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Analyses

L’ogre Airbnb frappe encore et rachète « Gaest[.]com »

La plateforme annonce le rachat de « Gaest[.]com », une startup danoise spécialisée dans le coworking. Un achat qui semble logique aux vues des évolutions récentes apportées à « Airbnb work », la partie du site dédiée au coworking. Une nouvelle qui doit aussi être mise en perspective avec deux enjeux pour le « Air Bed and Breakfast » : la bataille juridique en cours sur son activité, et les évolutions récentes du marché du coworking.

Gaest : un achat en forme de diversification 

Des nouvelles de la batailles entre airbnb et les mairies. Une lutte est en cours entre Airbnb et les Mairies des grandes métropoles européennes. Ces dernières tentent de réguler l’activité des hôtes, support de la plateforme, en mettant en place des lois et les moyens de coercitions associés, rendant plus difficile l’inscription d’appartements sur le site. Une lutte qui a déjà ses figures, comme la Maire de Barcelone Ada Colau, issue des mouvements pour le droit au logement, ou encore Ian Brossat, adjoint communiste au logement à la Mairie de Paris, auteur du livre « Airbnb ou la ville ubérisée ». Et une lutte qui a déjà porté des résultats, avec l’adoption de réglementations parfois assez dures : à Amsterdam, par exemple, où il devient impossible de louer son logement principal plus de 30 jours par ans.

Face à cette multiplication des barrières légales la plateforme cherche d’abord une réponse juridique : trouver la faille pour que l’Union Européenne déclare les réglementations nationales incompatibles avec le droit de l’UE et donc les annule. En jouant par exemple, et c’est une hypothèse parmi d’autres, sur la directive européenne sur les services de 2006. La seconde réponse est, sans doute, la diversification de l’activité, pour faire diminuer les risques. Il suffit de regarder les chiffres : entre 2017 et 2018, il y a eu 35 960 inscriptions d’appartements sur le site à Paris ; entre 2018 et 2019, sur la même période d’un an, la hausse n’est plus que 582 appartements. La croissance se ralentit, le stock d’appartements disponible à la location redevient « fini », du moins semble le (re)devenir. 

C’est sans doute dans ce sens de « diversification » qu’il faut interpréter l’annonce ce 25 Janvier 2018 du rachat de la « marketplace » danoise « Gaest[.].com » par le géant californien.  C’est en tout cas l’une des analyses possibles.

Gaest est une « marketplace » tout ce qu’il y a de plus classique : une mise en relation de lieux et clients ; une personne cherche un lieu pour un shooting photo, une réunion professionnelle, la plateforme va lui proposer les offres de centaines de propriétaires de lieux et va prendre une commission sur la location. C’est en fait le modèle d’Airbnb, ou le niveau 1 de l’économie collaborative. C’est également une « startup » classique : stratégie de la croissance rapide, levées de fonds. L’entreprise créée par Anders Boelskifte Mogensen aurait, selon « crunchbase », levé quelques 3,5 millions d’euros depuis sa création pour financer sa croissance. Cela dit l’entreprise reste jeune, avec seulement 3 000 lieux disponibles à la location, c’est bien évidemment très loin des 5 millions d’annonces revendiquées par Airbnb aujourd’hui (source : Airbnb). Un chiffre qui va sans doute encore grimper. Il suffit de reprendre les déclarations du CEO d’Airbnb, David Holyoke : « nous rêvons d’un monde où chacun peu partager son espace de travail, et même à plus long terme, son espace pour des fêtes de plus grandes envergures ». Un rêve en fait déjà en cours avec le lancement de la page « événement » sur le site d’Airbnb. Là encore diversification.

Et ce n’est sans doute pas prêt de s’arrêter. C’était notamment tout l’objet du rapprochement entre Airbnb et Hôtel Tonight, le champion en puissance de la réservation dernière minute. (pourquoi Airbnb souhaite acquérir hôtel tonight

Gaest : un achat pour « accélérer » sur le coworking

Ce rachat de « Gaest » - dont le montant n’a pas été communiqué - se comprend aussi par le boom du coworking. L'openspace a tous les atouts d'un marché Voir toutes les informations sur les dernières fusions acquisitions dans cet article : qui sont les acteurs du coworking aujourd'hui en France ? Avec par exemple le rapprochement entre AccorHotels et Bouygues immobiliers, pour la création de « Nextdoor ». Ou encore le rachat par Knotel de Deskeo, disposant d’au moins 20 espaces à Paris.

Le rachat de Gaest n’est d’ailleurs pas la première action d’Airbnb sur ce créneau du coworking et de la location d’espace de travail. Le 5 septembre dernier l’entreprise, via communiqué de presse, avait déjà donné des nouvelles de sa plateforme lancée en 2014 « Airbnb for work », revendiquant « plus de 700 000 entreprises ayant utilisé la plateforme, dont 300 000 » ayant utilisé « Airbnb for work » en plus d’Airbnb tout court. Le site annonçait en outre l’adaptation de Airbnb « expérience » à son « work » avec la mise en place de team building.

Avec « Airbnb expériences », « Airbnb for work », « Airbnb event »… La plateforme californienne n’en finit plus de s’élargir, de diversifier ses offres. Gaest est donc une nouvelle étape de cette longue liste. Avec cette fois un positionnement sur un coworking haut de gamme, celui proposé par la plateforme danoise. A noter que la plateforme Gaest va continuer d’opérée, sans rentrer directement sous la marque Airbnb et sur les plateformes qui y sont associés. C’est donc avant tout un placement et un positionnement pour l’ogre Airbnb vers ce marché qui n’a donc sans doute pas fini de croître.

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