent sur toute la région jusqu’à Edimbourg", explique Shona Telfer.Une sous-capacité fort heureusement ponctuelle car l’hôtellerie a su accompagner le développement de la ville et de son tourisme. Avec un net coup d’accélérateur ces six dernières années. Une progression de l’offre qui ne nuit pas à la fréquentation des hôtels, puisque le taux d’occupation des hôtels s’est porté à 73% entre mars 2006 et mars 2005, contre 71% l’année précédente. Avec deux mois très forts pendant lesquels la ville affiche complet : "août et septembre sont très bons avec une activité soutenue", remarque Alison Hunter, directrice Marketing du One Devonshire Gardens.L’offre hôtelière a enregistré une croissance de 40% depuis le début du nouveau millénaire. Glasgow compte aujourd’hui plus de 6 000 chambres en centre-ville et 8 050 dans un rayon de 10 kilomètres autour de la ville. Cette expansion est à porter au crédit de l’hôtellerie de chaînes, alors que de nombreux petits établissements et chambres d’hôtes ont fermé leurs portes dans le même temps. Les marques Campanile, en face du SECC, et Jurys, en centre ville, sont venus s’ajouter sur un marché en pleine évolution. L’hôtel Malmaison, reconversion d’une église orthodoxe, et le Hilton ont entrepris chacun de récentes rénovations pour plus de 2 millions d’euros. Des travaux ont également commencé au Crowne Plaza, directement connecté au SECC. Commencés en novembre 2005, ces travaux vont s’achever à la fin décembre et vont permettre à cet ancien Moat House de se mettre au norme de l’enseigne du groupe InterContinental.L’offre est aujourd’hui assez homogène entre les différentes catégories avec des enseignes économiques (Express by Holiday Inn, Premier Travel Inn, Ibis), milieu et haut de gamme (Holiday Inn, Marriott, Thistle, Novotel et Crowne Plaza), mais également trois établissements classés 5*. Aux Hilton, Radisson SAS s’ajoute le One Devonshire Gardens, un boutique hôtel dans le quartier chic proche de Kelvingrove, la conversion de cinq maisons en 35 chambres de grand luxe. D’ici un an, 12 autres chambres et un spa vont voir le jour grâce au rachat de maisons adjacentes. Avant ces rénovations, cet hôtel a été mis récemment sur le marché par Citrus Hotels. Le groupe Malmaison serait très intéressé pour ajouter ce trophée à son enseigne de charme Hôtel du Vin. Le développement de l’hôtellerie très haut de gamme n’est pas entièrement complète puisque le Royal Scottish Automobile Club devrait ajouter ouvrir ses portes en 2007, sans compter la présence dans la campagne environnante de deux établissements, le Mar Hall et le De Vere Cameron House, qui portent la capacité totale des 5* à 862 chambres.Désormais, Glasgow a tout pour satisfaire le touriste de loisirs et d’affaires quels que soient son budget et ses attentes. La ville, comme l’Ecosse tout entière, est appréciée en premier lieu par les “Auld enemies", les Anglais. Derrière les proches voisins, “le marché américain est notre gros marché, spécialement en été", ajoute Alison Hunter. Suivent les Allemands, les Français, les Suédois et les Espagnols. La ville a attiré 3,2 millions de visiteurs dont 400 000 provenant de l’étranger. Et ce chiffre devrait selon toute vraisemblance nettement progresser dans les années à venir. Grâce notamment au tourisme de court séjour. En plus de l’aéroport international, à une trentaine de kilomètres au sud, Glasgow Prestwick est devenu le hub low-cost à partir duquel Ryanair dessert Oslo, Paris, Bruxelles, Stockholm ou Francfort. Glasgow ne se repose pas sur ses lauriers. D’autres grands projets devraient avoir un impact fort sur le tourisme dans les dix années à venir. Car la ville s’est lancée dans une deuxième phase de sa régénération, toujours au bord de la rivière Clyde. Des travaux de grande ampleur puisque près de 4 milliards d’euros vont être investis. Le projet Glasgow Harbour est très ambitieux. Des milliers d’habitations vont être construites le long de la rivière alors que ses rives vont devenir des lieux de vies appréciés, accueillant notamment le Riverside Museum, qui va remplacer le Musée des transports existant.Autour du Pacific Quay, le projet QD2 va transformer le parking adjacent au SECC en une enceinte de concert de 12 000 places, libérant de la place dans l’actuel centre de conférence et augmentant de ce fait sa capacité d’accueil. Juste en face, de l’autre côté de la rivière, ce nouveau quartier va également devenir un point central pour les media avec l’implantation des bureaux de la BBC et de la télévision écossaise. Et Glasgow retient son souffle. Plusieurs métropoles britanniques sont sur les rangs pour accueillir un grand casino. L’heureuse élue devrait être connue prochainement. Mais, d’ores et déjà, le Sud-africain Sol Kerzner s’est montré intéressé avec l’implantation possible d’une enseigne de luxe, One & Only, jusqu’ici spécifiquement liée aux resorts. Glasgow n’a pas fini de surprendre.

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