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Analyses

Exclusif MKG : Bilan touristique à mi-saison estivale 2012

A l’arrivée de la période des grandes transhumances de l’été, des interrogations sur la vitalité de l’activité touristique en France ont pu être soulevées. En effet, la conjoncture économique dégradée par la crise des dettes souveraines rogne le pouvoir d’achat des ménages et incite à limiter les budgets vacances.

Au niveau international, la concurrence est plus féroce que jamais pour la France. Au nord, Londres est bien évidemment au coeur de l’actualité et bénéficie d’une promotion médiatique intensive avec la tenue de la XXXème Olympiade. Au sud, ce sont les destinations du Maghreb, Tunisie et Egypte en tête, et les tour-opérateurs qui les commercialisent, qui cherchent à reconquérir, avec des politiques de discount particulièrement agressives, les clientèles qui les ont désertées suite aux révolutions du Printemps Arabe. Autre évolution marquante qui touche le tourisme : le consommateur, de plus en plus adepte de la réservation des vacances en dernière minute, fait jouer à plein la concurrence, grâce notamment à Internet. Celle-ci porte sur le choix des destinations mais également sur celui des offres d’hébergement alternatives qui lui sont proposées. Les marchés de l’hôtellerie traditionnelle, des résidences de tourisme ou encore de l’hôtellerie de plein air sont moins cloisonnés qu’auparavant avec des consommateurs-zappeurs pouvant passer d’un mode d’hébergement à l’autre. La visibilité des acteurs sur leur activité peut en pâtir.« C’est une année pleine de surprise » explique ainsi Jacques Masson, Directeur Délégué de Vacances Directes, l’un des acteurs majeurs de l’hôtellerie de plein air en France. « Pour cette saison 2012, outre l’impact de la crise, nous avons dû composer avec l’Euro de football, les élections présidentielles et une météo capricieuse depuis le printemps. Les réservations sont très tardives, ce qui est nouveau dans ce secteur accoutumé à des comportements de réservation habituellement beaucoup plus précoces ». Toutefois, l’activité est porteuse pour ce type d’hébergement « qui répond à un vrai besoin de donner une dimension moins sophistiquée à ses vacances et dont les arguments sont réels en période de crise économique ».Concernant l’hébergement hôtelier traditionnel, le premier semestre révèle la fracture entre la Capitale et le reste du pays. En effet, alors que les différentes destinations des régions de France subissent un ralentissement de l’activité dans leurs hôtels (-0,6% du chiffre d’affaires par chambre disponible), Paris continue d’afficher d’excellentes performances (+6,9%).D’après les premiers résultats de juillet livrés par MKG Hospitality, l’hôtellerie de Paris intramuros continue d’enregistrer des performances remarquables avec des niveaux d’occupation qui dépassent 91%. Depuis le début de l’année, les nuitées étrangères et notamment américaine ou en provenance d’Asie (Chine et Japon) progressent. La destination « Paris » continue de faire rêver la clientèle internationale, un rêve plus accessible grâce au recul de l’euro sur le marché des changes.Au niveau national, les taux d’occupation restent stables à près de 79%. Les établissements haut de gamme affichent les meilleurs niveaux de remplissage à 85,6%. La progression de leur prix moyen marque un léger tassement par rapport à l’évolution enregistrée depuis le début de l’année. « Ce tassement s’explique en partie par un effet « Ramadan ». Les prix moyen des palaces parisiens progressent de 4,7% alors que les autres établissements haut de gamme de la Capitale affichent des hausses parfois à deux chiffres » analyse Vanguelis Panayotis, Directeur des Opérations de MKG Group. L’hôtellerie de province affiche des résultats plus mitigés. En particulier, les destinations du littoral connaissent des niveaux de remplissage stables ou en retrait par rapport à l’année dernière. Le ralentissement économique pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et se traduit par un recul des nuitées domestiques. Ces destinations enregistrent désormais un démarrage de la saison estivale plus tardif qu’il y a quelques années. « D’une part, le décalage du calendrier scolaire implique des départs en vacances plus tard dans le mois. D’autre part, les consommateurs de produits touristiques ont gardé en mémoire les mauvaises conditions météorologiques des débuts de juillet des saisons précédentes. Ils ont pu constater que 2012 n’offrait pas plus de garantie de ce point de vue, et choisissent, quand ils le peuvent, de reporter leur congé sur fin juillet et août », poursuit Vanguelis Panayotis.Cependant, les établissements de la Manche s’en sortent bien. Les taux d’occupation progressent de 3,1 points en juillet 2012. Les hôtels de la zone ont pu capitaliser sur leur proximité avec Londres en accueillant les sportifs en phase de préparation. Dunkerque, par exemple, se targue d’avoir été choisie par plus de 150 sélections nationales comme base arrière des JO 2012. Un effet d’entraînement particulièrement bienvenu en cette période.Au final, le premier bilan de la saison à fin juillet n’indique pas, loin de là, d’effondrement de l’activité, en dépit des incertitudes économiques, des évolutions de comportement des consommateurs et de la concurrence d’autres destinations. Paris joue toujours un rôle moteur. Les zones littorales connaissent certes plus de difficultés mais l’activité se maintient à des niveaux satisfaisants compte tenu du contexte.

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